Allergie de contact au Lyral : il faut l’être au parfum !

dimanche 19 octobre 2003 par Dr Alain Thillay16340 visites

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Allergie de  contact au Lyral : il faut l’être au parfum !

Allergie de contact au Lyral : il faut l’être au parfum !

dimanche 19 octobre 2003, par Dr Alain Thillay

L’allergie de contact aux cosmétiques est un souci constant tant pour les consommateurs, les Allergologues que pour les fabricants. Ici, les auteurs ont cherché à déterminer la concentration minimale de Lyral, un parfum, qui provoque un eczéma de contact chez des patients connus pour être allergiques à ce produit.

Hydroxyisohexyl 3-cyclohexene carboxaldehyde, plus connu sous le nom de Lyral : aspects quantitatifs et évaluation du risque d’un parfum en tant qu’allergène important. : Johansen JD, Frosch PJ, Svedman C, Andersen KE, Bruze M, Pirker C, Menne T.

National Allergy Research Centre, Department of Dermatology, Gentofte Hospital, University of Copenhagen, Gentofte, Denmark, Department of Dermatology, Stadtische Kliniken Dortmund and University of Witten/Herdecke, Dortmund, Germany, Department of Occupational and Environmental Dermatology, University Hospital, Malmo, Sweden, Department of Dermatology, Odense University Hospital, Odense, Denmark.

dans Contact Dermatitis. 2003 Jun ;48(6):310-316

- CONTEXTE.

  • L’hydroxyisehexil 3-cyclohexene carboxaldehyde, ou Lyral , est un parfum identifié comme étant la cause de réactions allergiques de contact chez 2 à 3% des patients subissant des tests épicutanés.
  • Le Lyral a été inclus dans la batterie standard des tests épicutanés de nombreux services du fait de son importance en tant qu’allergène.
  • Il est utilisé jusqu’à maintenant sans restriction dans les produits cosmétiques.

- OBJECTIF. Étudier la dose-réponse de Lyral pour déclencher un eczéma de contact en relation avec les doses retrouvées dans les produits cosmétiques.

- METHODES.

  • Dix-huit patients eczémateux qui avaient eu précédemment des tests épicutanés positifs pour le Lyral , 5% dans la vaseline, étaient inclus avec 7 sujets de contrôle.
  • Tous les patients ont été testés avec une gamme de dilutions de Lyral dans de l’éthanol à 6% à partir de 6 p.p.m et devaient répéter sur 2 semaines des applications en ouvert avec ces petites doses de Lyral .
  • En cas d’absence de réaction, les sujets subissaient à nouveau des applications répétées en ouvert de Lyral à concentration plus élevée durant 2 semaines.
  • Les tests étaient pratiqués au niveau de la face antérieure de l’avant-bras.

- RESULTATS.

  • Dans 16 cas sur 18 (89%), un test positif était constaté, 11 réagissant à une concentration faible et 5 à une forte concentration.
  • Il n’a pas été constaté de réaction au diluant à l’éthanol lors des tests de contrôle pratiqués sur les avant-bras controlatéraux.
  • Les patients de contrôle étaient tous négatifs, tant aux solutions de Lyral qu’au diluant à l’éthanol.
  • La différence entre les deux groupes est significative statistiquement (test de Fischer, P<0,001).
  • Les mêmes concentrations pour entraîner la réaction ont été retrouvées chez presque tous les individus sensibilisés.

- CONCLUSIONS. Une réduction significative des concentrations utilisées est recommandée afin de prévenir les réactions allergiques de contact au Lyral .


A ma connaissance, le Lyral n’est pas utilisé en France. Il est autorisé au Royaume-Uni. Et probablement, l’est-il aussi en Allemagne, Danemark et Suède puisque les auteurs de cette étude sont originaires de ces trois pays européens.

Cette étude est intéressante par son aspect quantitatif et réaliste (test répété en ouvert sur 2 semaines).

Ainsi, le Lyral est sensibilisant même à faible concentration. Il est facile ensuite de déterminer la concentration maximale admissible que les professionnels pourront utiliser pour la fabrication des produits cosmétiques.

Particulièrement pour les constituants de la batterie standard européenne entrant dans la fabrication des cosmétiques, il serait intéressant d’évaluer pour chacun la concentration minimale sensibilisante.

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