Métacholine ? Mannitol ? Kiff-Kiff ???

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Métacholine ? Mannitol ? Kiff-Kiff ???

Métacholine ? Mannitol ? Kiff-Kiff ???

mardi 7 avril 2015, par Dr Cécilia Nocent

Réactivité des voies aériennes au mannitol 24 heures après un challenge allergénique chez des asthmatiques atopiques : Davis BE, Amakye DO, Cockcroft DW.

Airway responsiveness to mannitol 24 h after allergen challenge in atopic asthmatics.

dans Allergy 2015 ; DOI : 10.1111/all.12601.

- Contexte :

  • La réactivité des voies aériennes à un stimulus indirect est positivement corrélée à l’inflammation des voies aériennes.
  • Chez les asthmatiques atopiques, l’inhalation d’allergènes est associée à un afflux de cellules inflammatoires et augmente la réactivité lors d’un test à la métacholine 3 heures et 24 heures après l’exposition.
  • Il a été montré une diminution de la réactivité au mannitol 3 heures après une inhalation d’allergènes.
  • Le travail actuel s’intéresse à la réactivité au mannitol 24 heures après une exposition allergénique.

- Méthodes :

  • 11 asthmatiques atopiques modérés ont réalisés deux tests séparés de provocation allergéniques.
  • Par tirage au sort, les tests à la métacholine et au mannitol ont été pratiqués 24 heures avant et après la provocation.
  • Les niveaux de fraction exhalée de No étaient également mesurés.

- Résultats :

  • Le test allergénique augmente la réactivité des voies aériennes à la métacholine 24 heures après le challenge. La PC20 diminue de 5.9 mg/ml (1.8-19.4) à 2.2 mg/ml (0.81-5.89), p=0.01.
  • Cela correspond à une augmentation significative de la FeNO (p=0.02).
  • Au contraire, le test allergénique diminue la réactivité des voies aériennes au mannitol ; le ratio dose-réponse moyen est significativement plus élevé après exposition allergénique (57 mg/% de chute de VEMS [27-121] à 147 mg/% de chute de VEMS [57-379], p=0.03) et le niveau de FeNO n’est pas significativement augmenté (p=0.054).

- Conclusion :

  • Les modifications de réactivité des voies aériennes induites par un test allergénique direct ou indirect sont franchement différentes.
  • La perte de réactivité avec le mannitol n’est pas explicable uniquement par une période réfractaire.
  • L’effet d’une exposition allergénique sur la réactivité des voies aériennes à un stimulus indirect requière d’autres investigations.

Cette étude canadienne publiée dans Allergy s’intéresse aux tests de réactivité bronchique après exposition allergénique.

Le test de référence est le test à la métacholine et il a été prouvé qu’une exposition allergénique diminue les valeurs obtenues lors d’un test à la métacholine (PC20) 3 heures et 24 heures après l’exposition.

Les auteurs se sont intéressés à un autre test, le test au mannitol. Ils ont cherché à voir quels résultats donnait ce test 24 heures après une exposition allergénique.

Cette étude porte sur un tout petit échantillon d’asthmatiques atopiques modérés qui ont eu deux tests d’exposition allergénique avec une fois un test à la métacholine, une fois un test au mannitol 24 heures avant et 24 heures après le chalenge allergénique. Les patients avaient une diminution de la PC20 24 heures après le chalenge ; par contre le test au mannitol 24 heures après le chalenge allergénique ne retrouvait pas d’augmentation de la réactivité bronchique. Au contraire, il existait même une diminution de la réactivité bronchique et une absence d’augmentation de la FeNO qui traduit une inflammation éosinophilique au niveau bronchique.

Les auteurs concluent donc que ce test n’est pas performant en l’état et qu’il faut d’autres études.

Cependant on comprend pourquoi les auteurs s’intéressent au mannitol. Ce test ne nécessite aucun appareil compliqué. Le mannitol est vendu comme un médicament ; c’est une poudre qui est administrée grâce à un système d’inhalation simple.

On peut donc se dire que si ce test apportait les mêmes renseignements qu’un test à la métacholine (qui nécessite une préparation centralisée, un appareil dédié…), il détrônerait rapidement la métacholine et ce test pourrait être beaucoup plus facilement généralisé donc utilisé par tous ou presque. On attend donc les prochaines études avec intérêt et actuellement on continue à pratiquer des tests classiques à la métacholine.