La prédiction de l’efficacité de immunothérapie orale est possible grâce à l’allergologie moléculaire !

lundi 24 mars 2014 par Dr Stéphane Guez340 visites

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La prédiction de l’efficacité de immunothérapie orale est possible grâce à l’allergologie moléculaire !

La prédiction de l’efficacité de immunothérapie orale est possible grâce à l’allergologie moléculaire !

lundi 24 mars 2014, par Dr Stéphane Guez

Modifications du profil de fixation aux épitopes des IgE et IgG4, associées au devenir de l’immunothérapie orale dans l’allergie au lait de vache. : Savilahti EM, Kuitunen M, Valori M, Rantanen V, Bardina L, Gimenez G, Mäkelä MJ, Hautaniemi S, Savilahti E, Sampson HA. Changes in IgE and IgG4 epitope binding profiles associated with the outcome of oral immunotherapy in cow’s milk allergy.

dans Pediatr Allergy Immunol 2014 : 00.

- Introduction :

  • Il a été rapporté que l’immunothérapie orale (OIT) au lait de vache (CM) peut induire un certain nombre de réponses anticorps spécifiques, mais il reste à caractériser cela de façon plus précise.

- Objectif de l’étude :

  • Il a été d’explorer si le profil de fixation aux épitopes des IgE et IgG4 pouvait prédire le risque d’effets indésirables lors d’une OIT.

- Matériel et Méthode :

  • La population étudiée consiste en 32 enfants (de 6 à 17 ans) avec une allergie au CM :
    • 26 enfants ont terminé avec succès une OIT
    • et 6 enfants ont du interrompe ce traitement en raison d’effets indésirables.
  • Les auteurs ont étudié les sérums avant et après l’OIT.
  • Il a été étudié la fixation spécifique des IgE et des IgG4 sur des extraits protéiques en Immunoassay.
  • L’affinité de fixation des anticorps a été analysée par une étude de compétition entre les protéines du CM en solution et les peptides d‘origine peptidique du test immunologique.

- Résultats :

  • La fixation des IgE aux peptides diminue et celle des IgG4 augmente chez les enfants qui ont suivi une OIT avec désensibilisation efficace.
  • Par rapport aux enfants qui ont terminés avec succès leur immunothérapie, ceux qui ont du interrompe en raison d’effets indésirables développent :
    • des IgE spécifiques en plus grande quantité et avec plus d’affinité sur les épitopes protidiques,
    • une diversité plus grande de fixation des IgE et IgG4, mais avec moins de chevauchement de liaison au peptides du CM.

- Conclusion :

  • Une analyse détaillée de la fixation des IgE et des IgG4 aux peptides du lait de vache peut permettre de prédire si l’immunothérapie orale sera bien tolérée avec succès.
  • Cela pourrait donc permettre d’améliorer la sécurité de ce traitement.

Les auteurs ont étudié le profil de fixation des IgE et des IgG4 spécifiques au lait de vache chez des enfants ayant réussis ou non une immunothérapie par voie orale au lait de vache. Ceux qui sont en échec ont un profil de fixation aux peptides dérivés des protéines de lait de vache différent de ceux qui sont guéris.

Ce travail est une nouvelle approche du mécanisme de l’immunothérapie orale afin d’identifier un marqueur d’efficacité d’une part et de prédiction d’une mauvaise tolérance conduisant à un échec du traitement d’autre part. Il s’agit donc d’un programme ambitieux mais qui, s’il aboutit, sera d’une grande utilité pour les allergologues.

Les auteurs n’ont pas pris en compte les valeurs des taux sériques des IgE et IgG4 mais le profil de fixation à une série de peptides dérivants des diverses protéines du lait de vache. Ils ont étudié l’affinité de fixation ainsi que le profil de cette fixation à des mêmes protéines. Les résultats sont exprimés selon des schémas fait de courbes de fixation aux peptides des micro-assay, en fonction de l’évolution (avant et après OIT) et en comparant le profil de fixation des IgE et des IgG4. La lecture est très compliquée, car il n’y a par exemple pas de seuil. L’analyse s’attache à la forme des courbes traduisant la diversité de fixation des IgE et IgG4 aux divers épitopes des protéines du lait de vache. Difficile donc de se servir de ces résultats en pratique d’autant qu’il n’y a pas actuellement la disponibilité en routine des divers épitopes étudiés.

Mais, ce travail confirme que c’est l’allergologie moléculaire qui va permettre des avancées décisives dans ce domaine. Il n’est plus possible actuellement de raisonner sur un système IgE-source allergénique. Il faut maintenant étudier le profil de fixation à l’ensemble des épitopes allergéniques d’une source, ce qui va permettre du distinguer des patients qui semblaient auparavant identiques sur le plan allergique. Ce travail confirme qu’il y a bien un profil qui va conduire au succès de l’immunothérapie et au contraire un profil qui va signer son échec.

Reste maintenant à trouver comment exprimer ces différents profils d’une façon simple pour permettre effectivement une utilisation en pratique quotidienne.