Tous les asthmatiques peuvent-ils profiter de SCUBA ?

jeudi 12 mars 2015 par Dr Philippe Carré874 visites

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Tous les asthmatiques peuvent-ils profiter de SCUBA ?

Tous les asthmatiques peuvent-ils profiter de SCUBA ?

jeudi 12 mars 2015, par Dr Philippe Carré

Plongée SCUBA et asthme : recommandations cliniques et sécurité. : Clinical Reviews in Allergy & Immunology

SCUBA Diving and Asthma : Clinical Recommendations and Safety
Christopher A. Coop, Karla E. Adams, Charles N. Webb

L’objectif de cet article est d’évaluer les études à disposition concernant l’asthme et la plongée de type SCUBA (appareils respiratoires autonomes de plongée sous-marine).

Une recherche dans la littérature a été réalisée sur MEDLINE pour identifier les articles à double comité de lecture concernant l’asthme, l’allergie, et la plongée de type SCUBA.

La plongée de type SCUBA est un sport populaire avec plus de 9 millions de plongeurs aux USA.

La plongée SCUBA peut être un sport dangereux. Un bronchospasme peut se développer chez des patients asthmatiques et entraîner une obstruction des voies aériennes. Cette obstruction peut être localisée sur les voies aériennes distales et empêcher l’élimination des gaz. L’expansion incontrôlée des voies aériennes distales peut entraîner un barotraumatisme pulmonaire.

Il y a aussi un risque d’embolie gazeuse.

Les plongeurs asthmatiques peuvent aussi aspirer de l’eau de mer qui peut induire un bronchospasme. La contamination de leur cylindre d’oxygène par des pollens peut exacerber l’asthme atopique chez les patients. La plongée peut être délétère pour la fonction respiratoire des patients asthmatiques. Malgré les risques de la plongée SCUBA, beaucoup d’asthmatiques peuvent faire de la plongée sans effets secondaires graves.

Les évaluations de la plongée chez les patients asthmatiques se sont particulièrement axées sur l’histoire des patients, la spirométrie, les tests allergologiques et les tests de provocation bronchique.

Pour les patients qui veulent faire de la plongée, leur asthme devrait être bien contrôlé, sans symptômes respiratoires évolutifs.

Ils devraient avoir une spirométrie normale.

Quelques sociétés de plongée recommandent que tout patient asthmatique devrait avoir un test de provocation bronchique négatif. Certains recommandent aussi que les sujets ayant un asthme à l’exercice, émotionnel et induit par le froid ne devraient pas faire de plongée, de même que les patients asthmatiques nécessitant des traitements de secours depuis 48 heures.


Cet article est une mise au point sur les recommandations et les mesures de sécurité concernant la plongée sous-marine avec bouteilles autonomes (terme anglo-saxon de SCUBA) chez l’asthmatique. Il provient du département d’allergie de la base américaine de Lackland au Texas, mais n’engage que leurs auteurs.

A partir d’une revue de la littérature sur Medline, après une introduction sur la plongée SCUBA et ses risques généraux, les auteurs abordent différents thèmes : le problème spécifique de cette plongée dans l’asthme, de l’évaluation l’aptitude à la plongée, les recommandations des agences de plongée et la prise en charge des plongeurs asthmatiques en pratique courante.

Les risques de la plongée avec bouteilles chez l’asthmatique sont bien connus : barotraumatisme pulmonaire, embolie gazeuse, bronchospasme induit par l’air sec inhalé ou par la contamination de l’air inspiré des bouteilles (par les acariens ou les pollens), ou par les micro-aspirations d’eau de mer.

La plongée peut également avoir un effet délétère propre sur la fonction respiratoire des sujets asthmatiques, notamment au niveau des petites voies aériennes ; des études ont montré que la plongée est associée au développement d’une HRB précoce chez les sujets atopiques. Il faut noter d’ailleurs que des études ont aussi montré que même chez le sujet normal non asthmatique, des plongées régulières sur plusieurs années peuvent aussi contribuer à une réduction de la fonction respiratoire.

L’évaluation de l’aptitude à la plongée chez les asthmatiques est incluse dans un certain nombre de recommandations émanant de certaines agences sportives (FFESSM en France : Fédération Française d’Etudes et de Sports Sous-Marins) ou de sociétés savantes, dont la plupart s’accordent sur une évaluation associant au minimum l’histoire clinique incluant les prises de médicaments, une exploration fonctionnelle respiratoire avec étude de la réversibilité. Un certain nombre de critères de contre-indication sont édictés.

La plongée sous-marine est un sport qui peut avoir des risques, en particulier pour les sujets ayant des antécédents médicaux, et l’asthme est une des pathologies principales qui nécessite une évaluation scrupuleuse, pouvant aller parfois jusqu’à un test de provocation spécifique ou non.

Il n’en demeure pas moins que les asthmatiques ayant une fonction respiratoire normale et un contrôle optimal de leur maladie devraient pouvoir pratiquer la plongée sous-marine avec bouteilles sans difficulté.