Les cacahuètes chimiques c’est bien meilleur !

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Les cacahuètes chimiques c’est bien meilleur !

Les cacahuètes chimiques c’est bien meilleur !

mercredi 14 janvier 2015

La modification chimique de la conglutine de l’arachide réduit l’IgE réactivité mais pas la réactivité des lymphocytes T chez les patients allergiques à l’arachide. : E. van Hoffen, H. P. M. van der Kleij, C. F. den Hartog Jager, W. A. van Doorn, E. F. Knol, D.-J. Opstelten, S. J. Koppelman and A. C. Knulst,

dans Clinical & Experimental Allergy, 2014 (44) 1558–1566.

- Prérequis :

  • L’immunothérapie spécifique de l’allergie à l’arachide est associée à des effets secondaires significatifs.
  • Des allergènes modifiés chimiquement pourraient fournir une alternative plus sûre.

- Objectifs :

  • Cette étude à pour but d’analyser l’immunogénicité et l’allergénicité de la conglutine d’arachide modifiée.

- Méthode :

  • Une conglutine naïve et deux formes modifiées ont été générées (nommées RA et RAGA).
  • Onze lignes de cellules T-spécifiques de la conglutine provenant de patients allergiques ont été analysées concernant leur prolifération et leur production de cytokines.
  • Des sera de 14 patients ont été analysés par immunoblot et ELISA pour la fixation d’IgE/IgG1/IgG4.
  • L’IgE réactivité a été mesurée par test d’activation de basophiles (TAB) direct et indirect, en présence et en absence de plasma de patient ou d’anticorps bloqueurs de CD32.

- Résultats :

  • La prolifération des cellules T à RA était inchangée, la production pour RAGA était réduite en comparaison à la conglutine naïve.
  • Les profils cytokiniques sont restés inchangés.
  • La fixation d’IgE, IgG1 et IgG4 à RA et RAGA était significativement réduite.
  • Dans le TAB direct, la puissance relative de la conglutine modifiée était réduite de 67% et augmentée ou similaire dans 33% des patients.
  • Dans le TAB indirect, RA et RAGA étaient 10 à 100 fois moins puissantes que la conglutine naïve.
  • L’addition de plasma dans le TAB indirect a augmenté la puissance relative de la conglutine modifiée chez les patients avec un haut niveau d’IgG spécifiques anti arachide. Ceci a été médié par le blocage de la réponse à la conglutine naïve probablement par des IgG solubles et non par le CD32.

- Conclusion et pertinence clinique :

  • La modification chimique de la conglutine d’arachide conserve une immunogénicité et réduit l’allergénicité et pourrait donc être une approche prometteuse pour le développement d’un traitement curatif de l’allergie à l’arachide.
  • Dans un sous-groupe de patients pour lesquels la réactivité à la conglutine naïve est déjà partiellement bloquée par des IgG, l’effet de la modification de la conglutine est moins prononcé.

Cette étude d’une équipe néerlandaise partait du principe qu’en utilisant une conglutine (Ara h2, albumine 2S) modifiée chimiquement pour l’utiliser en immunothérapie allergénique chez les patients allergiques à l’arachide permettrait de réduire les effets indésirables de ce traitement.

Chez des patients allergiques à l’arachide, il a été étudié le taux d’IgE, d’IgG1, d’IgG4, la prolifération et l’activité cytokinique des lymphocytes T. Des tests d’activations des basophiles directs et indirects ont également été réalisés avec les sera de ces patients en présence de conglutine naïve ou de deux formes de conglutines modifiées (RA et RAGA).

Il en ressort que la prolifération des cellules T était inchangée ou réduite avec la forme modifiée, les profiles cytokiniques étaient inchangés, les IgE et IgG étaient réduites, l’activation des basophiles était réduite avec les formes modifiées.

Ara h2 est bien connue pour être associée à des réactions sévères chez les allergiques à l’arachide, elle est donc très probablement également responsable des effets adverses de l’immunothérapie allergénique à l’arachide.

Ainsi en utilisant des formes modifiées d’Ara h2, la tolérance d’une immunothérapie allergénique à l’arachide pourrait être plus sûre tout en gardant une efficacité immunogénique.

Cette hypothèse, si elle se révèle applicable in vivo, serait une approche du futur pour l’immunothérapie en général, en plus des vaccins peptidiques. Le problème étant de trouver les meilleures formes modifiées.