Avec ou sans puces, avoir des animaux à la maison pourrait éviter aux enfants de se gratter ?

lundi 17 juin 2013 par Dr Céline Palussière513 visites

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Avec ou sans puces, avoir des animaux à la maison pourrait éviter aux enfants de se gratter ?

Avec ou sans puces, avoir des animaux à la maison pourrait éviter aux enfants de se gratter ?

lundi 17 juin 2013, par Dr Céline Palussière

Exposition aux animaux domestiques et risque de dermatite atopique dans l’enfance : une méta-analyse des études de cohorte de naissance. : Claudio Pelucchi, Carlotta Galeone, Jean-François Bach, Carlo La Vecchia, Liliane Chatenoud

dans The Journal of Allergy and Clinical Immunology - 28 May 2013 (10.1016/j.jaci.2013.04.009)

- Contexte :

  • Les données sur l’exposition aux animaux domestiques et le risque de dermatite atopique (DA) sont inconstantes.

- Objectifs :

  • Afin de résumer les résultats de l’exposition à différents animaux domestiques sur la DA, nous avons mené une méta-analyse des études épidémiologiques portant sur ce sujet.

- Méthodes :

  • En août 2012, nous avons réalisé une revue systématique de la littérature dans Medline et Embase.
  • Nous avons inclus les études analytiques considérant l’exposition aux chiens, aux chats, aux autres animaux domestiques, ou à tous les animaux au cours de la grossesse, chez le nourrisson et chez l’enfant, avec un diagnostic de DA porté chez le nourrisson ou chez l’enfant.
  • Nous avons calculé le risque relatif et l’intervalle de confiance IC95% grâce à des modèles d’essais randomisés ou non, contrôlés.
  • Nous avons calculé les résultats estimés au sein des différents sous-groupes sélectionnés.

- Résultats :

  • Vingt-six publications issues de 21 études de cohorte de naissance ont été utilisées dans la méta-analyse.
  • Le risque relatif cumulé de DA pour l’exposition versus la non exposition a été de 0.72 ( 95% IC, 0.61-0.85 ; I2 = 46% , résultats basés sur 15 études) pour l’exposition aux chiens, de 0.94 (95% IC, 0.76-1.16 ; I2 = 54% ; résultats basés sur 13 études) pour l’exposition aux chats, et 0.75 (95% IC, 0.67-0.85 ; I2 = 54% ; résultats basés sur 11 études) pour l’exposition aux autres animaux domestiques.
  • Aucune hétérogénéité n’a émergé dans les différents sous-groupes examinés, excepté pour l’aire géographique.

- Conclusion :

  • Cette méta-analyse retrouve un effet favorable de l’exposition aux chiens et aux autres animaux sur le risque de DA des nourrissons ou des enfants, alors qu’aucune association n’était mise en évidence pour l’exposition aux chats.

L’apparition de la pathologie allergique est très étudiée dans son lien avec l’environnement. La dermatite atopique, en raison de l’altération de la fonction de barrière épidermique, semble faire le lit des allergies. Les allergènes passeraient par la peau et ne seraient pas reconnus par le système immunitaire tolérogène.

Dans ce cadre, le lien entre l’exposition des nourrissons et des enfants aux animaux domestiques et la dermatite atopique a été évalué par de nombreuses études, dont cet article fait une somme des résultats.

Il s’agit d’une méta-analyse portant sur une vingtaine d’études prospectives. La fréquence des diagnostics de dermatite atopique était analysée en fonction de l’exposition ou non des enfants aux animaux domestiques : chats, chiens, ou autres.

Les résultats de cette méta-analyse sont différents selon les animaux présents au domicile : la présence de chat n’influence pas de façon significative l’apparition de la dermatite atopique, alors que la présence de chien ou d’autre animal aurait au contraire un effet protecteur.

Bien sur le mécanisme physiopathologique n’est pas envisagé dans cette collecte de résultats statistiques. Est-ce que le chien et les autres animaux de compagnie apportent leur quota de bactéries qui permettent de stimuler efficacement le système lymphocytaire Th1 ? Dans ce cas, serait-ce que le chat est trop propre ?

Ce ne sont que des supputations... Mais cette idée serait finalement assez cohérente avec l’hypothèse hygiéniste.

Il serait intéressant de connaître la suite : est-ce que ces enfants atteints de dermatite atopique (ou non) vont plus tard développer une allergie aux phanères ? L’évolution sera-t-elle différente selon l’animal domestique ?

De nombreuses études se sont déjà penchées sur la question, sans que l’on arrive à dégager une conclusion bien nette qui nous aiderait à donner des conseils concrets à nos patients... Mais voici déjà une première approche : un petit chien ou un petit rat à la maison, voilà qui pourrait éviter à bébé de trop se gratter !