L’immunothérapie spécifique : toujours plus sure, plus efficace !

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L’immunothérapie spécifique : toujours plus sure, plus efficace !

L’immunothérapie spécifique : toujours plus sure, plus efficace !

mercredi 10 octobre 2012, par Dr Céline Palussière

Vaccins hypoallergéniques combinant Der p 1 et Der p 2 pour l’immunothérapie dans l’allergie aux acariens domestiques. : Kuan-Wei Chen, Katharina Blatt, Wayne R. Thomas, Ines Swoboda, Peter Valent, Rudolf Valenta, Susanne Vrtala

dans The Journal of Allergy and Clinical Immunology - August 2012 (Vol. 130, Issue 2, Pages 435-443.e4, DOI : 10.1016/j.jaci.2012.05.035)

- Contexte :

  • Plus de 50% des patients allergiques ont une allergie aux acariens domestiques.
  • Les allergènes des groupes 1 et 2 sont les allergènes majeurs des acariens.

- Objectif :

  • Nous avons cherché à concevoir et à réaliser une caractérisation pré-clinique d’un vaccin recombinant hypoallergénique pour l’immunothérapie spécifique aux acariens domestiques.

- Méthodes :

  • Le travail portait sur des gènes de synthèse codant pour deux protéines hybrides, consistant en des fragments réassemblés de Der p 1 et Der p 2, avec [rDer p 2/1C] ou sans [rDer p 2/1S] cystéine.
  • Ces gènes ont été exprimés dans Escherichia coli et purifiés jusqu’à l’homogénéité par chromatographie d’affinité.
  • Le repliement de la protéine était déterminé grâce à une analyse de dichroïsme circulaire, et l’activité allergénique était déterminée par test d’IgE réactivité, et par tests d’activation des basophiles.
  • La présence d’épitopes T était déterminée par test de lymphoprolifération chez des patients allergiques.
  • Des souris et des lapins ont été immunisés, afin d’étudier la capacité des molécules à induire une réponse allergique, et de voir si elles induisent une réponse IgG spécifique de l’allergène capable d’inhiber la liaison IgE aux allergènes chez les patients.

- Résultats :

  • rDer p 2/1C et rDer p 2/1S ont été exprimés en grande quantité dans E.coli en tant que protéines solubles et repliées.
  • En raison d’un manque de ponts disulfures, rDer p 2/1S n’a pas formé d’aggrégats et était plutôt obtenue sous forme de protéine monomérique, alors que rDer p 2/1C a formé des aggrégats.
  • Ces deux protéines hypoallergéniques manquaient d’IgE réactivité.
  • Elles ont eu une capacité réduite à induire l’inflammation et la réponse allergiques, mais elles ont induit une prolifération des cellules T similaire à celle des allergènes naturels.
  • L’immunisation avec les protéines hypoallergéniques (rDer p 2/1S > rDer p 2/1C) a induit la production d’anticorps IgG chez les lapins, qui inhibaient l’IgE réactivité des patients qui souffraient d’allergie aux acariens reposant sur Der p 1 et Der p 2.

- Conclusion :

  • La caractérisation préclinique montre que rDer p 2/1S particulièrement peut être utilisée comme une molécule hypoallergénique sure pour la tolérance et l’immunothérapie spécifique, dans le traitement de l’allergie aux acariens.

De fait, de nombreuses études sont publiées ces temps-ci au sujet de l’immunothérapie, preuve que la recherche scientifique avance dans ce domaine, s’appuyant sur les avancées de la biologie et du génie génétique.

Cet article se penche sur les perspectives d’avenir des traitements spécifiques, afin d’améliorer la sécurité et l’efficacité de l’immunothérapie vis à vis des acariens.

Les techniques de recombinaisons sont désormais largement utilisées dans le domaine du diagnostic. Elles trouvent aussi des débouchés dans la mise au point de traitements pour les allergies.

Il s’agit ici de la fabrication de protéines hybrides, obtenues à partir de gènes des allergènes majeurs Der p 1 et Der p 2 associés ou non avec des cystines. L’expression des protéines se fait dans les bactéries E.coli. La caractérisation au niveau moléculaire et immunologique est décrite.

Ces protéines recombinantes permettent la prolifération de lymphocytes T spécifiques, sans induire de réponse inflammatoire ou de réponse IgE spécifique. Elles permettent aussi la production d’IgG spécifiques, ce qui est en faveur d’une acquisition de tolérance.

Ce profil de réactivité diminue donc le risque de réaction secondaire grave lors du traitement par immunothérapie, tout en autorisant la réponse protectrice.
On rappellera toutefois que la voie sublinguale conserve un excellent profil de tolérance par rapport à la voie sous-cutanée.

Les études n’en sont encore qu’au stade pré-clinique, et seuls les lapins et les souris ont encore eu droit au traitement. Ces vaccins ne figureront donc pas demain sur nos ordonnanciers, mais cela avance !