Lorsque les feuilles tombent, l’enfant qui naît a plus de risque d’allergie alimentaire : une relation de cause à effet ?

mardi 15 mai 2012 par Dr Geneviève DEMONET954 visites

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Lorsque les feuilles tombent, l’enfant qui naît a plus de risque d’allergie alimentaire : une relation de cause à effet ?

Lorsque les feuilles tombent, l’enfant qui naît a plus de risque d’allergie alimentaire : une relation de cause à effet ?

mardi 15 mai 2012, par Dr Geneviève DEMONET

Mécanismes possibles pour l’association entre la naissance à l’automne et l’allergie alimentaire : Keet CA, Matsui EC, Savage JH, Neuman-Sunshine, DL, Skripak J, Peng RD, Wood RA.

Potential mechanisms for the association between fall birth and food allergy.

dans Allergy 2012 ; 67 : 775–782.

- Contexte :

  • La saison de naissance a été considérée comme un facteur de risque d’allergie alimentaire mais on ignore par quels mécanismes.

- Méthodes :

  • Deux populations ont été étudiées : 5862 enfants de l’Etude Nationale sur la Santé et la Nutrition (NHANES) III et 1514 enfants ayant une allergie alimentaire bien documentée dans le service d’allergie pédiatrique du Johns Hopkins (JHPAC).
  • L’allergie alimentaire a été définie par l’auto-signalement d’une réaction aigue à un aliment (NHANES) ou comme une allergie au lait, à l’œuf et à l’arachide.
  • La régression logistique a comparé la naissance à l’automne ou à un moment autre que l’automne entre les sujets ayant une allergie alimentaire et les sujets non allergiques à l’intérieur de la NHANES avec un ajustement pour l’origine ethnique, l’âge, les revenus et le sexe et entre les sujets du JHPAC et la population générale du Maryland.
  • La stratification par origine ethnique a été examinée pour la NHANES et pour l’eczéma pour le JHPAC.

- Résultats :

  • Une naissance à l’automne était plus commune parmi les sujets ayant une allergie alimentaire à la fois pour la NHANES (OR, 1.91 ; IC 95%, 1.31–2.77) que pour le JHPAC/Maryland (OR, 1.31 ; IC 95%, 1.18–1.47).
  • Il existait une interaction entre l’origine ethnique et la saison (OR, 2.34 ; IC 95%, 1.43–3.82 pour les caucasiens ; OR, 1.19 ; IC 95%, 0.77–1.86 pour les non-caucasiens ; P = 0.04 pour l’interaction), aussi bien que pour l’eczéma (OR, 1.47 ; IC 95%, 1.29–1.67 avec eczéma ; OR, 1.00 ; IC 95%, 0.80–1.23 sans eczéma ; P = 0.002 pour l’interaction).

- Conclusions :

  • La naissance à l’automne est associée à un risque augmenté d’allergie alimentaire et ce risque est le plus grand parmi ceux ayant une variation saisonnière de vitamine D durant la petite enfance (caucasiens) et ceux ayant un risque d’anomalie de la barrière cutanée (les sujets ayant une histoire d’eczéma).
  • Ces résultats suggèrent que la vitamine D et la barrière cutanée pourraient être impliquées dans les variations saisonnières associées à l’allergie alimentaire.

La relation entre la saison de naissance (l’automne pour ne pas la nommer) et la survenue d’une allergie alimentaire a été étudiée à l’intérieur de 2 types de populations : une étude sur questionnaire (5862 enfants de la NHANES) et une étude sur 1514 enfants suivis pour allergie alimentaire à l’hôpital Johns Hopkins dont les données ont été comparées à la population générale du Maryland.

La naissance en automne s’est avérée associée à un risque accru d’allergie alimentaire, tout particulièrement chez les enfants blancs et les enfants présentant un eczéma.

Le rôle d’une carence en vitamine D, favorisée lors d’une naissance en automne chez un enfant à la peau blanche est avancé, tout comme celui d’une altération de la barrière cutanée.

La vitamine D est à la mode en ce moment et sa carence pourrait intervenir dans l’allergie mais aussi dans bon nombre d’autres pathologies…