Allergie à l’ovomucoïde : une nouvelle technique pour l’œuf qui brouille !!

vendredi 25 janvier 2013 par Dr Stéphane Guez1912 visites

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Allergie à l’ovomucoïde : une nouvelle technique pour l’œuf qui brouille !!

Allergie à l’ovomucoïde : une nouvelle technique pour l’œuf qui brouille !!

vendredi 25 janvier 2013, par Dr Stéphane Guez

Cartographie des épitopes séquentiels des IgE et IgG4 de l’ovomucoïde avec la technique de micro-réseau peptidique (Peptide Microarray Immunoassay). : Martínez-Botas J. · Cerecedo I. · Zamora J. · Vlaicu C. · Dieguez M.C. · Gómez-Coronado D. · de Dios V. · Terrados S. · de la Hoz B.

Mapping of the IgE and IgG4 Sequential Epitopes of Ovomucoid with a Peptide Microarray Immunoassay

dans Int Arch Allergy Immunol 2013 ;161:11–20 (DOI : 10.1159/000343040)

- Introduction :

  • L’ovomucoïde (Gal d 1) a été identifié comme l’allergène le plus important dans l‘allergie IgE médiée à l’œuf.
  • L’analyse par « micro réseau » peptidique (Peptide Microarray, PMA) est une nouvelle méthode qui peut donner des informations utiles sur la nature des allergènes spécifiques.

- Matériel et Méthode :

  • Un PMA a été réalisé en utilisant une banque de fragments peptidiques de 15 à 20 acides aminés, qui se chevauchent, et provenant de la séquence primaire de l’ovomucoïde.
  • Les prélèvements sériques de :
    • 50 patients ayant une allergie IgE médiée à l’œuf et réactif à l’ovomucoïde, avec un suivi de plus de 1 an,
    • et les sérums de 10 patients témoins,
  • ont été analysés.
  • Les peptides ont été considérés comme des épitopes majeurs lorsque le poids moyen de Z-score était supérieur à 3 et reconnus par au moins 20% des sérums des patients.
  • Les épitopes spécifiques IgE ont été établis sur la base du score du rapport IgE/IgG4.

- Résultats :

  • Le modèle de reconnaissance des IgE et Ig4 est similaire dans les 2 groupes de fixation de peptides, mais l’intensité du signal est généralement plus grande dans le groupe de 20 AA.
  • 34% des patients ne reconnaissent aucune séquence peptidique et 20% des patients reconnaissent plus de 10 séquences peptidiques.
  • Les auteurs ont identifié 3 épitopes majeurs de fixation des IgE des lymphocytes B des domaines I et II de l’ovomucoïde.
  • L’analyse du rapport IgE/IgG4 montre que les peptides 1 – 2 (AA 4 à 20) et les peptides 29 – 31 (AA 91-104) sont des épitopes spécifiques IgE.

- Conclusions :

  • Par cette technique de PMA chez des patients allergiques à l’œuf, les auteurs ont établis que 34% des patients n’ont aucun épitope linaire reconnu par les IgE.
  • D’autres études sont nécessaires pour déterminer la signification clinique de ces résultats.

Les auteurs ont étudié les sites de fixation des IgE et des IgG4 sur une protéine de l’œuf, l’ovomucoïde par une nouvelle technique.

Ils démontrent que 34% des patients ont des IgEs qui ne reconnaissent aucun épitope alors même qu’ils sont allergiques à l’ovomucoïde.

Ce travail de recherche pose donc plus de questions qu’il n’en résout.

En effet chez 1/3 des patients allergiques à l’œuf et en particulier à l’ovomucoïde il n’a pas été possible de trouver le site de liaison des IgE.

Est-ce un problème de technique ? Est-ce parce qu’il faut faire intervenir la configuration de l’ovomucoïde avec un site de fixation complexe qui disparaît lorsque la molécule est « déroulée » ?

Cela doit de toute façon conduire à une grande prudence des allergologues envers les résultats biologiques qui doivent toujours être interprétés en laissant la part la plus importante de la décision médicale finale à l’interrogatoire et aux tests cutanés.