Sur la piste de nouveaux marqueurs de l’allergie alimentaire…

vendredi 7 janvier 2011 par Dr Geneviève DEMONET871 visites

Accueil du site > Allergènes > Alimentaires > Sur la piste de nouveaux marqueurs de l’allergie alimentaire…

Sur la piste de nouveaux marqueurs de l’allergie alimentaire…

Sur la piste de nouveaux marqueurs de l’allergie alimentaire…

vendredi 7 janvier 2011, par Dr Geneviève DEMONET

Une recherche de biomarqueurs comme outils diagnostiques pour l’allergie alimentaire : une étude pilote chez les patients allergiques à l’arachide : Kim A.B.M. Peetersa, Robert-Jan A.N. Lamersb, André H. Penninksb, Edward F. Knola, Carla A.F.M. Bruijnzeel-Koomena, Joop H.J. van Nesselrooijb, André C. Knulsta

aDepartment of Dermatology/Allergology, University Medical Center Utrecht, Utrecht, and
bTNO Quality of Life, Zeist, The Netherlands

dans Int Arch Allergy Immunol 2011 ;155:23-30 (DOI : 10.1159/000318654)

- Contexte :

  • L’impact de l’allergie à l’arachide est important, l’ingestion accidentelle d’arachide peut entraîner des réactions sévères.
  • Les tests à visée diagnostique utilisés actuellement tels que prick-tests cutanés (PTC) et dosage des immunoglobulines spécifiques (IgE) ont cependant une sensibilité et une spécificité limitée.
  • De nouveaux outils doivent donc être développés pour améliorer le diagnostic chez les patients ayant une allergie alimentaire.
  • Une analyse complète des métabolites peut fournir des biomarqueurs pour le diagnostic de l’allergie alimentaire car le taux des métabolites reflète les conditions physiologiques réelles.
  • Nous avons cherché des métabolites qui permettraient de faire la différence entre des patients allergiques à l’arachide et des sujets non allergiques à l’arachide.
  • De tels métabolites pourraient être utilisés dans le futur dans un but diagnostique.

- Méthodes :

  • Des échantillons de plasma et de salive ont été obtenus de 23 participants (12 allergiques à l’arachide et 11 tolérants l’arachide) avant et après test de provocation à l’arachide. Ils ont été analysés par spectroscopie par résonance magnétique nucléaire 1H (RMN) avec analyse secondaire multivariée des données.

- Résultats :

  • On a observé des différences nettes entre les spectres RMN aussi bien dans le plasma que dans la salive des sujets allergiques et tolérants à l’arachide.
  • Les patients allergiques à l’arachide avaient déjà des taux différents de métabolites avant l’ingestion d’arachide et donc avant la survenue de réactions allergiques.

- Conclusions :

  • Cette étude pilote montre que des taux différents de métabolites déterminés par RMN en association avec des statistiques multivariées peuvent servir de nouveaux biomarqueurs de l’allergie alimentaire.

Le diagnostic de l’allergie à l’arachide repose sur l’histoire clinique, la pratique de tests cutanés et le dosage des IgE spécifiques.

Les différents tests ont cependant une spécificité et une sensibilité limitées.

L’utilisation de nouveaux biomarqueurs de l’allergie alimentaire pourrait donc permettre d’améliorer le diagnostic de l’allergie alimentaire et éviter le test de provocation orale qui reste encore le « gold standard ». C’est ce que suggère une étude pilote menée aux Pays-Bas sur 12 patients allergiques à l’arachide et 11 personnes tolérants cet aliment (dont 2 sensibilisées à l’arachide).

On a recherché dans le plasma et la salive de tous les participants, avant puis après test de provocation à l’arachide, des métabolites qui ne seraient présents que chez les allergiques.

Il est en effet possible de faire une analyse rapide des fluides biologiques et des tissus par spectroscopie par résonance magnétique nucléaire 1H (RMN) afin d’obtenir des empreintes métaboliques permettant, après analyse statistique (ici une analyse multivariée), de mettre en évidence des facteurs caractéristiques d’une maladie donnée.

Déjà avant le TPO, le spectre RMN des patients allergiques à l’arachide était différent de celui des non allergiques. Certains métabolites plasmatiques étaient plus élevés chez les patients allergiques (lactate, créatinine et glutamine) alors que d’autres étaient abaissés (lipides, acides nicotiniques).

Après le TPO, lactate, créatinine, glutamine mais aussi tyrosine et tryptophane étaient plus élevés chez les patients allergiques.

Si les métabolites de la salive étaient semblables chez les patients allergiques et tolérants avant le TPO, ils étaient remarquablement différents après la consommation d’arachide sans que ces métabolites aient pu être identifiés.

Une comparaison a enfin été menée à l’intérieur des groupes pour analyser la variation du spectre RMN après le TPO. Celui-ci n’a pas varié pour le plasma aussi bien chez les patients allergiques que chez les non allergiques mais il s’est avéré très différent pour la salive aussi bien chez les allergiques que chez les patients tolérants l’arachide.

Des études futures s’attacheront certainement à l’identification, par chromatographie liquide et spectrométrie de masse, des métabolites qui n’ont pu être reconnus dans ce travail. De même, l’étude de groupes différents (atopiques, non allergiques, allergiques alimentaires, allergiques à l’arachide) permettra de préciser la spécificité de ces biomarqueurs.

Après les allergènes recombinants, la métabolomique… De quoi bien commencer l’année !