Super : avoir une rhinite allergique est une bonne excuse pour ne pas faire de sport.

jeudi 15 mai 2014 par Dr Stéphane Guez1232 visites

Accueil du site > Maladies > Rhinites > Super : avoir une rhinite allergique est une bonne excuse pour ne pas faire (...)

Super : avoir une rhinite allergique est une bonne excuse pour ne pas faire de sport.

Super : avoir une rhinite allergique est une bonne excuse pour ne pas faire de sport.

jeudi 15 mai 2014, par Dr Stéphane Guez

Bronchospasme induit par l’exercice en fonction des différents phénotypes de rhinite sans asthme chez des enfants d’âge scolaire : une étude de 6 centres français. : Denis Caillaud1,*, Kigninlman Horo1, Nour Baiz2,3, Soutrik Banerjee2,3, Denis Charpin4, François Lavaud5, Frédéric de Blay6, Chantal Raherison7 andIsabella Annesi-Maesano2,3

dans Vol. 44 Issue 5
Clinical & Experimental Allergy

- Introduction :

  • Le bronchospasme induit par l’exercice (EIB) est fréquent chez les enfants asthmatiques.
  • Cependant, les avis sont divergents sur les liens entre EIB et rhinite en l’absence d’asthme.

- Objectif de l’étude :

  • Les auteurs ont étudié les relations entre EIB et différents phénotypes de rhinite en fonction du statut par rapport à l’asthme dans une population générale.

- Matériel et Méthode :

  • 7781 enfants d’âge scolaire avec une moyenne d’âge de 10 ans ont eu un test de réactivité bronchique à l’effort et des pré-tests pour évaluer leur sensibilisation allergique.
  • Les parents ont complété un questionnaire standardisé concernant :
    • les symptômes équivalent d’asthme,
    • les épisodes de rhino-conjonctivite dans l’année passée,
    • l’existence d’une pollinose
    • un score de rhinite allergique (SFAR) > ou = à 7 comme marqueur d’une rhinite allergique dans l’année écoulée.
  • L’EIB a été définie comme une chute du DEP de plus de 15% après un exercice.

- Résultats :

  • Sur les 6813 enfants retenus pour l’analyse, 227 (3.33%) ont eu un EIB après un exercice.
  • Le odd ratio entre EIB et les différents phénotypes de rhinite allergique sans asthme sont respectivement de :
    • 1.56 (IC95% : 0.92 – 2.63) pour la pollinose,
    • 1.97 (1.16 – 3.35) si rhino-conjonctivite dans l’année coulée,
    • et 1.84 (1.16 – 2.91) pour un score SFAR > ou = à 7.
  • Les résultats sont inchangés après ajustement sur les biais.
  • De multiples analyses de concordance montrent que, bien que liée à l’asthme, l’EBI forme une entité bien séparée et qu’il n’y a pas de lien significatif avec des antécédents familiaux d’asthme.

- Conclusion :

  • Dans cette grande population d’enfants, différents phénotypes de rhinite atopique sont associés à une EIB, indépendamment d’un asthme.
  • L’EIB, bien que lié à l’asthme semble constituer une entité séparée.

Dans ce travail portant sur un nombre important d’enfants ayant une rhinite allergique, les auteurs démontrent un lien significatif avec un bronchospasme d’effort indépendamment d’un asthme. La fréquence de cette association est différente selon les divers phénotypes de rhinite allergique.

Ce travail confirme donc l’intérêt de rechercher une hyper-réactivité à l’effort chez tous les enfants qui présentent une rhinite sans asthme associé.

Les auteurs soulignent qu’il s’agit d’une entité clinique indépendante de l’asthme : donc à priori elle ne se traite pas comme un asthme. C’est d’ailleurs ce qui manque dans ce travail : il n’y a pas d’information concernant la prise en charge en particulier sur l’amélioration ou non de cette hyperréactivité en fonction du traitement de la rhinite allergique.

Mais ce n’était pas l’objectif de cette étude qui a le mérite de démontrer de façon très claire ce lien entre rhinite allergique et hyperréactivité bronchique.

On peut d’ailleurs s’interroger sur les chiffres avancés d’association entre rhinite et asthme : il y a certainement eu des surestimations en considérant cette réactivité à l’effort comme un asthme.