Un docteur au chevet de la maison de l’asthmatique !

samedi 7 décembre 2002 par Dr Stéphane Guez2213 visites

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Un docteur au chevet de la maison de l’asthmatique !

Un docteur au chevet de la maison de l’asthmatique !

samedi 7 décembre 2002, par Dr Stéphane Guez

On sait que l’habitat joue un rôle dans l’augmentation de prévalence des maladies allergiques et actuellement se développe le concept de « pollution intérieure ». Il était donc logique que l’on cherche à évaluer les polluants de cet habitat et que l’on observe si leur élimination peut entraîner une amélioration de l’asthme.

Adaptation ergothérapique de l’habitat en Suède pour des patients asthmatiques. : Frisk M, Blomqvist A, Stridh G, Sjoden PO, Kiviloog J. Department of Respiratory Medicine, Orebro University Hospital, and Department of Public Health and Caring Sciences, Section of Caring Sciences, Uppsala University, Uppsala, Sweden. dans Occup Ther Int 2002 ;9(4):294-311

- Le but de ce travail était d’étudier les modifications de la fonction pulmonaire, des symptômes respiratoires et de la qualité de l’air intérieur après avoir réduit les allergènes et les polluants de l’habitat de patients ayant un asthme (n = 21).

- Une étude quasi expérimentale a ainsi été mise en place.
- Les interventions incluaient l’enlèvement des moquettes (n=14) ou une amélioration des échanges d’air (n=7).
- Les participants avaient une évaluation de leur fonction pulmonaire, des symptômes, des prises médicamenteuses et de l’allergie immédiate avant et après les modifications de l’environnement.
- L’environnement intérieur a été évalué par un conseiller en environnement, en utilisant les méthodes classiques d’analyse physiques, biologiques et chimiques.

-  Résultats  :
* Il a été observé une amélioration de la fonction respiratoire avec une augmentation du VEMS et une réduction de l’obstruction des voies respiratoires (réversibilité par rapport aux valeurs théoriques), montrant une amélioration de l’asthme.
* Par contre la capacité vitale, l ’hyper-réactivité bronchique, le débit de pointe, le score symptomatique et la consommation médicamenteuse n’ont pas été modifiés de façon significative.
* Il a été noté une tendance à la diminution de la quantité des poussières aéroportées. (p = 0.06). L’humidité relative, le CO2, les taux de formaldehyde et d’acariens ont diminué après intervention mais pas de façon significative.
* Les symptômes d’asthme liés à l’environnement intérieur sont donc certainement multifactoriels.

- Conclusion :
* Lorsque des asthmatiques ont une augmentation des symptômes dans leur habitat, une évaluation par un conseiller en environnement peut être effectuée de façon systématique.
* Des échantillons de poussières du lit et des tapis peuvent être analysés et donner des indications sur les risques d’exposition, et une évaluation de l’environnement peut être ainsi faite avant modification de l’habitat.
* Les conseillers en environnement peuvent apporter une contribution intéressante dans l’évaluation de l’environnement intérieur et suggérer des adaptations pour les patients qui sont asthmatiques.


Dans ce travail les auteurs ont étudié les effets sur l’asthme d’une modification de l’environnement intérieur grâce à l’aide de conseiller en environnement, chez 21 asthmatiques suédois.

Cette étude est intéressante malgré le faible effectif des patients pour plusieurs raisons : d’abord elle prouve que la mise en place de conseiller en environnement est possible, et que l’on peut apporter ainsi des modifications dans l’habitat en réalisant une évaluation précise par des méthodes chimiques, biologiques ou physiques.

Par contre les auteurs n’observent pas de diminution vraiment significative de ces polluants. Et il n’y a pas vraiment de modification de la maladie asthmatique en dehors d’une amélioration de certains paramètres respiratoires mais sans traduction clinique.

Il semble donc que la modification du milieu intérieur ne soit pas simple, d’autant que de nombreuses causes doivent s’intriquer pour aggraver la maladie asthmatique.

Il faut malgré tout poursuivre des études de ce type avant de jeter l’éponge car il est quasi certain que ce n’est qu’en modifiant cet environnement intérieur que l’on pourra améliorer réellement certains malades.

Mais encore faut-il reconnaître les polluants en cause (en particulier chimique), et trouver le moyen de les diminuer de façon significative.