Le nucléaire frappe maintenant le monde allergologique : une révolution est en marche !!

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Le nucléaire frappe maintenant le monde allergologique : une révolution est en marche !!

Le nucléaire frappe maintenant le monde allergologique : une révolution est en marche !!

jeudi 5 mai 2011, par Dr Stéphane Guez

Les neutrophiles murins et humains induisent une anaphylaxie. : Friederike Jönsson1,2, David A. Mancardi1,2, Yoshihiro Kita3, Hajime Karasuyama4,5, Bruno Iannascoli1,2, Nico Van Rooijen6, Takao Shimizu3, Marc Daëron1,2 and Pierre Bruhns1,2

dans J Clin Invest. 2011 ;121(4):1484–1496. doi:10.1172/JCI45232.

- Introduction :

  • L’anaphylaxie est une réaction potentiellement mortelle liée à une réaction immédiate d’hypersensibilité.
  • Classiquement, cette réaction repose sur les IgE, les récepteurs FcRε1, les mastocytes et l’histamine.
  • Cependant, l’anaphylaxie peut aussi être induite par les anticorps de type IgG, et un modèle de réaction anaphylactique systémique passif a été décrit impliquant IgG1 et basophiles.
  • De plus, il a été montré que ni les mastocytes ni les basophiles ne sont nécessaires dans des modèles murions d’anaphylaxie active chez les souris.

- Objectif de l’étude :

  • Les auteurs ont recherché quels anticorps, récepteurs et cellules sont impliqués dans une réaction anaphylactique active chez la souris.

- Résultats :

  • Les auteurs ont montré que les IgG, les récepteurs FcγRIIIA et FcγRIV, le platelet-activating factor, les neutrophiles et, à moindre degré les basophiles sont impliqués.
  • L’activation neutrophilique peut être suivie in vivo durant la réaction anaphylactique.
  • La déplétion en neutrophiles inhibe la réaction anaphylactique systémique aussi bien passive qu’active.
  • Mais la restauration en neutrophiles humains ou de souris restaure l’‘anaphylaxie chez des souris résistantes à l’anaphylaxie, démontrant que les neutrophiles sont suffisants pour induire une anaphylaxie chez la souris et suggérant que les neutrophiles pourraient contribuer à la réaction anaphylactique chez l’homme.

- Conclusion :

  • Ces résultats révèlent une implication inattendue des IgG et des récepteurs aux IgG, ainsi que des neutrophiles dans la réaction anaphylactique chez la souris.
  • Ces molécules et cellules pourraient être de nouvelles cibles pour le développement de traitement contre l’anaphylaxie si un même mécanisme est également démontré dans la réaction anaphylactique chez l’homme.

Dans ce travail fondamental, les auteurs démontrent à l’aide d’un modèle murin, qu’il est possible de déclencher une réaction anaphylactique active qui implique un système à IgG avec les basophiles.

Les tests de déplétion puis restauration confirment l’implication des neutrophiles dans cette réaction anaphylactique.

Ce travail est extrêmement intéressant va peut-être permettre de résoudre des mystères allergologiques qui tracassent de nombreux allergologues.

Nous avons tous des patients qui ont fait des réactions anaphylactique et dont la recherche d’une sensibilisation à IgE est totalement négative.

Une nouvelle perspective diagnostique et thérapeutique est envisageable à la lecture de ce travail : une sensibilisation IgG impliquant les neutrophiles.

Il reste donc à attendre avec impatience de savoir si ce modèle murin est également présent chez l’homme, ce qui pourrait considérablement modifier notre regard sur la réaction anaphylactique.