Comment un fœtus devrait choisir sa mère pour limiter son risque de développer une atopie

lundi 26 mars 2012 par Dr Cécilia Nocent344 visites

Accueil du site > Maladies > Atopie > Comment un fœtus devrait choisir sa mère pour limiter son risque de (...)

Comment un fœtus devrait choisir sa mère pour limiter son risque de développer une atopie

Comment un fœtus devrait choisir sa mère pour limiter son risque de développer une atopie

lundi 26 mars 2012, par Dr Cécilia Nocent

Association entre rhinite allergique et asthme maternels et la prévalence des maladies atopiques dans la descendance. : Qiu-Ping Wanga, Kun-Min Wua, Ze-Qing Lia, Fei Xuea, Wei Chena, Han Jia, Bing-Ling Wangb

aDepartment of Otolaryngology – Head and Neck Surgery, Jinling Hospital, and
bDepartment of Occupational Medicine and Environmental Health, School of Public Health of Nanjing Medical University, Nanjing, PR China

dans Int Arch Allergy Immunol 2012 ;157:379-386 (DOI : 10.1159/000328789)

-  Contexte  :

  • L’asthme est une comorbidité fréquente de la rhinite allergique.
  • La prévalence de ces deux maladies allergiques a augmenté en Chine en particulier dans certaines familles.
  • Cette étude évalue l’association entre rhinite allergique maternelle (se présentant avec ou sans asthme) et le terrain allergique des enfants.

-  Méthodes  :

  • 592 femmes ayant une rhinite allergique ont été recrutées pour cette étude ; 379 présentaient uniquement une rhinite allergique, 213 avaient un asthme associé.
  • Le niveau des IgE totales dans le sérum et le nombre d’éosinophiles dans le nez ont été analysés et corrélés à la présentation clinique.

- Résultats  :

  • La prévalence des manifestations allergiques chez les enfants de mères asthmatiques et rhinitiques était significativement plus élevée que la prévalence observée chez les enfants de mères uniquement rhinitiques.
  • Le taux maternel d’IgE totales et le compte d’éosinophiles nasal étaient prédictifs d’atopie chez les enfants.
  • Les enfants ayant une mère présentant une rhinite allergique modérée à sévère avaient un risque plus important de développer une atopie (OR 6.26, 95% CI : 3.26-12.02).
  • L’âge de la mère au moment de l’accouchement compris entre 25 et 30 ans était également associé à un risque plus important de pathologie allergique chez l’enfant comparé à un âge de 36-40 ans (OR : 2.13 ; 95%CI : 1.31-3.47).

-  Conclusions  :

  • La sévérité de la rhinite allergique maternelle, l’association à un asthme, le taux élevé d’IgE et une éosinophilie nasale sont tous associés à une augmentation du risque de développer une pathologie atopique chez l’enfant.
  • Les enfants nés de mères plus âgées semblent par contre protégés des maladies atopiques.

Il s’agit d’une étude chinoise étonnante ayant pour but de montrer que l’augmentation des pathologies atopiques chez les enfants n’est pas linéaire dans la population générale.

Effectivement les auteurs ont étudié le niveau d’apparition de pathologies atopiques chez des enfants nés de mères présentant une rhinite allergique associée ou non à un asthme. Ils se sont également intéressés au taux d’IgE totales dans le sérum (reflet très grossier de l’atopie !!!) et le niveau d’éosinophilie nasale. Leur échantillon comportait un peu moins de 600 femmes.

Les auteurs arrivent à des résultats déjà largement connus ; à savoir, les mères asthmatiques et rhinitiques auront des enfants plus atopiques que les mères rhinitiques seules. Plus les marqueurs biologiques d’atopie sont élevés chez la mère, plus l’enfant a de risque de développer une atteinte atopique.

Par contre les auteurs nous disent également que l’âge un peu plus élevé des mères aurait presque un effet protecteur sur le risque qu’a l’enfant de développer une pathologie atopique.

Cette étude, à mon sens, n’apporte pas de « révélation ». La notion de risque plus important de développer une maladie atopique chez un enfant ayant un ou deux parents eux même atopiques est connue depuis assez longtemps. Nous sommes rassurés par contre ; la génétique chinoise semble donner les mêmes résultats que la génétique du reste du monde !!!!

Dans cette étude il est très surprenant de constater que l’on ne parle pas de tests cutanés ; on ne sait pas à quels allergènes les femmes sont sensibilisées. La notion d’allergie alimentaire n’est pas non plus évoquée.

Cette étude est à lire « pour la culture ». On espère juste que la conclusion sur l’âge des mères ne va pas imposer aux chinoises rhinitiques et/ou asthmatiques de devoir attendre d’avoir plus de 36 ans pour concevoir leur enfant unique !!!