Allergie aux poissons : l’allergologue se doit d’être aussi un bon poissonnier !!

mercredi 22 octobre 2014 par Dr Stéphane Guez1754 visites

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Allergie aux poissons : l’allergologue se doit d’être aussi un bon poissonnier !!

Allergie aux poissons : l’allergologue se doit d’être aussi un bon poissonnier !!

mercredi 22 octobre 2014, par Dr Stéphane Guez

Les IgE spécifiques aux extraits de poissons ne prédisent pas une allergie à des espèces spécifiques dans une population d’adultes allergiques aux poissons. : Karlijn JG Schulkes1, Rob JB Klemans1*, Lidy Knigge1, Marjolein de Bruin-Weller1, Carla AFM Bruijnzeel-Koomen1, Åsa Marknell deWitt2, Jonas Lidholm2 and André C Knulst1

1 Department of Dermatology/Allergology, University Medical Center Utrecht, PO Box 85500, Utrecht 3508, GA the Netherlands

2 Thermo Fisher Scientific, Uppsala, Sweden

dans Clinical and Translational Allergy 2014, 4:27

- Introduction :

  • Le poisson est une cause importante d’allergie alimentaire.
  • Les travaux sur l’allergie aux poissons sont rares, et dans la plupart des cas ces études sont limitées à une évaluation sérologique.
  • L’objectif de ce travail a été d’étudier les différentes formes d’allergie auto rapportée et la tolérance aux différentes espèces habituellement consommées et les corrélations avec la sensibilisation IgE à ces mêmes espèces.

- Matériel et Méthode :

  • 38 adultes allergiques aux poissons ont complété un questionnaire prenant en compte :
    • l’atopie,
    • l’âge de début
    • et les symptômes,
  • vis-à-vis de 13 espèces de poissons communément consommées aux Pays-Bas (silure, morue, hareng, anguille, merlu, lieu noir, tilapia, saumon, sardine, thon, plie, et espadon).
  • Les IgE spécifiques, aux extraits de ces poissons ont été dosées par ImmunoCAP.

- Résultats :

  • L’âge moyen de début de l’allergie aux poissons est de 8.5 ans.
  • Des réactions sévères ont été rapportées par la majorité des patients (n = 20 soit 53% : manifestations respiratoires et parmi ces 20 patients, 6 ont eu également des symptômes cardiovasculaires).
  • Après le diagnostic, 66% de ces patients ont éliminé tous les poissons de leur alimentation.
  • L’allergie à toutes les espèces, parce que le patient a fait des essais, est rapportée par 59% des patients :
    • morue (84%) et hareng (79%) sont les espèces le plus souvent impliquées
    • alors que hareng (57%) et l’espadon (55%) sont les moins fréquentes.
  • Un taux d’IgEs positif (seuil > ou = 0.35 kUA/L) pour les espèces en cause sont rangées entre 50% (espadon) et 100% (hareng).
  • Chez les patients tolérants, une valeur négative d’IgEs (< 0.35) va de 0% (hareng, lieu noir, espadon) 75% (sardine).
  • Pour la morue, l’accord entre les tests IgEs et l’allergie rapportée ou la tolérance est de 82% et 25%, respectivement.
  • La sensibilisation à la parvalbumine de morue (Gad c 1) est présente chez 77% des patients.

- Conclusion :

  • La réactivité croisée sérologique entre les espèces de poissons est fréquente, mais dans une proportion significative de patients, la pertinence clinique semble limitée à seulement certaines espèces.
  • Un interrogatoire bien conduit ou des tests de provocation alimentaire sont nécessaires pour déterminer l’allergie aux différentes espèces de poissons.

Chez des patients allergiques aux poissons, les auteurs ont étudié la réalité d’une allergie à toutes les espèces, et la valeur du taux des IgE spécifiques pour savoir si le patient est réellement allergique à l’espèce impliquée.

La valeur des IgEs n’est pas discriminante et ne remplace pas un TPO.

L’allergie croisée est fréquente.

Les patients de cette étude ont un important terrain atopique pour 55% d’entre eux, avec des antécédents d’asthme, rhinite ou dermatite atopique. Il existe des co-allergies alimentaires : arachide dans 55% des cas, noisette 47% et noix 42%.

La majorité des patients qui éliment tous les poissons de leur régime sont ceux qui ont fait le plus souvent une réaction allergique sévère. Seulement 29% n’éliminent que l’espèce qui avait entraînée la réaction allergique. Seulement 21% des patients ont essayé et peuvent consommer sans risque quelques espèces.

Les IgE spécifiques n’ont pas de corrélation avec la gravité de la réaction allergique, les dosages ne permettent pas de conforter le diagnostic d’allergie vis-à-vis d’une espèce donnée. Il apparaît de nombreuses allergies croisées, et réactivités croisées sans corrélation entre les 2.

Pour l’allergie aux poissons, c’est donc l’examen clinque avec un bon interrogatoire, la pratique des tests cutanés et surtout les TPO qui permettent éventuellement d’élargir le régime des patients en autorisant la consommation de certaines espèces.