Alerte à la pollution intérieure : gare aux aldéhydes ! ! !

jeudi 26 juin 2003 par Dr Stéphane Guez9006 visites

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Alerte à la pollution intérieure : gare aux aldéhydes ! ! !

Alerte à la pollution intérieure : gare aux aldéhydes ! ! !

jeudi 26 juin 2003, par Dr Stéphane Guez

A coté des allergènes il existe dans l’habitat d’autres composants aériens qui participent à la pollution intérieure, qui dans certain cas est plus importante que la pollution extérieure car le sujet y est soumis de façon très chronique à des taux constants au cours de l’année. Quels sont ces polluants intérieurs ?

Les aldéhydes de l’environnement intérieur : mesures des taux de contaminations et identification des facteurs influençant dans des logements Parisiens. : Clarisse B, Laurent AM, Seta N, Le Moullec Y, El Hasnaoui A, Momas I. Laboratoire d’Hygiene et de Sante Publique, Universite Rene Descartes, Faculte des Sciences Pharmaceutiques et Biologiques, Paris, France dans Environ Res. 2003 Jul ;92(3):245-53.

L’augmentation récente de la prévalence de l’asthme et de l’atopie dans l’enfance a soulevé le problème du rôle des polluants intérieurs et de la qualité de cet air intérieur.

Le rôle contributif des aldéhydes à ce problème et le fait qu’ils sont souvent présents dans l’environnement domestique les rend particulièrement intéressants.

- Objectif de l’étude : Cette étude a porté sur les taux de 7 aldéhydes différents dans des logements parisiens, provenant de différentes sources, et a recherché les facteurs qui influencent leurs taux.

- Méthodologie :
* L’étude a porté sur la pièce principale de 61 appartements sans qu’il n’y ait d’antécédents de plainte pour mauvaise odeur ou de symptômes spécifiques, les 2 tiers de ces appartements ayant été récemment remis à neuf.
* Les échantillons d’aldéhydes ont été prélevés dans ces pièces selon une méthode passive, et un questionnaire sur les sources potentielles de ces aldéhydes à été rempli dans le même temps.
* Une analyse multiple de régression linéaire a été utilisée pour évaluer les facteurs influençant les taux des aldéhydes.

- Résultats :
* Cette étude révèle que le propionaldehyde et le benzaldehyde ont une importance mineure par rapport au formaldehyde, acetaldehyde, pentanal et hexanal.
* Les auteurs trouvent des taux de ces derniers composants qui sont liés à l’âge du recouvrement des sols et des murs (rénovation de moins de 1 an), du tabagisme, et de paramètres ambiants (dioxyde de carbone, température).

- Conclusion : Ces résultats devraient pouvoir aider à l’évaluation de l’émission intérieure des aldehydes.


Dans cette étude les auteurs démontrent qu’il existe des émissions d’aldéhydes en particulier de formaldéhydes dans des appartements parisiens remis à neuf, sans qu’il y ait de mauvaises odeurs. Cette émission est favorisée par le tabagisme, la température, la date de rénovation.

Ce travail est très important car les aldéhydes sont reconnus comme de puissants irritants bronchiques avec un potentiel cancérigène.

En théorie le taux à l’intérieur de l’habitat doit être inférieur à 100 microgramme/m3.

Cependant actuellement, en raison de la provenance des divers matériaux qui composent les pièces des appartements, un certain nombre de structures peuvent émettre des aldéhydes.

La multiplication des composants émetteurs peut entraîner des taux très élevés dans certains habitats. Ces aldéhydes seraient alors un composant majeur de la pollution intérieure.

Les aldéhydes proviennent des bois, surtout agglomérés, des parquets stratifiés, des colles de moquettes, des papiers peints, mais également des vernis, des mousses isolantes, etc.

On conçoit donc que dans certaines pièces, surtout si elles ont un faible volume, ils puissent y avoir des taux élevés de ces produits. C’est ce que démontre cette étude, qui a retrouvé des aldéhydes et surtout du formaldéhyde lors de prélèvements systématiques dans des appartements parisiens.

Il est important de tenir compte de ce polluant. Des organismes de surveillance peuvent dans certains communes effectuer des prélèvements d’air pour évaluer la teneur en aldéhydes, qui explique par exemple des phénomènes irritatifs bronchiques présentés par des patients uniquement lorsqu’ils sont dans certaines maisons.

Il est indéniable que de nombreux articles sur ce sujet vont paraître dans les prochains mois.