Pas de boucles d’oreilles avant d’avoir un beau sourire !

lundi 2 juillet 2012 par Dr Geneviève DEMONET1371 visites

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Pas de boucles d’oreilles avant d’avoir un beau sourire !

Pas de boucles d’oreilles avant d’avoir un beau sourire !

lundi 2 juillet 2012, par Dr Geneviève DEMONET

Allergie au nickel en relation avec le piercing et le matériel orthodontique - une étude de population : Fors, R., Stenberg, B., Stenlund, H. and Persson, M. (2012),

Nickel allergy in relation to piercing and orthodontic appliances—a population study.

dans Contact Dermatitis. doi : 10.1111/j.1600-0536.2012.02097.x

- Contexte :

  • Les études sur l’association entre l’exposition au nickel par le matériel orthodontique et la sensibilisation au nickel ont montré des résultats contradictoires.

- Objectifs et Méthodes :

  • Nous avons étudié l’association entre la sensibilisation au nickel et l’exposition au matériel orthodontique et de piercing dans une étude transversale.
  • 4376 adolescents ont été testés par patch à la suite d’un questionnaire les interrogeant sur l’existence d’un piercing préalable et d’un traitement orthodontique.
  • L’exposition au matériel d’orthodontie a été vérifiée sur les dossiers dentaires.

- Résultats :

  • Les données du questionnaire ont montré un risque réduit de sensibilisation au nickel lorsque le traitement orthodontique avait précédé le piercing (OR 0,46 ; IC 0,27-0,78).
  • Les données des dossiers dentaires ont montré des résultats similaires (OR 0,61, IC 0,36–1,02) mais avec une perte de la significativité statistique après ajustement pour les facteurs de terrain.
  • L’exposition avant piercing à un matériel complet fixé contenant des alliages NiTi (OR 0,31, IC 0,10–0,98) aussi bien qu’à un groupe de matériel « relarguant fortement du nickel » (OR 0,56, IC 0,32–0,97) était associée à une réduction significative du risque de sensibilisation au nickel.

- Conclusion :

  • Le contact avec un matériel d’orthodontie contenant une forte proportion de nickel avant le piercing réduit le risque de sensibilisation au nickel d’un facteur 1,5-2.
    -* La réduction du risque est associée avec la libération estimée de nickel par le matériel et avec la longueur du traitement.
  • Le sexe, l’âge au moment du piercing et le nombre de piercings sont aussi des indicateurs de risque importants.
  • La recherche sur le rôle des matériaux dentaires dans le développement d’une tolérance immunitaire est nécessaire.

De nombreuses études ont été menées sur la relation entre traitement d’orthodontie et sensibilisation au nickel.

Certaines ont mis en avant un rôle protecteur de l’exposition buccale au nickel alors que d’autres ont montré un risque peu important de sensibilisation.

Une nouvelle étude transversale a été menée en Suède pour tenter de montrer que le contact avec le nickel du matériel d’orthodontie pouvait protéger de la sensibilisation au nickel.

L’âge du premier piercing, l’atopie et le sexe ont été considérés comme des facteurs confondants potentiels.

La sensibilisation au nickel a été établie par patch-test, la présence de piercings a été précisée par un questionnaire (âge, nombre et localisations) tout comme l’existence d’un traitement orthodontique (vérifié par la suite sur les dossiers dentaires).

Sur les 7543 adolescents contactés, 6095 (soit 81%) ont répondu au questionnaire et 4439 ont accepté le patch-test.

Ces adolescents avaient un âge médian de 17 ans (14 à 23). Il s’agissait de filles pour 68%.

L’analyse des résultats des questionnaires a permis d’estimer que 30% des adolescents avaient suivi un traitement d’orthodontie et que 90% des filles de 15 ans avaient eu les oreilles percées à un âge médian de 10 ans.

La prévalence de l’allergie au nickel a été estimée entre 12 et 15%.

Elle s’est avérée plus élevée chez les étudiantes ayant les oreilles percées, qu’elles aient suivi un traitement orthodontique ou non.

La prévalence la plus faible d’allergie au nickel a été mise en évidence chez les jeunes n’ayant jamais eu de piercings ni d’orthodontie mais aussi chez ceux n’ayant été exposés qu’au matériel d’orthodontie.

La prévalence de l’allergie au nickel était plus basse lorsque le traitement orthodontique avait précédé le piercing (p < 0,0001).

L’atopie ne s’est pas avérée être un facteur de risque.

Les filles avaient un risque d’allergie au nickel multiplié par 5 comparativement aux garçons.

L’existence de piercings multiples augmentait de presque 50% le risque d’avoir un patch-test positif au nickel par rapport à un piercing unique.

Le risque d’allergie au nickel s’est avéré d’autant plus bas que la durée du traitement orthodontique était grande (1 à 2,5 ans).

En résumé, le contact avec le métal du matériel d’orthodontie semble permettre l’acquisition d’une tolérance au nickel…