Quand les parents fument, les enfants sifflent...

dimanche 25 avril 2004 par Dr Hervé Couteaux2034 visites

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Quand les parents fument, les enfants sifflent...

Quand les parents fument, les enfants sifflent...

dimanche 25 avril 2004, par Dr Hervé Couteaux

L’histoire naturelle de l’asthme est largement modulée par l’environnement. L’allergie ne résume pas à elle seule ces facteurs environnementaux, au premier rang desquels il faut inscrire la pollution domestique. Le tabagisme passif doit évidemment être pris en compte et évalué, avant d’être combattu...

Les enfants asthmatiques et leurs parents sont-ils d’accord sur le tabagisme passif à domicile ? Implications pour la prise en charge de l’asthme. : Wong GC, Bernaards CA, Berman BA, Jones C, Bernert JT.

Division of Cancer Prevention and Control Research, Jonsson Comprehensive Cancer Center, University of California, A2-125 CHS, Box 956900, Los Angeles, CA 90095-6900, USA

dans Patient Educ Couns. 2004 Apr ;53(1):19-25

Les conséquences néfastes du tabagisme passif ont stimulé les efforts menés pour réduire l’exposition des enfants à la fumée de tabac environnante (FTE), particulièrement à domicile.

Pour les enfants asthmatiques, leur apprendre à éviter la fumée de tabac à la maison est un élément important dans la prise en charge du patient par lui-même.

Cette stratégie suppose que les enfants puissent estimer avec précision les comportements des fumeurs domestiques et le niveau de leur propre exposition à domicile.

Cette étude a comparé les estimations des enfants et des parents concernant des conduites de tabagisme à domicile, en milieu urbain, pour une population à bas revenus, appartenant en grande partie à une minorité ethnique, composée d’enfants asthmatiques et de leurs parents.

Alors qu’il y avait un consensus général parents-enfants sur le statut de fumeur des membres de la maison, la durée du tabagisme et l’exposition des enfants à la fumée ont été plus diversement appréciées.

Des mesures de validation objective (Cotinine, nicotine) suggèrent que les parents ont été plus capables que leurs enfants d’évaluer les heures de tabagisme à l’intérieur.

L’évaluation par les enfants de l’étendue de l’exposition à la FTE peut-être problématique, avec des implications importantes pour ce qui concerne les efforts d’ « auto » prise en charge du patient asthmatique.


En mai 2001, était publié le rapport du groupe de travail tabagisme passif de la D. G. S. présidée par le professeur Bertrand DAUTZENBERG.

En préalable à ses recommandations, le rapport rappelait les principales données scientifiques récentes, ne laissant plus de doute sur les effets de la fumée de tabac sur la santé de l’entourage des fumeurs, qu’il s’agisse d’enfants ou d’adultes.

Chez les enfants, l’exposition passive la fumée du tabac provoque une augmentation du risque :

  • d’infections respiratoires basses de l’enfant ( +72 % si la mère fume)
  • d’otites récidivantes de l’enfant (+ 48 % si les deux parents fument)
  • de crise d’asthme et de râles sibilants chez l’enfant
  • de retard de croissance intra-utérin et petit poids de naissance (même si la mère ne fume pas mais est seulement enfumée par son entourage)
  • de mort subite du nourrisson (risque doublé)

Si les données scientifiques se sont récemment accumulées, il s’agit d’un phénomène récent : ce n’était notamment pas le cas lors de la promulgation de la loi EVIN, où les données étaient encore très fragmentaires.

Depuis cette date, les publications se sont multipliées, dont une des plus importantes a été la « Children health study », étude longitudinale sur dix ans, débutée en 93, et incluant 5700 enfants (Am J Respir Critic Care Med 2001 ; 163 :429-436)

Cette étude démontre que le tabagisme domestique agit comme cofacteur en association avec d’autres agressions, telles les infections respiratoires intercurrentes, pour déclencher des accès de bronchospasme, sans pour autant induire une maladie asthmatique.

Il en est autrement du tabagisme maternel qui, au travers de l’exposition in utero, semble bien être capable d’induire cette maladie.

Si les dangers du tabagisme passif paraissent maintenant mieux précisés, l’étude qui nous intéresse aujourd’hui souligne les difficultés inhérentes à la lutte contre le tabagisme passif et tout d’abord son évaluation au sein de la famille, préalable indispensable...

Sans parler des difficultés inhérentes à tout changement de comportement auxquelles se heurteront les mesures visant à lutter contre le tabagisme passif...