Restrictions justifiées.

lundi 11 décembre 2006 par la rédaction

Accueil du site > Editorial > Restrictions justifiées.

Restrictions justifiées.

Restrictions justifiées.

lundi 11 décembre 2006

« XOLAIR est indiqué, en traitement additionnel, pour améliorer le contrôle de l’asthme chez les adultes et les adolescents (à partir de 12 ans) atteints d’asthme allergique persistant sévère, ayant un test cutané positif ou une réactivité in vitro à un pneumallergène perannuel... »

Voici donc un extrait de la fiche de mise sur le marché de l’omalizumab, qui est un médicament aux indications restreintes en cas d’asthme allergique. Son action anti-IgE pourrait très bien nous aider à mieux soulager certains asthmatiques sévères.

Le monde allergologique devrait se réjouir de disposer désormais de cette nouvelle thérapeutique.

Et bien non, la suite de la fiche nous gâche le plaisir : « Prescription initiale et renouvellement réservés aux spécialistes en pneumologie ou en pédiatrie. ». Les allergologues ne pourront donc pas prescrire le Xolair.

Il y a quelques mois déjà, seuls les dermatologues et les pédiatres s’étaient vus autorisés à prescrire un traitement local innovant de l’eczéma atopique : le Protopic. Les allergologues, non.

Finalement, j’ai bien compris la logique de l’histoire.

Si vous autorisez la mise sur le marché de médicaments utiles mais chers et que vous interdisez leur prescription à la catégorie de médecins qui voit le plus les malades concernés, vous êtes sûrs qu’ils ne seront pas beaucoup prescrits. Donc, économie substantielle.

Oublions les « experts » qui ont contribué à cette décision et contribuons, à notre petit niveau, à l’effort louable déployé pour soigner les comptes de la sécu à défaut des malades.

Ainsi, afin d’aider nos autorités de tutelle et ceux qui les conseillent, je leur suggère quelques autres petites restrictions :

* les accouchements ne seront plus pris en charge que s’ils sont effectués par les gériatres,

* les traitements de l’adénome de la prostate ne pourront être prescrits que par les gynécologues,

* l’hormonothérapie de la ménopause ne sera remboursée que si la prescription émane d’un pédiatre...

Avec ces quelques aménagements et d’autres facilement imaginables, nous serons sûrs que les gaspillages seront évités.


Voir en ligne : Dr Hervé Masson

Portfolio