Pour une bonne éviction alimentaire chez les norvégiens il ne faut pas se coucher !

lundi 2 décembre 2013 par Dr Stéphane Guez425 visites

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Pour une bonne éviction alimentaire chez les norvégiens il ne faut pas se coucher !

Pour une bonne éviction alimentaire chez les norvégiens il ne faut pas se coucher !

lundi 2 décembre 2013, par Dr Stéphane Guez

Allergènes alimentaires dans la poussière des matelas des habitats norvégiens : une source potentiellement importante d’exposition allergénique. : Randi J. Bertelsen1,2,*, Christiane K. Fæste3, Berit Granum1, Eliann Egaas3, Stephanie J. London2, Kai-Håkon Carlsen4,5, Karin C. Lødrup Carlsen4,5, Martinus Løvik1

dans Vol. 43 Issue 12
Clinical & Experimental Allergy

- Introduction :

  • La sensibilisation aux allergènes alimentaires et les réactions allergiques alimentaires sont principalement liées à l’ingestion des allergènes, mais elles peuvent également survenir par une exposition via le système respiratoire ou la peau.
  • On connaît peu de chose sur l’exposition aux allergènes alimentaires dans l’environnement familial à la maison.

- Objectif de l’étude :

  • Il a été double :
    • décrire la fréquence de détection des allergènes du poisson, œuf, lait et arachide dans la poussière de matelas recueillie dans l’habitat de 13 adolescents
    • et d’identifier les caractéristiques d’habitation associées à la présence de ces allergènes contaminants la poussière.

- Matériel et Méthode :

  • Les allergènes alimentaires ont été mesurés par dot blot dans le matelas de 143 habitants d’Oslo.
  • Les auteurs ont étudié l’association entre :
    • les caractéristiques de l’habitation (recueillies par un questionnaire auprès des parents et par des techniciens)
    • et les allergènes alimentaires,
  • par une étude statistique multi variée.

- Résultats :

  • Les allergènes suivants sont détectés dans les échantillons de poussières selon la fréquence suivante :
    • poisson : 46%
    • arachide : 41%,
    • lait : 39%,
    • et œuf 22%.
  • Trois échantillons seulement ne contiennent aucun de ces allergènes.
  • Tous ces allergènes alimentaires sont plus souvent détectés dans le matelas des petits logements (<100 m2) par rapport aux plus grands logements (> ou = 130 m2) :
    • 63 – 71% des petits logements (n = 24) ont des allergènes du lait, arachide et poissons dans les échantillons de poussières
    • contre 33 – 44% des appartements plus grands (n = 95).
  • Les allergènes lait, arachide et œufs sont plus souvent détectés dans les habitats avec chambre et cuisine sur le même pallier par rapport à ceux ayant plusieurs niveaux, selon le risque (odd ratio) suivant :
    • 2.5 (IC95% : 1.1 – 5.6) pour le lait,
    • 2.4 (IC95% : 1.0 – 6.1) pour l’arachide
    • et 3.1 (IC95% : 1.3 – 7.5) pour l’œuf.

- Conclusions et applications cliniques :

  • Les allergènes alimentaires sont fréquemment retrouvés dans les lits des habitats norvégiens, avec comme principaux facteurs de risque : la taille des logements et la proximité entre la chambre et la cuisine.
  • Compte tenu du temps important passé dans la chambre, on peut considérer que la poussière des matelas est une importante source d’exposition aux allergènes alimentaires.

Les auteurs démontrent qu’on retrouve de façon significative dans la poussière des matelas des habitats norvégiens des allergènes alimentaires : poisson, œuf, arachide, lait.

La fréquence de ces allergènes est d’autant plus importante que les logements sont petits et que la cuisine et la chambre sont sur le même niveau.

Ce travail en confirme d’autres : les allergènes alimentaires ne sont pas que dans l’assiette et on peut en retrouver dans tout l’habitat. Et particulièrement dans la poussière des matelas des adolescents, qui ont souvent une fâcheuse tendance à manger et grignoter dans leur lit une grande partie de la journée, surtout le WE et en vacances. Ce point est important à connaître car on peut alors expliquer des aggravations cliniques ou des incidents allergiques alors même qu’il ne semble pas y avoir de contact allergique direct avec les allergènes sensibilisants.

Mais inversement, on peut penser, et cela a été également démontré, que cette présence d’allergènes alimentaires dans la poussière peut favoriser l’acquisition de tolérance et donc avoir un rôle de prévention du développement des allergies alimentaires.

Il faut donc confronter le résultat de ce travail, avec une étude élargie à des enfants pour savoir si ces allergènes de la poussière n’ont pas eu aussi un rôle éventuellement protecteur.

On peut se rappeler aussi que lors de l’évolution, les hommes ont toujours habité principalement autour du foyer alimentaire, et que donc la promiscuité avec les allergènes alimentaires omniprésents a toujours existé.

Cette étude ne permet donc pas de préciser le rôle allergique ou non de ces allergènes retrouvés dans la poussière des matelas.