Essai randomisé de la réponse asthmatique induite par un allergène chez des fumeurs et des non-fumeurs : effets des corticoïdes inhalés. : A. Cahn,
M. Boyce,
S. Mistry,
N. Musani,
C. Rambaran,
J. Storey,
P. Ventresca,
O. Michel
dans Clinical & Experimental Allergy
Volume 45, Issue 10
October 2015
Pages 1531–1541
– Contexte :
- On pense généralement que les asthmatiques qui fument des cigarettes répondent moins bien aux corticostéroïdes inhalés (CSI) que les asthmatiques qui ne fument pas.
– Objectif :
- Evaluer les effets du tabagisme sur les réponses induites par un allergène sur les voies aériennes, chez des asthmatiques traités par des CSI.
– Méthodes :
- Une étude randomisée, en double-aveugle et cross-over, a évalué la réponse à une prise deux fois par jour de 100 µg de propionate de fluticasone (PF), 500 µg de PF, ou de placebo, sur les réponses asthmatiques induites par un allergène chez des patients asthmatiques atopiques : 18 non-fumeurs et 17 fumeurs (NCT01400906)
- Au 6è jour, une heure après la dose matinale, le VEMS a été mesuré jusqu’à dix heures après le test de provocation
- Le taux de NO exhalé (NOe), les comptes cellulaires des expectorations et l’hyperréactivité bronchique à la métacholine (HRBM) ont été mesurés le jour suivant.
– Résultats :
- La réponse asthmatique tardive (RAT) était supprimée par le PF chez les fumeurs et les non-fumeurs ; avec le placebo, la RAT était aussi atténuée chez les fumeurs par rapport aux non-fumeurs (changement minimal moyen ajusté du VEMS sur 4 à 10 heures [IC à 95%] chez les non-fumeurs : placebo -1.01 [1.31, 0.70] ; 100 µg de PF -0.38 [0.54, 0.22] ; 500µg de PF -0.35 [0.54-0.22] ; et chez les fumeurs : placebo -0.63 [0.84, 0.43] ; 100 µg de PF -0.44 [0.65, 0.23] ; 500 µg de pf -0.46 [0.59-0.32])
- La réponse asthmatique précoce (RAP) était supprimée par le traitement par PF chez les non-fumeurs, mais n’était pas modifiée chez les fumeurs
- La réduction de l’HRBM après PF était plus grande chez les non-fumeurs (le doublement de la dose par rapport au placebo était 1,5 fois plus important après PF à 100 µg et 2 fois après PF à 500 µg) que chez les fumeurs (différence de 1 et 1,3 respectivement)
- Les augmentations du NOe et des éosinophiles dans les expectorations induites par l’allergène étaient plus faibles chez les fumeurs que chez les non-fumeurs, et elles étaient supprimées par le PF dans les deux groupes.
– Conclusion et impact clinique :
- Les RAT allergéniques étaient d’amplitude similaire, à la fois chez les asthmatiques atopiques fumeurs et non fumeurs à la fin du traitement par CSI, mais l’atténuation de la RAT chez les fumeurs était seulement partiellement associée au traitement CSI
- L’atténuation marquée de la RAT observée chez les fumeurs, en l’absence de traitement par des CSI, est un fait nouveau.
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