Est-il intéressant de traiter le rhume des foins à l’huile d’olive ?

mercredi 19 novembre 2003 par Dr Alain Thillay2576 visites

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Est-il intéressant de traiter le rhume des foins à l’huile d’olive ?

Est-il intéressant de traiter le rhume des foins à l’huile d’olive ?

mercredi 19 novembre 2003, par Dr Alain Thillay

Certaines études s’intéressant au rôle de l’alimentation dans le cancer sont « détournées » pour rechercher si les facteurs nutritionnels sont impliqués dans les manifestations allergiques. Ici, les auteurs ont confronté les apports alimentaires en acides gras et anti-oxydants, au rhume des foins.

Influence de l’apport alimentaire en acides gras et en anti-oxydants sur le rhume des foins de l’adulte. : G. Nagel1, A. Nieters1, N. Becker1, J. Linseisen1,2

1Division of Clinical Epidemiology, German Cancer Research Center, Heidelberg, Germany ; 2Unit of Human Nutrition and Cancer Prevention, Technical University of Munich, Munich, Germany

dans Allergy 58 (12), 1277-1284

- CONTEXTE.
L’objectif de nos investigations était d’explorer dans le cadre d’une étude prospective les associations entre les apports nutritionnels en acides gras et anti-oxydants et les manifestations de rhume des foins chez l’adulte.

- METHODES.
* Trois cent trente quatre cas d’adultes souffrant des signes cliniques de rhume des foins provenant de la cohorte de « European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition (EPIC)-Heidelberg » ont été sélectionnés ; ils étaient identifiés durant le suivi de cette étude et appariés avec 1336 contrôles.
* Les données concernant les apports nutritionnels étaient obtenues au moyen de questionnaires alimentaires validés.
* L’influence des apports en acides gras et anti-oxydants sur le risque de rhume des foins étaient estimée à l’aide d’une régression logistique inconditionnelle.

- RESULTATS.
* Des apports importants en acide oléique étaient positivement associés au rhume des foins [rapport de cote (RC) : 2,86 ; intervalles de confiance de 95 % (IC) : 1,22-6,70], alors que des apports importants en acide eicosapentaenoïque étaient inversement en relation au rhume des foins (RC : 0,45, IC de 95% : 0,22-0,93).
* De plus, un apport élevé en Bêta-carotène augmentait le risque de rhume des foins (RC : 1,69, IC de 95% : 1,09-2,63) tandis que l’augmentation des apports en vitamine E constituait un facteur protecteur (RC : 0,38, IC de 95% : 0,17-0,85).
* Dans l’ensemble de l’étude, les effets du Bêta-carotène et de la vitamine E étaient principalement observés parmi les femmes, les fumeurs et les ex-fumeurs ; dans ces sous-groupes, l’acide linoléique augmentait le risque de rhume des foins.

- CONCLUSIONS.
* En conclusion, ces résultats fournissent peu de preuve en faveur du rôle de l’alimentation en tant que facteur de risque de la manifestation clinique du rhume des foins.
* Cependant, les effets chez les femmes et les fumeurs peuvent suggérer différents mécanismes biologiques concernant l’action des éléments nutritifs qui nécessitent des recherches complémentaires.


Il me semble que cela fait déjà plusieurs études qui tentent de mettre en évidence une relation entre apports nutritionnels en acides gras et anti-oxydants et allergie sans grand succès.

Ici, rien de probant, tout juste peut-on retenir, comme l’indique les auteurs, que les effets antagonistes de la vitamine E et du Bêta-carotène sont plus marqués chez les femmes et chez les fumeurs ou ex-fumeurs.

On peut s’interroger sur les mécanismes biologiques qui expliqueraient ce phénomène.

Plus simplement, je crois honnêtement que les résultats sont trop éparpillés et discordants pour avoir un quelconque intérêt.

Les apports en acides gras et anti-oxydants sont calculés à partir de questionnaires, et si j’ai bien compris, rétrospectifs.

Il faudrait plutôt les établir à partir de la tenue d’un journal alimentaire, même sur une courte période de 15 jours, qui serait plus productive.

L’indication d’une rééquilibration nutritionnelle en acides gras polyinsaturés et monoinsaturés ainsi qu’en anti-oxydants restera les facteurs de risque cardio-vasculaire.