L’épidémiologie est dure avec les allergiques : est-ce qu’il vaut mieux qu’ils sauvent leur peau et versent leur sang ?

lundi 20 septembre 2010 par Dr Stéphane Guez428 visites

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L’épidémiologie est dure avec les allergiques : est-ce qu’il vaut mieux qu’ils sauvent leur peau et versent leur sang ?

L’épidémiologie est dure avec les allergiques : est-ce qu’il vaut mieux qu’ils sauvent leur peau et versent leur sang ?

lundi 20 septembre 2010, par Dr Stéphane Guez

Evaluation de la sensibilisation allergénique dans une population générale (cohorte) : Bousquet PJ, Castelli C, Daures JP, Heinrich J, Hooper R, Sunyer J, Wjst M, Jarvis D, Burney P.

National Heart and Lung Institute at Imperial College, Respiratory Epidemiology and Public Health, London, UK (P.-J.B., R.H., D.J., P.B.) ; the Département Biostatistique, Epidémiologie Clinique, Santé Publique et Information Médicale, GHU Carémeau, CHU Nîmes, Nîmes, France (P.-J.B., C.C., J.-P.D.) ; Helmholtz Zentrum, Munich University, Munich, Germany (J.H.) ; the Center de Recerca en Epidemiologia Ambiental, Institut Municipal Investigacio Medica, Barcelona, Spain (J.S.) ; and the Institute of Lung Biology and Disease, Helmholtz Zentrum München, German Research Center of Environmental Health, Neuherberg/Munich, Germany (M.W.).

dans Ann Epidemiol. 2010 Aug 10.

- Introduction et objectif :

  • En réponse à l’exposition environnementale, la réponse IgE diffère selon les patients sensibilisés, les uns réagissant à un seul allergène (monosensibilisation) alors que d’autres réagissent à plusieurs (polysensibilisation).
  • Cependant, une meilleure caractérisation du phénotype est nécessaire pour conduire de bonnes études épidémiologiques.
  • A partir de l’utilisation de données collectées dans le cadre d’une étude de suivi d’une cohorte (European Community Respiratory Health Survey), plusieurs évaluations comparatives des prick-tests cutanés et des dosages d’IgE spécifiques ont été faites afin d’identifier les mono et les polysensibilisés.

- Matériel et Méthode :

  • Les sujets proviennent de l’étude ECRHS-I.
  • Le dosage des IGE spécifiques a été réalisé selon la technique CAP system et pour les tests cutanés la technique Phazet.
  • 4 allergènes (D Pteronyssinus, chat, cladosporium et fléole) ont été évalué par IgE spécifiques et 9 (les mêmes plus pollen d’olivier, bouleau, alternaria, pariétaire et ambroisie) ont été testés par prick.
  • 1 ou 2 allergènes supplémentaires locaux ont été rajoutés selon les pays.

- Résultats :

  • La prévalence de la sensibilisation parmi 11.355 sujets (âge moyen 34 ans (27.9-40.1) et 49.9% d’hommes) est de :
    • 32.3% : 4 IgEs (19.3% mono sensibilisés et 13% poly sensibilisés) contre
    • 41.8% : 4 IgEs combiné à 9 prick-tests, (19.6% mono sensibilisés et 22.2% de poly sensibilisés).
  • La concordance entre 4 IgE spécifiques et 4 prick-tests est grande 0.65 (0.64-0.66).
  • Les allergènes locaux n’induisent que de faibles modifications des résultats en terme de prévalence de la sensibilisation et n’entrainent que la reclassification de quelques sujets de mono à polysensibilisés.

- Conclusion :

  • Les tests cutanés ou le dosage des IgEs peuvent être choisis pour évaluer la sensibilisation allergénique et identifier les patients mono ou poly sensibilisés sans être cependant strictement identiques.

A partir des données d’une grande étude de suivi d’une population européenne, les auteurs ont cherché à savoir s’il existe des différences entre monosensibilisés et polysensibilisés selon la technique utilisée (prick ou IgEs).

La prévalence est différente passant de 33.3% à 41.8% selon la technique.

Une question récurrente lorsqu’on parle de prévalence de la sensibilisation dans une population générale est d’évaluer la pertinence des tests utilisés pour caractériser la sensibilisation.

Jusqu’à présent, très souvent, il y avait une évaluation ne tenant pas compte des patients mono ou polysensibilisés, avec soit des tests cutanés soit des dosages d’IgEs.

Dans cette étude un nombre important de sources allergéniques a été testé aussi bien en prick qu’en IgEs.

Il apparait une différence en terme de prévalence selon que les patients sont mono ou polysensibilisés avec par contre peu de différence selon les critères retenus (tests cutanés ou IgEs).

Donc, pour une étude épidémiologique il est possible d’étudier la prévalence de la sensibilisation soit par des tests cutanés mais à de nombreux produits allergisants soit par des tests d’IgE spécifiques également multiples.