Le comble de l’allergie

jeudi 29 novembre 2012 par Dr Geneviève DEMONET1168 visites

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Le comble de l’allergie

Le comble de l’allergie

jeudi 29 novembre 2012, par Dr Geneviève DEMONET

Dermatite de contact systémique aux corticostéroïdes : Baeck M, Goossens A.
Source

Department of Dermatology, Cliniques Universitaires Saint-Luc, Université Catholique de Louvain, Brussels, Belgium.

dans Allergy. 2012 Dec ;67(12):1580-5. doi : 10.1111/all.12041. Epub 2012 Oct 4.

- Contexte :

  • Quoique inattendue et paradoxale, l’hypersensibilité aux corticostéroïdes est communément trouvée, les réactions retardées étant beaucoup plus fréquentes que les réactions immédiates.
  • Même si la peau est la principale voie de sensibilisation et de déclenchement, d’autres voies sont possibles dont la voie systémique qui peut être exceptionnellement être en cause.

- Objectifs :

  • Déterminer la fréquence, la présentation clinique et les types de réactivité croisée des réactions allergiques suivant l’administration systémique de corticostéroïdes parmi les patients ayant une « allergie de contact » identifiée et explorée aux corticostéroïdes.

- Méthodes :

  • Nous avons examiné les données cliniques, les résultats des patch-tests et les sources de sensibilisation chez les patients ayant eu des tests positifs aux corticostéroïdes dans le Centre KU de Dermatologie de Louvain sur une période de 18 ans.

- Résultats :

  • Seize personnes (sur 315 hypersensibilités retardées aux CS) ont présenté des manifestations allergiques dues à l’administration de corticostéroïdes.
  • La plupart des patients ont réagi à des molécules des trois groupes de la classification récemment réévaluée.

- Conclusion :

  • Les réactions observées semblent être dans la plupart des cas une « dermatite de contact systémique » due à une réexposition orale ou parentérale chez un individu sensibilisé au corticostéroïde utilisé précédemment en application topique.
  • De plus, la plupart des patients semble être capable de réagir à toute molécule de corticostéroïdes ce qui nécessite de ce fait une évaluation systématique individualisée de leur profil de sensibilisation/tolérance.

Une primo-sensibilisation aux corticostéroïdes systémique est exceptionnelle, la plupart des réactions surviennent chez des personnes précédemment sensibilisées par l’application d’un corticoïde topique.

Un travail mené en Belgique permet de se faire une idée plus précise des dermatites de contact systémiques aux corticoïdes.

Les données obtenues pendant 18 ans d’exploration allergologique dans le service de dermatologie de l’hôpital de Louvain ont été examinées pour identifier les patients allergiques à un topique corticoïde et ayant développé une réaction lors de l’administration d’un corticoïde systémique.

Sur les 315 personnes ayant eu un patch-test positif pour au moins une molécule de corticoïde, 45 (soit 14%) avaient été exposées précédemment à des corticoïdes systémiques du groupe pour lequel un test était positif.

Cependant seulement 16 patients sur les 315 (soit 5%) ont présenté une réaction cutanée à la suite de l’administration systémique (orale, injection intraveineuse ou intra-articulaire) d’un corticoïde. Parmi eux, 14 avaient précédemment été exposés au même corticoïde (ou à une molécule appartenant au même groupe) par voie locale.

L’éruption généralisée est survenue quelques heures ou quelques jours après la prise de la première dose de corticoïdes (eczéma ou rash maculo-papuleux). Chez 3 patients, une réactivation des lésions sur les zones cutanées précédemment atteintes a été notée.

La réactivité croisée entre les corticostéroïdes systémiques est moins bien connue que celle observée entre les molécules topiques.
Les résultats de ce travail confirment l’utilité de la classification des corticoïdes récemment « revisitée ».

La plupart des patients ont réagi à des molécules des trois groupes de la classification récemment réévaluée.

Les molécules du groupe 1 (telles que la méthylprednisolone) étaient les plus souvent en cause mais aussi les plus souvent utilisées.

Une réaction à toute molécule de corticostéroïde étant possible chez ces patients, une étude individualisée est indispensable pour déterminer le profil de sensibilisation et de tolérance.