Allergie alimentaire de l’enfant : va falloir reprogrammer la migration des cigognes !!

mardi 11 septembre 2012 par Dr Stéphane Guez793 visites

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Allergie alimentaire de l’enfant : va falloir reprogrammer la migration des cigognes !!

Allergie alimentaire de l’enfant : va falloir reprogrammer la migration des cigognes !!

mardi 11 septembre 2012, par Dr Stéphane Guez

La saison du premier trimestre de la grossesse est prédictive de la sensibilisation aux allergènes alimentaires de l’enfance : résultats d’une étude de cohorte en Finlande. : Pyrhönen K, Läärä E, Hiltunen L, Kaila M, Hugg T, Näyhä S.


South Karelian Institute, Lappeenranta University of Technology, PO Box 20, FIN-53851 Lappeenranta, Finland.

dans J Epidemiol Community Health. 2012 Jan ;66(1):49-56

- Introduction :

  • L’objectif de ce travail a été de savoir si la saison, lors de la naissance ou lors du début de la gestation, est associée à une sensibilisation aux allergènes alimentaires chez l’enfant, en portant une attention particulière à l’exposition de la mère aux pollens au printemps.

- Matériel et Méthode :

  • A partir des données d’une étude de cohorte de population, les auteurs ont étudié les corrélations entre un questionnaire de suivi et des tests allergologiques pratiqués sur une population cible, avec le comptage pollinique régional.
  • La population est constituée d’enfants nés entre 2001 et 2006 et qui résident dans la province de Carélie du Sud en Finlande, durant le temps de l’étude (n = 5920).
  • Le critère principal de mesure est un résultat positif vis à vis d’un allergène alimentaire, test cutané ou test d’IgEs.

- Résultats :

  • L’incidence cumulée d’un test allergologique alimentaire positif à l’âge de 4 ans est :
    • plus élevé chez les enfants nés entre octobre et novembre (10%),
    • et plus bas chez les enfants nés entre juin et juillet (5%)
      • avec la plus forte corrélation pour les enfants qui ont eu leur 11ème semaine de gestation en avril – mai (11%), la saison des plus fortes concentrations en pollens de bouleau et d’aulne,
      • et la plus faible pour ceux qui ont eu cette 11ème semaine en décembre – janvier (6%).
  • L’amplitude de la variation saisonnière pour tous les tests, estimée comme le rapport relatif entre le pic et le creux de la courbe d’incidence lissé sur l’année, était de 2,03 (IC 95% : 1,52 à 2,76).
  • Les amplitudes des IgE positives ont été particulièrement prononcées :
    • pour le lait (3,07, IC 95% : 1,81 à 5,50)
    • et l’œuf (3,03, IC 95% :1,86 à 5,18).

- Conclusion :

  • Les enfants qui ont eu leur première période de gestation durant la saison pollinique des arbres à feuilles caduques sont plus sujets à la sensibilisation aux allergènes alimentaires que les autres enfants.

Dans ce travail épidémiologique, réalisé en Finlande sur une large population d’enfants, les auteurs démontrent qu’il existe une corrélation entre la saison (pollens de bouleau et d’aulne) lors de la 11ème semaine de gestation et la positivité d’un test à un allergène alimentaire à l’âge de 4 ans, en particulier pour le lait et l’œuf.

Bon, et bien prenons acte de ces résultats en sachant que l’application sur un plan pratique ne coule pas de source, d’autant que le fait éventuellement de programmer avec précision une grossesse ne signifierait pas malheureusement que l’enfant n’aura pas une allergie alimentaire.

Il est intéressant par contre de noter que l’exposition de la mère à certains pollens durant la grossesse peut avoir effectivement une répercussion sur le système immunitaire du futur enfant, même si la compréhension de ce lien n’est pas évidente puisqu’il n’y a pas d’allergie croisée entre les pollens d’arbres et les allergènes de l’oeuf ou du lait.

Les résultats de cette étude ne doivent donc pas culpabiliser les mères, d’autant qu’il est très difficile d’extrapoler des données provenant d’une population particulière soumise à un environnement également très spécifique.