Les nouvelles aventures de Kiwi oui au pays moléculaire !!

mercredi 5 janvier 2011 par Dr Stéphane Guez476 visites

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Les nouvelles aventures de Kiwi oui au pays moléculaire !!

Les nouvelles aventures de Kiwi oui au pays moléculaire !!

mercredi 5 janvier 2011, par Dr Stéphane Guez

Apport d’une étude en allergologie moléculaire pour le diagnostic de l’allergie au kiwi. : Bublin, M., Dennstedt, S., Buchegger, M., Antonietta Ciardiello, M., Bernardi, M. L., Tuppo, L., Harwanegg, C., Hafner, C., Ebner, C., Ballmer-Weber, B. K., Knulst, A., Hoffmann-Sommergruber, K., Radauer, C., Mari, A. and Breiteneder, H. (2011),

The performance of a component-based allergen microarray for the diagnosis of kiwifruit allergy.

dans Clinical & Experimental Allergy, 41 : 129–136. doi : 10.1111/j.1365-2222.2010.03619.x

- Introduction :

  • L’allergie au kiwi est en augmentation en Europe.
  • Actuellement, l’affirmation de ce diagnostic par la mesure des IgE spécifiques avec les extraits totaux, ou les tests cutanés avec le fruit frais ne sont pas satisfaisants.

- Objectif de l’étude :

  • Il a été d’évaluer l’utilité d’un test biologique basé d’allergologie moléculaire pour le diagnostic de l’allergie au kiwi dans un groupe important de patients.

- Matériel et Méthode :

  • Les auteurs ont mesuré les taux d’IgE spécifiques et d’IgG4 vis-à-vis d’un panel de 9 allergènes du kiwi, à l’aide d’un microdosage allergénique, chez 237 patients ayant une allergie au kiwi.
  • Les sérums de 198 patients sans allergie au kiwi ont servi de contrôle.
  • De plus, les auteurs ont évalué le degré de sensibilisation au latex.

- Résultats :

  • L’étude des réponses au panel des 9 allergènes du kiwi montre :
    • une sensibilité du diagnostic de 66%,
    • une spécificité de 56%
    • et une valeur prédictive positive de 73%.
  • Les sérums des patients allergiques au kiwi contiennent significativement plus fréquemment des IgE spécifiques contre Act d 1que les sérums des patients témoins.
  • De plus, 51% des sérums positifs contiennent des IgE contre un seul allergène, avec par fréquence décroissante : Act d 1 (45%), Act d 9 (27%) ou Act d 7 (13%).
  • Dans le groupe contrôle, 36% des sérums reconnaissent un seul allergène. Parmi ceux-ci,
    • 48% sont positifs au glycoallergène croisé Act d 7,
    • 43% à la profiline Act d 9
    • et seulement 5% à Acte d 1.
  • Les taux d’IgG4 spécifiques ne sont pas différents entre les allergiques aux kiwis et les patients tolérants.
  • Les patients allergiques au kiwi et au latex ont des IgEs contre Hev b 11 plus fréquemment positives que les patients allergiques au latex mais sans allergie au kiwi.

- Conclusions :

  • Act d 1 peut être considéré comme le marqueur allergénique d’une sensibilisation primaire au kiwi.
  • Les auteurs démontrent que l’étude moléculaire des allergènes du kiwi peut améliorer la valeur pronostique du diagnostic in vitro.

Dans ce travail portant sur 237 patients allergiques au kiwi, les auteurs démontrent l’intérêt d’une étude de la sensibilisation au kiwi en allergologie moléculaire avec une nette amélioration du diagnostic positif.

Les sensibilisations croisées sont liées à Act d7 et d9, Act d 1 étant un allergène majeur.

Il semble actuellement évident que l’allergologie moléculaire améliore la qualité du diagnostic allergologique.

On est cependant étonné dans ce travail de la faible valeur prédictive positive d’une étude portant pourtant sur 9 allergènes du kiwi chez ces patients allergiques. 73% c’est faible d’autant que la spécificité n’est que de 56%.

Le dosage des IgEs repose sur la méthode ISAC (Phadia) avec une sensibilité inférieure au CAP probablement en rapport avec un problème de liaison ou de dénaturation lors de la liaison entre l’allergène et le support ?

Le choix des patients est également critiquable dans ce travail car le diagnostic a été retenu seulement sur la clinique dont 204 manifestations orales, pas de tests cutanés pour 176 patients, un TPO seulement pour 30 patients, des IgEs standards non faites chez 104 patients.

L’hétérogénéité des critères diagnostiques explique certainement la faiblesse des résultats de cette étude in vitro.