Microbiote intestinale et infections virales.

mardi 25 février 2014 par Dr Alain Thillay782 visites

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Microbiote intestinale et infections virales.

Microbiote intestinale et infections virales.

mardi 25 février 2014, par Dr Alain Thillay

La supplémentation en prébiotique et probiotique prévient les infections à rhinovirus chez des prématurés : étude randomisée, contrôlée, contre placebo. : Raakel Luoto, Olli Ruuskanen, Matti Waris, Marko Kalliomäki, Seppo Salminen, Erika Isolauri

dans The Journal of Allergy and Clinical Immunology - February 2014 (Vol. 133, Issue 2, Pages 405-413, DOI : 10.1016/j.jaci.2013.08.020) :

- Contexte :

  • Des stratégies simples et sûres pour la prévention des infections virales des voies respiratoires sont nécessaires.

- Objectif :

  • Nous émettons l’hypothèse que la supplémentation précoce en prébiotique ou probiotique permettrait de réduire le risque d’infections des voies respiratoires liées aux virus au cours de la première année de vie dans une cohorte de nouveau-nés prématurés.

- Méthodes :

  • Dans cet essai randomisé, en double- aveugle, contrôlé contre placebo, 94 nouveau-nés prématurés (âge gestationnel, ≥ 32 + 0 et ≤ 36 + 6 semaines ; poids de naissance, > 1,500 g ) traités à l’Hôpital Universitaire de Turku, en Finlande, ont été répartis pour recevoir des prébiotiques oraux (mélange de galacto-oligosaccharide et de polydextrose, 1 : 1), un probiotique (Lactobacillus rhamnosus GG, ATCC 53103) ou placebo (cellulose microcristalline) entre 3 et 60 jours de vie.
  • Le critère principal était l’incidence des épisodes d’infections virales des voies respiratoires cliniquement définies, confirmée sur des prélèvements nasaux à l’aide de tests d’acide nucléique.
  • Les critères secondaires étaient la gravité et la durée des épisodes infectieux.

- Résultats :

  • Une incidence significativement plus faible d’infections virales de voies respiratoires a été détectée chez les nourrissons recevant les prébiotiques (RR, 0,24 ; IC 95%, 0,12 à 0,49, P<0,001) le probiotique (RR, 0,50 ; IC 95%, 0,28 à 0,90 ; P=0,022) par rapport à ceux recevant le placebo.
  • En outre, l’incidence des épisodes induits par les rhinovirus, qui représentaient 80 % de tous les épisodes d’infections virales de voies respiratoires, a été jugée significativement plus faible dans le groupe prébiotique (RR, 0,31, IC 95%, 0,14 à 0,66, P=0,003) et dans le groupe probiotiques (RR, 0,49 ; IC 95%, 0,24 à 1,00, P=0,051) par rapport au groupe placebo.
  • Aucune divergence n’est apparue entre les groupes d’étude pour ce qui est de la charge en ARN des rhinovirus au cours des infections, la durée de l’excrétion de l’ARN des rhinovirus, la durée ou la gravité des infections à rhinovirus ou la survenue d’ARN de rhinovirus chez les nourrissons asymptomatiques.

- Conclusions :

  • La modification du microbiote intestinal à l’aide de prébiotiques et de probiotiques spécifiques pourrait offrir un nouvel et peu onéreux moyen pour réduire le risque d’infections à rhinovirus.

De nombreuses études sont publiées à propos du microbiote intestinal dans de nombreux domaines. Ainsi, cette étude finlandaise tente, en modifiant le microbiote de prématurés par des prébiotiques ou des probiotiques, de limiter les infections virales respiratoires.

L’intestin humain contient 100 000 milliards de bactéries de 400 espèces différentes.
Les probiotiques sont des microorganismes qui administrés en quantité adéquate sont sensés être bénéfiques pour l’hôte.

Les probiotiques, ces microbes vivants, peuvent être présents naturellement dans certains aliments et maintenant dans des médicaments et des suppléments alimentaires.

Il existe de nombreuses espèces, les plus utilisées font partie de Lactobacillus et Bifidobacterium, parfois aussi Saccharomyces cerevisiae ou quelques espèces d’E. coli et de Bacillus.

Les prébiotiques sont des substances résistantes aux processus de digestion stimulant de façon sélective la croissance ou l’activité d’un nombre limité de bactéries du microbiote intestinal.

Beaucoup de travaux ont pu suggérer l’intérêt de ces prébiotiques et probiotiques dans de nombreux domaines comme les diarrhées, les maladies cardiovasculaires, les cancers du colon, l’éradication d’Hélicobacter pylori, les maladies allergiques (dermatite atopique, asthme), les maladies inflammatoires intestinales, syndrome de l’intestin instable et aussi l’activation du système immunitaire.

C’est le cas ici puisqu’il s’agissait d’administrer à des prématurés de prébiotiques ou des probiotiques adéquates afin de limiter à l’avenir les infections virales des voies respiratoires.

Cette étude, réunissant 94 enfants nés prématurément, a été réalisée en double-aveugle contre placebo, randomisée et contrôlée.

De façon claire et significative prébiotiques et probiotiques sont efficaces sur la réduction des infections virales respiratoires dans la première année de vie et particulièrement sur les rhinovirus qui représentent à eux seuls 80 % des virus impliqués.

Cette nouvelle étude, à confirmer, attire notre attention sur l’intérêt de pratiquer d’autres recherches concernant le microbiote intestinal et bien sûr dans le domaine qui nous est cher, l’allergologie.