Votre enfant réclame un chien ? Cédez, c’est bon pour la prévention de l’allergie à l’œuf !

jeudi 22 novembre 2012 par Dr Céline Palussière794 visites

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Votre enfant réclame un chien ? Cédez, c’est bon pour la prévention de l’allergie à l’œuf !

Votre enfant réclame un chien ? Cédez, c’est bon pour la prévention de l’allergie à l’œuf !

jeudi 22 novembre 2012, par Dr Céline Palussière

Facteurs de risque environnementaux et démographiques pour l’allergie à l’oeuf dans une étude de cohorte chez l’enfant. : Koplin JJ, Dharmage SC, Ponsonby A-L, Tang MLK, Lowe AJ, Gurrin LC, Osborne NJ, Martin PE, Robinson MN, Wake M, Hill DJ, Allen KJ, for the HealthNuts

Investigators. Environmental and demographic risk factors for egg allergy in a population-based study of infants.

dans Allergy 2012 ; 67 : 1415–1422.

- Contexte :

  • Alors que l’allergie à l’oeuf est l’allergie alimentaire la plus répandue chez les nourrissons et les jeunes enfants, les facteurs de risque pour l’allergie à l’oeuf restent globalement inconnus.
  • Cette étude examine les relations entre les facteurs démographiques et environnementaux et l’allergie à l’oeuf dans une cohorte de naissance.

- Méthodes :

  • Dans une étude portant sur 5276 nourissons (HealthNuts), les sujets ont subi des tests cutanés (SPT) avec du blanc d’oeuf à l’âge de 12 mois.
  • Les données issues d’un questionnaire portant sur les expositions les plus pertinentes étaient recueillies.
  • 699/873 (80%) des nourrissons éligibles à un test de provocation par voie orale (papules positives au cours du SPT) ont bénéificé d’une preuve formelle de leur statut d’allergique à l’oeuf ; 453 avaient une allergie confirmée à l’oeuf (TPO positif et SPT > 2 mm).
  • Les associations avec l’environnement et les facteurs démographiques et l’allergie à l’oeuf étaient analysées grace une analyse de regression logistique multivariable.

- Résultats :

  • Les enfants ayant une fratrie plus âgée et ceux ayant un animal domestique à la maison avaient un risque moindre de développer une allergie à l’oeuf à l’âge de 1 an ( OR ajusté [aOR], 0.72 ; IC 95%, 0.62-0.83 pour la fratrie et aOR, 0.72 IC95%, 0.52-0.99, respectivement).
  • La naissance par césarienne, l’usage d’antibiotiques au cours de l’enfance, le mode de garde de l’enfant et l’âge maternel n’étaient pas associés avec l’allergie à l’oeuf.
  • Une histoire familiale de maladie allergique chez un membre proche de la famille, et avoir des parents nés en Asie de l’Est constituaient de forts facteurs de risque pour l’allergie à l’oeuf infantile (aOR, 1.82, IC95%, 1.40-2.36 ; et aOR, 3.30 ; IC95% , 2.45, 4.45, respectivement).

- Conclusions :

  • Le contact dans les premières années de vie à une fratrie plus âgée et aux chiens pourraient limiter le risque de survenue d’une allergie à l’oeuf.
  • Les nourrissons ayant une histoire familiale d’allergie et ceux dont les parents sont nés en Asie de l’Est ont un risque augmenté d’allergie à l’oeuf.

Voilà une étude qui commençait bien : un large échantillon de nourrissons (plus de 5000 initialement !), une étude de cohorte, une méthodologie rigoureuse...
Pour en revenir aux éternelles conclusions, d’ailleurs peu concluantes, sur les facteurs de risque de l’atopie.

Ces nourrissons ont été évalués par questionnaire, prick-tests puis TPO à l’œuf pour confirmer une allergie à l’œuf. Au total l’allergie à l’œuf était diagnostiquée chez plus de 450 enfants à l’âge de 1 an. Saluons la rigueur du diagnostic, confirmé par TPO, alors que les tests cutanés faussement positifs sont fréquents en matière d’allergie à l’œuf sans pertinence clinique.

Un questionnaire (visiblement assez pauvre en items) permettait de mettre en évidence les facteurs de risque liés à l’environnement du nourrisson dans la survenue de l’allergie à l’œuf.

Des paramètres aussi disparates que l’origine ethnique des parents, l’âge de la mère, la composition de la fratrie, mais aussi la présence d’animal domestique ou le mode de garde étaient recensés.

Quels sont vraiment les rapports avec l’allergie à l’œuf ? Cette étude nous laisse sur notre faim : tout au plus sont énumérés les facteurs étant associés à une prévalence accrue d’allergie à l’œuf chez ces enfants : une origine asiatique des parents (étrange, dans cette étude australienne...), des antécédents familiaux d’allergie.

La présence de chien et de grands frères ou sœurs apparaissent protecteurs. Leur point commun, outre leur caractère parfois envahissant ? L’hypothèse hygiéniste ? Les divers microbes ramenés à la maison par les uns et les autres ?

Cette étude ne délivre aucune piste. L’allergie à l’œuf, comme marqueur du terrain atopique de nombreux enfants : cette étude épidémiologique ne nous présente pas de logique dans les déterminants de sa survenue.