Urticaire chronique : plus tu cherches moins tu trouves !!

lundi 17 mai 2010 par Dr Stéphane Guez1579 visites

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Urticaire chronique : plus tu cherches moins tu trouves !!

Urticaire chronique : plus tu cherches moins tu trouves !!

lundi 17 mai 2010, par Dr Stéphane Guez

L’étiologie des urticaires chroniques reste bien mystérieuse et sa recherche souvent décevante. L’allergologue a toujours peur de laisser passer une cause médicale potentiellement sévère. Cette étude, qui a balayé de façon systématique toutes les causes connues chez un groupe d’enfants va les rassurer.

Recherche des étiologies de l’urticaire chronique de l’enfant : une étude prospective de 94 patients. : Orathai Jirapongsananuruk, Sureerat Pongpreuksa, Preeda Sangacharoenkit, Nualanong Visitsunthorn and Pakit Vichyanond

Division of Allergy and Immunology, Department of Pediatrics Faculty of Medicine, Siriraj Hospital, Mahidol University, Bangkok, Thailand

dans Pediatric Allergy and Immunology
Volume 21 Issue 3, Pages 508 - 514

- Introduction :

  • Les étiologies de l’urticaire chronique (UC) de l’enfant restent incomplètement connues en raison des données limitées chez les enfants.

- Objectif de l’étude :

  • Il a été d’examiner quelques étiologies possible d’UC de l’enfant en se focalisant sur les auto-AC fonctionnels dirigés contre le FcRIα récepteur et contre les IgE, la thyroïdite auto-immune, les vascularites urticariennes, les infestations parasitaires et l’allergie alimentaire.

- Matériel et méthode :

  • Des enfants de 4 à 15 ans avec une UC ont été explorés avec : NF, VS, anticorps anti-nucléaires, complément total, T4 libre, TSH, AC anti-thyroglobuline et anti- microsomiaux, test cutané au sérum autologue, prick-tests aux trophallergènes, test de provocation alimentaire et examen parasitologique des selles.

- Résultats :

  • 94 enfants qui présentaient les critères d’inclusion pour une UC ont été inclus.
  • Les patients ayant une urticaire physique ont été exclus.
  • Une hyper éosinophilie et une élévation de la VS ont été retrouvés respectivement dans 23% et 13% des cas ;
  • Un taux augmenté des AC antinucléaires a été noté dans 2% des cas.
  • Aucun de ces patients n’avait de manifestation clinique de vascularite urticarienne, un taux anormal du complément total, une anomalie de la TSH et de la T4 libre.
  • Les AC anti-thyroglobuline et microsomiaux n’ont pas été détectés.
  • Un test positif au sérum autologue a été trouvé chez 38% des enfants.
  • Il n’y avait pas de différence sur le plan de la prise en charge médicale et la rémission de l’UC entre les enfants ayant un test positif ou négatif au sérum autologue.
  • Les tests cutanés aux aliments étaient positifs dans 35% des cas.
  • Des tests de provocation alimentaire positifs ont été notés chez 6 sur 9 patients ayant des antécédents de réactions allergiques alimentaires et chez 2 patients sur 7 ayant des antécédents négatifs.
  • L’éviction alimentaire a été bénéfique seulement pour le sous-groupe d’enfants ayant des antécédents d’allergie alimentaire.

Dans ce travail prospectif les auteurs ont fait le point sur les étiologies observées lors d’une exploration systématique d’une urticaire chronique chez l’enfant.

Il y a peu d’allergie alimentaire et le régime d’éviction n’est utile que chez les vrais allergiques.

L’urticaire auto-immune est fréquente mais sans intérêt sur le plan thérapeutique.

Cet article n’a pas vraiment de conclusion. Il faut simplement remarquer que les seuls résultats positifs sur le plan étiologique le sont toujours lorsque l’anamnèse t/ou l’examen clinique orientent vers telle ou telle pathologie.

Un examen sérieux strictement normal ne nécessite donc pas des explorations biologiques systématiques.

Par ailleurs, les auteurs ont noté une grande fréquence des urticaires liées à des auto-AC contre le récepteur des IgE ou contre les IgE. Mais cela ne change en rien l’attitude thérapeutique car il n’y pas de différence en terme de rémission entre les enfants positifs ou négatifs pour ces auto-AC.

Par contre cet article ne dit rien sur les traitements : cette affection reste donc bien pénible aussi bien pour le patient que pour l’allergologue.