Les blattes s’invitent dans la « middle-class ».

mardi 12 août 2003 par Dr Alain Thillay3422 visites

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Les blattes s’invitent dans la « middle-class ».

Les blattes s’invitent dans la « middle-class ».

mardi 12 août 2003, par Dr Alain Thillay

Nos connaissances sont grandes pour les acariens et le risque de sensibilisation à cet allergène. Par contre, pour ce qui concerne la blatte nous manquons d’études vraiment pertinentes. Celle-ci tente de montrer le lien entre degré d’exposition et le risque de sensibilisation chez des enfants asthmatiques.

Sensibilisation et exposition à l’allergène de la blatte chez des enfants asthmatiques de classe moyenne en banlieue. : Elizabeth C. Matsui, MDa Robert A. Wood, MDa Cynthia Rand, PhDb Sukon Kanchanaraksa, PhDc Lee Swartz, MBAa
Jean Curtin-Brosnan, MAa Peyton A. Eggleston, MDa From the Departments of aPediatrics and bMedicine and cthe Bloomberg School of Public Health, Johns Hopkins University, Baltimore dans JACI July 2003 • Volume 112 • Number 1

- CONTEXTE. L’exposition à l’allergène de la batte est fréquente dans l’habitat urbain et est associée à une augmentation du risque de sensibilisation à la blatte.

- OBJECTIF. Nous avons cherché à déterminer la prévalence de l’exposition à l’allergène de la blatte dans l’habitat urbain en banlieue et d’étudier sa relation à la sensibilisation à la blatte.

- METHODES.
* Des enfants asthmatiques, âgés de 6 à 17 ans, ont été recrutés par 3 Pédiatres exerçant dans les comtés entourant la ville de Baltimore et par un praticien de Baltimore intra-muros.
* Les participants ont subi des tests cutanés et complété un questionnaire.
* De plus, leurs domiciles ont été inspectés et ont fait l’objet de prélèvement d’échantillons de poussière afin de rechercher les allergènes.

- RESULTATS.
* Quarante et un pour cent de la population totale étudiée (n=339) ont des taux de Bla g 1supérieur à 1 U/g dans leur cuisine.
* Quarante-neuf pour cent étaient de race blanche, avaient des revenus annuels supérieurs à 50 000 dollars US et 48% des mères avaient un niveau d’étude secondaire.
* Soixante-dix sept pour cent de la population étudiée résidaient en banlieue ou en zone rurale, 30% des cuisines de ces domiciles avaient des taux de Bla g 1 supérieurs à 1 U/g.
* Parmi le sous-groupe banlieue et zone rurale, 21% étaient sensibilisés à la blatte comparés aux 35% du groupe urbain.
* Dans une analyse multivariable, l’exposition à des taux supérieurs de 1 U/g de Bla g 1 dans les cuisines étaient associés à une sensibilisation à la blatte à la fois pour la totalité de la population étudiée et pour le sous-groupe banlieue et zone rurale.

- CONCLUSIONS.
* L’exposition à l’allergène de la blatte semble plus courante chez les enfants asthmatiques, de classe moyenne, vivants en banlieue, que nous le pensions précédemment.
* D’ailleurs, les données suggèrent que l’exposition même à des taux bas de blattes est un facteur de risque de la sensibilisation à la blatte.


La présence d’allergènes d’acariens est quasi ubiquitaire de l’habitat humain. Nombre d’études ont démontré la relation entre le taux de ces allergènes, la sensibilisation et le risque de développer une maladie allergique respiratoire.

La présence de blatte dans une habitation semblait plus liée à de mauvaises conditions d’hygiène et à la présence d’humidité.

Ici, 41% de la population étudiée, de classe moyenne, en milieu urbain, banlieue, zone rurale, ont dans leur cuisine des taux significatifs de l’allergène majeur de la blatte, Bla g 1. Ce qui suggère que près de la moitié des foyers de classe sociale moyenne ont de mauvaises conditions de vie.

Des taux supérieurs à 1U par gramme de poussière de Bla g 1 est associée dans cette population d’enfants asthmatiques à 100% de sujets sensibilisés à la blatte, quel que soit le lieu du domicile.

Il s’agit probablement d’un allergène que nous négligeons encore trop.

Il est vrai que dans nos testings cutanés, lorsque nous avons un test positif à l’extrait de blatte, nous avons peut-être trop tendance à l’inclure dans le cadre de la sensibilisation croisée acariens et blattes.

Dans ce cas, il faudrait donc rechercher les conditions de vie qui favorisent le développement de la blatte dans l’habitat de nos patients afin d’apporter les modifications environnementales.