Scoop : trop mangé par les adeptes des régimes amaigrissants, le haricot vert se rebiffe et engage un allergène tueur !!

mercredi 26 mai 2010 par Dr Stéphane Guez4411 visites

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Scoop : trop mangé par les adeptes des régimes amaigrissants, le haricot vert se rebiffe et engage un allergène tueur !!

Scoop : trop mangé par les adeptes des régimes amaigrissants, le haricot vert se rebiffe et engage un allergène tueur !!

mercredi 26 mai 2010, par Dr Stéphane Guez

Le haricot vert légume à priori bien inoffensif et chouchou des adeptes des régimes amaigrissants peut se révéler un redoutable « tueur » chez les patients d’origine espagnole. C’est que, malheureusement, il contient des allergènes majeurs de la famille des LTP. Ce travail précise les caractéristiques de cet allergène.

Identification et caractérisation de l’allergène majeur du haricot vert (Phaseolus vulgaris) comme une protéine de transfert lipidique non spécifique (Pha v 3). : Zoccatelli G, Pokoj S, Foetisch K, Bartra J, Valero A, Del Mar San Miguel-Moncin M, Vieths S, Scheurer S.

University of Verona, Department of Biotechnology, Strada Le Grazie, 15-CV1, I-37134 Verona, Italy.

dans Mol Immunol. 2010 Apr ;47(7-8):1561-8. Epub 2010 Feb 11.

- Introduction :

  • Le haricot vert (GB) a été rapporté comme responsable d’allergie après ingestion, contact ou inhalation de particules provenant de sa manipulation ou de sa cuisson.
  • Jusqu’à ce jour aucun allergène alimentaire du GB n’a été caractérisé.

- Objectifs de l’étude : : Ils ont été de :

  • caractériser les allergènes majeurs du GB au niveau moléculaire
  • et de vérifier l’implication de protéines de transfert lipidique non spécifiques (nsLTPs) dans cette allergie.

- Matériel et méthodes :

  • Les auteurs ont recruté 10 patients espagnols rapportant des réactions indésirables aux GB.
  • Des tests cutanés, un RAST et un test de provocation oral ont été réalisés.
  • Deux cDNA de nsLTPs ont été clonés et recombinés (bactérie : Pichia pastoris).
  • Les LTP recombinantes (rLTPs) ont été caractérisées par spectroscopie et par étude immuno-histochimique (immunoblott et ELISA) avec les sérums des patients.
  • 3 LTP naturelles (nLTPs) ont été purifiés par chromatographie.
  • Un test de libération d’histamine in vitro a été réalisé pour comparer le potentiel allergénique des rLTPs et des nLTPs.

- Résultats :

  • Un test de provocation oral a confirmé l’allergie clinique aux GB.
  • Une protéine de 10 kDa extraite du GB a été reconnue par 80% des sérums et identifiées comme une nsLTP.
  • Les 2 rLTP (appelées LTP1a et LTP1b) ont montré 61.3% d’identité en AA et présentent la structure secondaire typique des nsLTP-like.
  • L’étude de la liaison IgE et le test de libération d’histamine font la preuve d’un potentiel allergénique différent selon la LTP : rLTP ou nLTP.

- Conclusion :

  • Pha v 3, nsLTP, est l’allergène majeur du haricot vert et constitue de ce fait un risque potentiel pour les patients affectés par le syndrome des LTPs.
  • Le GB présentent différentes LTPs avec une immuno réactivité différente selon la LTP en cause.

Dans ce travail, les auteurs ont mis en évidence deux allergènes majeurs du haricot vert qui appartiennent à la classe des LTP : ces deux allergènes ont des potentiels allergéniques différents et expliquent une allergie croisée avec d’autres familles d’aliments d’origine végétale présentant également des allergènes de type LTP.

Cette étude porte sur des patients espagnols allergiques aux haricots verts qui se sont primitivement sensibilisés à la pêche comme en témoigne leur histoire clinique, avec des allergies croisées à la pêche et à la noisette.

Ils sont devenus allergiques au haricot vert qui fait partie de la famille des fabaceaes par le biais de l’allergène Pru p 3 qui est la LTP sensibilisante initiale. Cela explique pourquoi les auteurs se sont focalisés sur la recherche d’allergènes du haricot vert de la famille des LTP d’autant que certains patients présentent des réactions allergiques même avec le légume cuit.

Il a été trouvé par les auteurs 2 LTP qui appartiennent à la famille des LTP non spécifiques, très ubiquitaires dans le règne végétal et qui sont responsables de la liaison et des échanges lipidiques au sein des diverses membranes.

Il y a une réaction croisée avec Pru p 3. Pha v 3 est spécifique du haricot vert et est contenue seulement dans la cosse et pas dans la graine ce qui explique l’absence d’allergie croisée avec les haricots blancs par exemple.

Par contre cela explique les allergies immédiates à la simple manipulation de la cosse.

Bien entendu plus de détails de cet allergène peuvent être trouvés par les lecteurs curieux sur le site de l’allergologie moléculaire Allerdata.