Les allergologues ont résolu le mystère : c’est l’œuf qui précède la poule !!

vendredi 18 septembre 2015 par Dr Stéphane Guez418 visites

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Les allergologues ont résolu le mystère : c’est l’œuf qui précède la poule !!

Les allergologues ont résolu le mystère : c’est l’œuf qui précède la poule !!

vendredi 18 septembre 2015, par Dr Stéphane Guez

L’élévation des réponses IL5 et IL13 aux protéines d’œuf précède l’introduction de l’œuf dans l’alimentation solide des enfants ayant un eczéma. : Jessica R. Metcalfe,
Nina D’Vaz,
Maria Makrides,
Michael S. Gold,
Patrick Quinn,
Christina E. West,
Richard Loh,
Susan L. Prescott,
Debra J. Palmer

- Introduction :

  • L’allergie à l’œuf est une cause essentielle d’allergie alimentaire chez les jeunes enfants, cependant on sait peu sur les réponses cellulaires T spécifiques de l’allergène qui précèdent l’apparition de l’allergie à l’œuf et si ces réponses sont altérées par une exposition précoce à l’œuf.

- Objectif de l’étude :

  • Il a été d’étudier les réponses cellulaires T précoces aux multiples protéines de l’oeuf par rapport à des modèles d’exposition à l’œuf et le retentissement sur l’allergie à l’œuf IgE médiée.

- Matériel et Méthode :

  • Les réponses cellulaires T spécifiques à l’œuf (IL5, 13, 10, IFN γ et TNF α) à l’ovomucoïde (OM), l’ovalbumine (OVA), la conalbumine (CON) et le lysozyme (LYS) ont été mesurées chez des enfants ayant un eczéma :
    • à l’âge de 4 mois (n = 40), avant randomisation pour recevoir précocement de l’œuf ou un placebo dans une étude randomisée contrôlée Australienne,
    • et à l’âge de 12 mois (n = 58) lorsque l’allergie immédiate IgE à l’oeuf a été évaluée par prick-test et test de provocation alimentaire.

- Résultats :

  • Chez des enfants âgés de 4 mois, qui n’ont pas ingéré d’oeuf de façon directe, ceux qui développent par la suite une allergie à l’œuf ont déjà de façon significative un taux de réponse des cytokines TH2 augmenté vis-à-vis des différentes protéines de l’œuf, avec particulièrement :
    • une élévation de l’IL13 en réponse à l’OVA (p = 0.004), OM (p = 0.012) et LYS (p = 0.003)
    • et une élévation de l’IL5 vis-à-vis des mêmes allergènes (respectivement p = 0.031, 0.04, et 0.003).
  • Les réponses IL13 (OVA et LYS) et les réponses IL5 (à LYS) à 4 mois prédisent significativement l’allergie à l’œuf à 12 mois.
  • Toutes les réponses diminuent significativement avec l’âge chez les enfants allergiques à l’œuf et cela ne semble pas être modifié par l’introduction précoce de l’œuf.

- Conclusion :

  • Une élévation spécifique de l’oeuf des cytokines TH2 est en place avant l’ingestion d’œuf à 4 mois, et n’est pas significativement modifiée par l’introduction de l’oeuf.
  • Les réponses TH2 à 4 mois prédisent l’allergie à l’œuf à 12 mois, suggérant que cela puisse servir de biomarqueur pour sélectionner les enfants devant bénéficier d’une prévention précoce et de stratégies de prise en charge.

Les auteurs démontrent que chez des nourrissons, un profil de réponse des LT de type TH2 vis-à-vis des protéines de l’œuf avant tout contact avec l’œuf, est prédictif d’une allergie à l’œuf à 12 mois.

L’introduction précoce de l’œuf ne modifie pas cette évolution.

Cette étude est très intéressante si elle est bien confirmée, car il y aurait là enfin un test prédictif précoce d’allergie à l’œuf.

Les auteurs ne répondent pas à la question de l’origine précoce de ce profil TH2 vis-à-vis des protéines de l’œuf : mais il faut bien un contact sensibilisant préalable !!

Actuellement les profils des réponses cytokines des LT à différents allergènes semblent très intéressants aussi bien pour le diagnostic allergologique que pour le suivi des traitements, mais ces études restent impossibles en pratique biologique habituelle.

A moins d’un développement rapide d’une informatisation des techniques, il est difficile d’espérer un test « cytokines » dans les prochaines années.