Allo LTD4 ? Ici Métacholine, tu réponds aussi ?

vendredi 8 février 2013 par Dr Philippe Carré778 visites

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Allo LTD4 ? Ici Métacholine, tu réponds aussi ?

Allo LTD4 ? Ici Métacholine, tu réponds aussi ?

vendredi 8 février 2013, par Dr Philippe Carré

Tests de provocation bronchique au leucotriène D4 et à la métacholine pour l’identification des sous-types de réponse aux leucotriènes. : Weijie Guan, Jinping Zheng, Yi Gao, Caiyu Jiang, Yanqing Xie, Jiaying An, Xinxin Yu, Wenting Liu, Nanshan Zhong

dans The Journal of Allergy and Clinical Immunology - February 2013 (Vol. 131, Issue 2, Pages 332-338.e4, DOI : 10.1016/j.jaci.2012.08.020)

- Contexte :

  • Les tests de provocation bronchique à la fois au leucotriène D4 (LTD4) et à la métacholine sont des mesures de la réactivité des voies aériennes ; cependant, leur corrélation et leur différence restent non explorées.

- Objectif :

  • Comparer les 2 tests et classer les sous-types de réponses aux leucotriènes chez des patients asthmatiques.

- Méthodes :

  • Dans cette étude croisée randomisée, les auteurs ont inclus des sujets sains et des sujets asthmatiques ayant différents niveaux de contrôle de l’asthme
  • Tous les sujets ont eu les 2 tests dans un intervalle de 2 à 14 jours
  • La distribution et la corrélation des doses cumulatives induisant une baisse de 20 % du VEMS, le rapport de puissance du LTD4 par rapport à la métacholine, la valeur diagnostique et les effets secondaires ont été recueillis et analysés
  • Les patients asthmatiques avec une dose cumulative de LTD4 plus basse et un rapport de puissance leucotriène/métacholine plus élevé que les moyennes géométriques étaient considérés comme répondeurs au leucotriène.

- Résultats :

  • 20 patients ayant un asthme non contrôlé, 22 un asthme partiellement contrôlé, 20 un asthme contrôlé et 21 sujets sains ont été inclus
  • Les moyennes géométriques des doses cumulatives de LTD4 et de métacholine (0.272 nmol vs 0.945 µmol) étaient plus basses chez les patients avec un asthme non contrôlé, suivies par ceux ayant un asthme partiellement contrôlé (0.387 nmol vs 1.933 µmol) et ceux ayant un asthme contrôlé (1.484 nmol vs 3.946 µmol)
  • Le rapport de puissance moyen était plus élevé chez ceux ayant un asthme partiellement contrôlé (5000.2), suivis par ceux ayant un asthme non contrôlé (3477.7) et ceux ayant un asthme contrôlé (2702.6)
  • 8 patients asthmatiques répondeurs au leucotriène (29.3 %) avec une dose cumulative de LTD4 de 0.533 nmol ou moins, et un rapport de puissance de 3647 ou plus, ont été identifiés
  • Les effets secondaires, incluant la tachypnée et l’oppression respiratoire, étaient identiques et légers
  • Aucun effet secondaire sérieux n’a été rapporté.

- Conclusions :

  • La valeur diagnostique et la sécurité étaient idéales avec les deux tests
  • La combinaison des doses cumulatives de LTD4 et du rapport de puissance leucotriène/métacholine pourraient être utiles pour identifier les patients asthmatiques répondeurs aux leucotriènes.

Les leucotriènes cystéinés jouent un rôle important dans l’inflammation des voies aériennes en stimulant la sécrétion du mucus, la vasoconstriction, la perméabilité vasculaire et la bronchoconstriction. Les inhibiteurs de leucotriènes (et notamment le montelukast, seul disponible en France) ont une efficacité chez certains patients asthmatiques, et les recommandations GINA les réservent aux asthmes persistants légers à modérés.

Mais leur efficacité clinique varie selon les patients, et on n’a pas de critères permettant de savoir quels sont ceux qui pourraient en bénéficier le plus. Les auteurs ont pensé qu’il était possible d’identifier la réactivité bronchique des patients à l’inhalation du leucotriène LTD4, ce qui permettrait de définir un sous-groupe de répondeurs aux anti-leucotriènes. A cet effet, ils ont comparé la valeur diagnostique d’un test de provocation (TP) au LTD4 par rapport à un TP à la métacholine, chez 82 sujets asthmatiques répartis en 3 groupes d’asthme (contrôlé, partiellement contrôlé et non contrôlé), et chez 21 sujets sains, en définissant comme critères : d’une part la dose cumulative de LTD4 abaissant de 20 % le VEMS, et d’autre part le rapport de puissance LTD4/métacholine (défini comme la dose de provocation cumulative de métacholine divisée par celle du LTD4).

Les moyennes des doses cumulatives de LTD4 et de métacholine étaient plus basses chez les patients avec un asthme non contrôlé, et le rapport de puissance moyen était plus élevé chez ceux ayant un asthme partiellement ou non contrôlé.

Le LTD4, comme la métacholine, entraînait plus de bronchospasme chez les patients avec un asthme mal contrôlé, suggérant aussi le rôle important des leucotriènes dans la physiopathologie de la maladie ; ce résultat seul ne permettait pas d’estimer la sensibilité précise aux leucotriènes, mais couplé au résultat du rapport de puissance LTD4/métacholine, il permettait d’identifier un sous-groupe d’asthmatiques répondeurs aux leucotriènes.

Des essais cliniques randomisés seraient nécessaires pour confirmer si des sous-groupes de patients mieux répondeurs aux anti-leucotriènes pourraient être identifiés, et pour déterminer la faisabilité de ces tests en pratique clinique.