Scoop : l’allergie au latex devrait s’explorer avec le nez !

lundi 2 avril 2012 par Dr Stéphane Guez550 visites

Accueil du site > Allergènes > Contact > Scoop : l’allergie au latex devrait s’explorer avec le nez !

Scoop : l’allergie au latex devrait s’explorer avec le nez !

Scoop : l’allergie au latex devrait s’explorer avec le nez !

lundi 2 avril 2012, par Dr Stéphane Guez

Valeur diagnostique de l’analyse des IgEs dans l’allergie au latex. : Mehmet Ünsela, Nihal Meteb, Ömür Ardenizb, Aytül Sinb, Okan Gülbaharb, Ali Kokuludağb

aDivision of Allergy, Department of Internal Medicine, Tepecik Training and Research Hospital, İzmir, and
bDivision of Allergy and Clinical Immunology, Department of Internal Medicine, Ege University Medical Faculty, Ege, Turkey

dans int Arch Allergy Immunol 2012 ;158:281-287 (DOI : 10.1159/000332929)

- Introduction :

  • La précision des méthodes utilisées pour le diagnostic de l’allergie au latex est d’une grande importance en raison de la possibilité de résultats faussement positifs.
  • Ni les prick-tests (SPT) ni les IgE spécifiques au latex n’ont une valeur prédictive positive de 100%.
    - Objectif de l’étude :
  • Les auteurs ont analysé la valeur diagnostique des IgE spécifiques au latex par la première étude réalisant de façon concomitante des SPT et un test de provocation nasale (NPT) au latex.

- Matériel et Méthode :

  • 27 patients sensibilisés au latex (groupe 1), 46 patients sensibilisés aux pneumallergènes (groupe 2a) et 33 patients sains (groupe 2b) ont participé à cette étude.
  • Tous les groupes ont eu des SPT avec latex et pneumallergènes et un NPT avec du latex.
  • Les IgEs au latex et les IgE totales ont été mesurées par immuno-CAP.

- Résultats :

  • Les IgE spécifiques au latex sont positives chez 92.6%, 30.4% et 9.1% des patients respectivement des groupes 1, 2a et 2b.
  • Les 11 patients sensibilisés aux pneumallergènes du groupe 1 et tous les patients du groupe 2a sont sensibilisés de façon prédominante aux pollens (graminées, herbacées et arbres) et réagissent à un moindre degré aux acariens de la poussière de maison, aux moisissures et aux squames animales.
  • Les pollinoses mixtes sont beaucoup plus fréquentes chez les patients ayant des IgEs au latex dans le groupe 2a que ceux ayant des IgE au latex négatives (p = 0.001).
  • Le NPT est positif chez 84% des patients du groupe 1 et négatif chez tous les sujets contrôles.
  • Les : sensibilité, spécificité et valeur prédictive négative et positive des dosages d’IgEs au latex, sont respectivement de 90.9%, 72.2%, 96.3% et 50%.

- Conclusion :

  • Le pourcentage élevé de faux résultats positifs des IgEs immuno-CAP au latex doit être pris en compte lorsqu’on porte le diagnostic d’allergie au latex chez des patients ayant une pollinose, particulièrement chez les patents sensibilisés à plus d’une espèce de pollens.

Dans ce travail les auteurs ont testé la valeur des prick-tests cutanés et des dosages d’IgEs au latex chez des patients sensibilisés au latex en réalisant un test de provocation nasale dans le même temps d’exploration. La valeur prédictive positive n’est que de 50% pour les explorations allergologiques classiques.

Ce travail intéressant confirme les difficultés de l’exploration allergologique qui extrapole toujours des résultats de tests qui ne révèlent en réalité qu’une sensibilisation, et le diagnostic d’allergie doit toujours être confirmé soit par les données anamnestiques soit par un test de provocation lorsqu’il est possible.

Ici les auteurs ont pris comme test de référence un test de provocation par voie nasale au latex.

L’importance des sensibilisations au latex est plus importante chez les patients poly sensibilisés aux pollens ce qui confirme l’importance des réactivités croisées chez ces patients.

Les résultats de cette étude sont assez inquiétants car la valeur prédictive de tests cutanés positifs et IgEs positives n’est que de 50%. Donc pour 1 patient sur 2 le diagnostic d’allergie au latex est porté en excès avec des conséquences parfois très importantes sur le plan professionnel dans le domaine de la santé.

Mais dans cette étude il ne semble pas que les auteurs ont utilisé les outils du diagnostic allergologique moléculaire pour déterminer en particulier la molécule sensibilisante du latex impliquée et repérer le patient sensibilisé à un pan-allergène.