Où l’on découvre un nouvel intérêt à la puce ISAC.

jeudi 8 mars 2012 par Dr Céline Palussière1341 visites

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Où l’on découvre un nouvel intérêt à la puce ISAC.

Où l’on découvre un nouvel intérêt à la puce ISAC.

jeudi 8 mars 2012, par Dr Céline Palussière

Les anticorps IgE vis à vis des lipocalines d’origine animale, la kallikréine et la sécrétoglobuline, sont des marqueurs de l’inflammation bronchique dans l’asthme sévère de l’enfant. : B. Nordlund1,2, J. R. Konradsen1,2,3, I. Kull3,4, M. P. Borres5, A. Önell5, G. Hedlin1,2,3, H. Grönlund3,6
Article first published online : 17 FEB 2012

DOI : 10.1111/j.1398-9995.2012.02797.x

dans Allergy

- Contexte :

  • Le diagnostic moléculaire des allergies permet la détection des composants allergéniques cross-réactifs ou spécifiques d’espèce.
  • Cette étude analyse les profils de sensibilisation pour les composants allergéniques unitaires en rapport avec l’inflammation bronchique dans l’asthme sévère de l’enfant.

- Méthodes :

  • Quatre-vingt cinq écoliers ont été évalués, 39 ayant un asthme léger à modéré contrôlé, et 56 asthmatiques sévères non contrôlés.
  • Les composants allergéniques (n=111) de produits allergéniques alimentaires, polliniques et aéroallergéniques perannuels ont été analysés à l’aide d’une puce multiallergénique en phase solide.
  • Les éosinophiles sanguins (10xl-1), l’inflammation bronchique (FeNO, ppb), la fonction pulmonaire (VEMS %) et l’hyper-réactivité bronchique (relation dose-réponse au test de provocation à la méthacholine) ont été mesurés.

- Résultats :

  • Une réponse IgE spécifique à plus de trois composants allergéniques d’origine animale- lipocalines (nMus m 1, rEqu c 1, Fel d 4, rCan f 1), kallikreine (rCan f 5) et secretoglobine (rFel d 1) – était plus fréquente chez les asthmatiques sévères par rapport aux enfants souffrant d’asthme contrôlé (n=14 vs n=3, p=0,030).
  • Ces sujets ont également affiché des taux d’éosinophiles sanguins plus élevés (0,65 vs 0,39, p=0,021), une fraction exhalée de NO plus élevée (38 ppb vs 25 ppb, p=0,021), et une HRB augmentée (112 vs 28, p=0,002) par rapport aux autres enfants souffrant d’asthme sévère sensibilisés à moins d’allergènes lipocaline/kallikréine/sécrétoglobuline.
  • Parmi tous les sujets sensibilisés, il y avait des corrélations entre les taux d’IgE spécifiques pour rFel d 4 et nMus m 1(r=0,751, p<< 0,001) et entre rFel d 4 et rEqu c 1 (r=0,850, p<<0,001).

- Conclusion :

  • Les poly-réactivités vis à vis des allergènes lipocaline, kallikréine et sécrétoglobuline sont associées à une inflammation bronchique accrue chez les asthmatiques sévères.
  • En outre, des réactions croisées entre les différentes lipocalines ont été observées.

La puce multiallergénique permet d’établir le profil d’IgE réactivité vis à vis de 111 allergènes. Outre son intérêt diagnostique dans certains cas compliqués, cette étude tend à montrer que les résultats obtenus peuvent avoir un intérêt pronostique, en particulier chez enfants asthmatiques.

Des enfants asthmatiques ont ainsi bénéficié de la réalisation du test ISAC 111, ainsi que de l’étude de divers paramètres de l’inflammation bronchique : taux d’éosinophiles, EFR avec test à la méthacholine, NO exhalé.

L’étude s’est centrée sur l’IgE réactivité vis à vis d’allergènes animaux : lipocalines, kallikréine, sécrétoglobuline.

La polyréactivité vis à vis de ces trois allergènes était plus fréquente chez les enfants souffrant d’asthme sévère que chez les asthmatiques légers à modérés. Ce qui ne surprend pas : les sujets souffrant de multiples réactivités allergéniques souffrant probablement d’un asthme plus difficile à contrôler.

Il est en revanche intéressant de noter que, au sein du groupe des enfants asthmatiques sévères, ces polyréactivités étaient associées à des paramètres inflammatoires bronchiques plus élevés. Il pourrait ainsi s’agir d’un paramètre prédictif du non contrôle de l’asthme.

Un test sanguin (prélevable par micro-méthode, ce qui a tout son intérêt chez les enfants) pourrait ainsi alerter le médecin quant à la possible difficulté à contrôler son asthme.

Le contrôle de l’asthme est cependant un diagnostic avant tout clinique, reposant sur les symptômes du patient et ses EFR, qu’un bilan biologique, fixé une fois pour toutes, ne pourrait en aucun cas remplacer.

Les auteurs signalent une bonne corrélation des positivités des différentes lipocalines présentes sur la puce (souris, cheval, chat, chien). En déduire qu’il existe une réactivité croisée entre les lipocalines est toutefois un raccourci trop rapide.

En dépit de ces extrapolations un peu gênantes, cette étude présente un double intérêt : d’une part un focus sur les allergènes animaux pouvant avoir un réel impact en clinique, et d’autre part sur les informations nouvelles apportées par une technique récente encore peu utilisée en routine.