Ecoute mon ARIA : dis-moi quelle rhinite tu as, je te dirai quel asthmatique tu es.

mercredi 8 juin 2011 par Dr Philippe Carré495 visites

Accueil du site > Maladies > Asthme > Ecoute mon ARIA : dis-moi quelle rhinite tu as, je te dirai quel (...)

Ecoute mon ARIA : dis-moi quelle rhinite tu as, je te dirai quel asthmatique tu es.

Ecoute mon ARIA : dis-moi quelle rhinite tu as, je te dirai quel asthmatique tu es.

mercredi 8 juin 2011, par Dr Philippe Carré

Classification diagnostique de la rhinite persistante et sa relation avec l’oxyde nitrique exhalé et l’asthme. Etude clinique de séries consécutives de patients. : Giovanni Rolla, MD, FCCP,
Giuseppe Guida, MD,
Enrico Heffler, MD,
Iuliana Badiu, MD,
Luisa Bommarito, MD,
Antonella De Stefani, MD,
Antonio Usai, MD,
Domenico Cosseddu, MD,
Franco Nebiolo, MD, and
Caterina Bucca, MD

dans CHEST May 2007 vol. 131 no. 5 1345-1352

- Contexte :

  • La rhinite et l’asthme représentent la manifestation d’un seul syndrome
  • L’hypothèse des auteurs est que chez les patients avec des symptômes de rhinite persistante, l’inflammation des voies aériennes inférieures, les symptômes des voies aériennes inférieures, et les anomalies de la fonction respiratoire compatibles avec l’asthme sont plus fréquemment associés avec le diagnostic de rhinite allergique (RA) et de rhinosinusite chronique (RSC) qu’avec la rhinite non allergique (RNA).

- Méthodes :

  • 108 des 590 patients consécutifs adressés en un an pour une rhinite ont été inclus sur la base de symptômes nasaux durant depuis plus de 4 semaines
  • L’asthme était diagnostiqué sur la base de symptômes, et d’un test de bronchodilatation positif et/ou d’une hyperréactivité à la métacholine
  • La fraction exhalée d’oxyde nitrique (FeNO) était mesurée avec la méthode d’exhalation simple à 50 mL/s.

- Résultats :

  • La RA était diagnostiquée dans 39% des cas, la RNA dans 21% et la RSC dans 41%
  • La prévalence de l’asthme était significativement plus élevée chez les patients ayant une RA (33%) et une RSC (42%) que chez ceux ayant une RNA (8.7%) (p=0.036 et p=0.005, respectivement)
  • La FeNO était significativement plus élevée chez les patients ayant une RA et une RSC comparativement aux patients ayant une RNA (44.3 ppb, IC à 95% : 34 à 54 ppb ; et 53 ppb, IC à 95% :42 à 64 ppb ; versus 22 ppb, IC à 95% :18 à 27 ppb ; p=0.002 et p=0.001, respectivement)
  • Les patients avec de l’asthme avaient des valeurs de FeNO significativement plus élevées que ceux n’ayant pas d’asthme (64 ppb , IC à 95% :51 à 77 ppb ; vs 33 ppb, IC à 95% 28 à 39 ppb ; p<0.001).

- Conclusion :

  • La classification diagnostique de la rhinite persistante aide à prédire l’inflammation des voies aériennes inférieures (FeNO augmentée) et la prévalence de l’asthme : la RA et la RSC sont associées à des valeurs moyennes plus élevées de FeNO et à une prévalence plus élevée de l’asthme que la RNA.

La durée de la rhinite (intermittente ou persistante) et sa sévérité semblent être des facteurs importants pour déterminer son association à l’asthme, que ce soit chez les sujets atopiques ou non atopiques. Ceci suggère que l’association entre l’inflammation des voies nasales et aériennes inférieures, et entre la rhinite et l’asthme, peut être différente, selon la classification diagnostique de la rhinite (allergique ou non) et son association à une sinusite.

En d’autres termes, regarder en profondeur dans le nez peut aider à prédire l’atteinte des voies aériennes inférieures, renforçant les recommandations ARIA sur le fait de rechercher l’asthme chez des patients ayant une RA.

Les auteurs ont donc cherché si l’inflammation des voies aériennes et l’asthme étaient plus fréquemment associés à la RA et à la RSC qu’à la RNA, en analysant la prévalence des symptômes d’asthme, les anomalies de la fonction respiratoire, la FeNO, comme marqueur d’inflammation, et la classification diagnostique de la rhinite chez 108 patients consécutifs adressés pour une rhinite persistante.

L’inflammation des voies aériennes et le diagnostic d’asthme avaient une prévalence significativement plus élevée chez les patients ayant une RA (39%) et une RSC (40%) que chez ceux ayant une RNA (22%) ; la prévalence de 40% de la sensibilisation allergique dans la RSC est en relation avec d’autres données de la littérature.

Cette étude confirme la relation proche entre les maladies inflammatoires des voies aériennes supérieures et inférieures ; la prévalence élevée de l’asthme chez les patients ayant une RA et une RSC n’est pas surprenante puisque plus de 70% des asthmatiques rapportent une RA ou une RSC.

Par rapport aux patients ayant une RNA, ceux ayant une RA et une RSC avaient une FeNO plus élevée, reflétant la comorbidité asthmatique plus fréquente.

Cette étude confirme que le diagnostic précis d’une rhinite persistante chronique, c’est-à-dire une RA ou une RSC versus une RNA, aide à prédire l’atteinte des voies aériennes inférieures, en accord avec les recommandations ARIA, suggérant de rechercher l’existence d’un asthme chez les patients ayant une RA mais aussi une RSC à la recherche de symptômes d’atteinte des voies aériennes inférieures.