Faire le diagnostic d’allergie c’est bien, la prévenir c’est mieux ! (dixit Ara Chid)

jeudi 12 avril 2012 par Dr Stéphane Guez523 visites

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Faire le diagnostic d’allergie c’est bien, la prévenir c’est mieux ! (dixit Ara Chid)

Faire le diagnostic d’allergie c’est bien, la prévenir c’est mieux ! (dixit Ara Chid)

jeudi 12 avril 2012, par Dr Stéphane Guez

Exposition accidentelle chez l’enfant allergique à l’arachide. : Nha Uyen Nguyen-Luu1, Moshe Ben-Shoshan2, Reza Alizadehfar2, Lawrence Joseph1,3, Laurie Harada4, Mary Allen5, Yvan St-Pierre3, Ann Clarke3,6

dans Pediatric Allergy and Immunology
Volume 23, Issue 2, pages 134–140, March 2012

- Introduction :

  • Les objectifs de l’étude ont été de déterminer :
    • l’incidence annuelle,
    • la sévérité et la prise en charge d’une anaphylaxie
    • identifier les facteurs prédictifs
  • d’une exposition accidentelle à l’arachide parmi un cohorte d’enfants ayant une allergie à l’arachide.

- Matériel et Méthode :

  • De 2004 à novembre 2009, les parents d’enfants canadiens ayant une allergie à l’arachide diagnostiquée par un médecin ont remplis un questionnaire initial puis des questionnaires de suivis sur des prises accidentelles d’arachide lors de l’année précédente.
  • Une analyse statistique (régression logistique) a été utilisée pour déterminer des indicateurs prédictifs éventuels.

- Résultats :

  • Un total de 1411 enfants (61.3% de garçons, âge moyen de 7.1 an (écart type 3.9) ont participé à cette étude.
  • Lorsque tous les enfants sont inclus, indépendamment de la longueur de l’observation, 266 expositions accidentelles sont survenues sur 2227 patients/ années, soit une incidence annuelle de 11.9% (IC 95% : 10.6-13.5).
  • Lorsque toutes les expositions accidentelles qui sont survenues après l’entrée dans l’étude sont prises en compte et que les patients ayant une période d’observation de moins de 1 an sont exclus, 147 expositions accidentelles sont observées sur une période de 1175 patients/années, conduisant à un taux annuel d’incidence de 12.5% (IC95% : 10.7-14.5).
  • Seulement 21% des réactions modérées et sévères ont été traitées avec de l’ épinéphrine.
  • Facteurs prédictifs :
    • avoir un âge supérieur à 13 ans lors de l’entrée dans l’étude (OR 2.33, IC95% : 1.20-4.53) et une réaction initiale sévère à l’arachide (OR 2.04, IC95% : 1.44-2.91) sont associés à un risque annuel augmenté d’exposition accidentelle
    • une augmentation de la durée de l’allergie (OR 0.88 IC95% : 0.83-0.92) avec un risque diminué.

- Conclusion :

  • Le taux d’incidence annuel de l’exposition accidentelle à l’arachide chez les enfants ayant une allergie à l’arachide est de 12.5%.
  • Les enfants ayant un diagnostic récent et les adolescents ont un risque élevé.
  • D’où l’importance cruciale de l’éducation des enfants allergiques et de leur famille après le diagnostic et durant l’adolescence.
  • Comme beaucoup de réactions sont traitées d’une façon inappropriée, les professionnels de santé concernés doivent améliorer l’éducation de la prise en charge de l’anaphylaxie.

Dans ce travail portant sur le suivi d’enfants allergiques à l’arachide, les auteurs canadiens ont évalué l’incidence annuelle des prises accidentelles d’arachide malgré les recommandations d’éviction.

Ce taux est de 12.5%, avec des accidents modérés à sévères dont seulement 20% ont bénéficié d’adrénaline.

Ce travail confirme l’intérêt maintenant bien reconnu d’une éducation thérapeutique dans le suivi de l’allergie alimentaire.

L’incidence annuelle ici mentionnée ne peut pas s’extrapoler totalement à un autre pays exposé différemment à l’arachide avec un système de soins totalement différent. Mais il sert de repère et permet donc de penser qu’un enfant allergique à l’arachide sur 10 va faire une ingestion accidentelle.

Compte tenu de la faible utilisation de l’adrénaline, on voit qu’il ne faut pas sous-estimer l’importance de l’éducation thérapeutique qui ne va « jamais de soi » et qui doit être réalisée pour tous les nouveaux patients diagnostiqués afin d’améliorer la prise en charge globale de leur allergie d’autant que les accidents surviennent essentiellement dans les premières années qui suivent le diagnostic.