Prévenir les allergies de l’enfant : facile, faut qu’il mange comme un homme avant 1 an.

mercredi 23 avril 2014 par Dr Stéphane Guez516 visites

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Prévenir les allergies de l’enfant : facile, faut qu’il mange comme un homme avant 1 an.

Prévenir les allergies de l’enfant : facile, faut qu’il mange comme un homme avant 1 an.

mercredi 23 avril 2014, par Dr Stéphane Guez

L’augmentation de la diversité alimentaire dans la première année de vie est inversement associée aux maladies allergiques. : Caroline Roduit, Remo Frei, Martin Depner, Bianca Schaub, Georg Loss, Jon Genuneit, Petra Pfefferle, Anne Hyvärinen, Anne M. Karvonen, Josef Riedler, Jean-Charles Dalphin, Juha Pekkanen, Erika von Mutius, Charlotte Braun-Fahrländer, Roger Lauener, PASTURE study group

dans The Journal of Allergy and Clinical Immunology - April 2014 (Vol. 133, Issue 4, Pages 1056-1064.e7, DOI : 10.1016/j.jaci.2013.12.1044

- Introduction :

  • Le rôle du régime alimentaire dans le développement des allergies est un sujet qui fait débat, surtout dans l’association potentielle entre les pratiques alimentaires chez l’enfant et les maladies allergiques.
  • Précédemment les auteurs ont rapportés qu’une augmentation de la diversité alimentaire durant la première année de vie réduisait le risque de dermatite atopique.

- Objectif de l’étude :

  • Dans ce travail, les auteurs ont étudiés l’association entre l’introduction d’aliments durant la première année de vie et le développement de l’asthme, de la rhinite allergique, d’allergies alimentaires ou d’une sensibilisation atopique, en prenant des précautions pour prendre en compte une association inverse.
  • Les auteurs ont également analysés l’association entre la diversité alimentaire et l’expression génique des marqueurs des cellules T et du transcrit génomique Cε qui reflète le Switch isotypique des anticorps vers les IgE, mesurés à l’âge de 6 ans.

- Matériel et Méthode :

  • 850 enfants qui participent à une étude de suivi de cohorte depuis la naissance ont été inclus.
  • Les pratiques alimentaires ont été rapportées par les parents à l’aide de cahiers d’observation quotidiens chaque mois durant la première année de vie.
  • Les données sur l’environnement, les maladies allergiques ont été recueillies par des questionnaires depuis la naissance jusqu’à l’âge de 6 ans.

- Résultats :

  • Une augmentation de la diversité alimentaire des aliments introduits durant la première année de vie est associée de façon inverse à l’asthme selon un effet dose réponse (le ODD ratio ajusté pour chaque aliment rajouté est de 0.74 (IC95% : 0.61 – 0.89).
  • Un effet similaire a été observé pour les allergies alimentaires et la sensibilisation alimentaire.
  • De plus, une augmentation de la diversité alimentaire est associée de façon significative à l’expression des gènes qui codent les protéines FOX 3 et à la diminution de l’expression du transcrit Cε.

- Conclusion :

  • Une augmentation de la diversité alimentaire durant la première année de vie pourrait avoir un effet protecteur sur l’asthme, l’allergie alimentaire et la sensibilisation alimentaire, et est associée à une augmentation des marqueurs de régulation des lymphocytes T.

Par le suivi d’enfants de la naissance jusqu’à l’âge de 6 ans, les auteurs démontrent que la diversité alimentaire durant la première année de vie est un facteur de protection contre les maladies allergiques.

Une étude biologique confirme que cet effet protecteur est secondaire à une modification favorable de la régulation des LT.

Donc pendant de nombreuses années les allergologues se sont trompés puisque pendant longtemps il a été recommandé de retarder le plus possible la diversification alimentaire.

Ce renversement est secondaire à un changement de paradigme. Maintenant la conception de l’allergie n’est plus la réaction du système contre des molécules allergisantes mais plutôt un défaut d’acquisition de tolérance vis-à-vis de substances immunogènes naturellement présentes dans l’environnement.

Retarder la diversification ne permet pas l’acquisition de cette tolérance qui se traduit par une régulation des LT vers la production d‘anticorps non IgE.

Donc « vive la diversification alimentaire précoce ». Jusqu’à nouvel ordre.