La chute du mur n’a pas permis de briser la glace !

mercredi 21 juillet 2004 par Dr Alain Thillay1620 visites

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La chute du mur n’a pas permis de briser la glace !

La chute du mur n’a pas permis de briser la glace !

mercredi 21 juillet 2004, par Dr Alain Thillay

La théorie hygiéniste s’est beaucoup nourrie des différences du mode de vie entre Allemagne de l’Est et Allemagne de l’Ouest. Qu’en est-il dix ans après la chute du mur de ces différents facteurs explicatifs ? La différence Ouest-Est existe-t-elle toujours ?

Taux et valeurs prédictives des endotoxines d’échantillons de poussière provenant de matelas d’habitats de l’Allemagne de l’Est et de l’Ouest. : Gehring U, Bischof W, Borte M, Herbarth O, Wichmann HE, Heinrich J ; LISA study group.

GSF National Research Center for Environment and Health, Institute of Epidemiology, Neuherberg, Germany

dans Indoor Air. 2004 Aug ;14(4):284-92

- CONTEXTE

  • Des différences de la prévalence de l’asthme et des allergies existent entre l’Est et l’Ouest, ce qui suggère une association au mode de vie.

- OBJECTIFS

  • Déterminer les taux d’endotoxines d’échantillons de poussière de matelas provenant d’habitats de l’Allemagne de l’Ouest et de l’Allemagne de l’Est prélevés environ 10 ans après la réunification.
  • Le but était d’identifier les facteurs pouvant expliquer la différence Est-Ouest.

- METHODES

  • La poussière a été collectée sur 2157 matelas de nourrissons et 2108 matelas de mères vivants à Leipzig (ex Allemagne de l’Est) et à Munich (Allemagne de l’Ouest).
  • Les endotoxines étaient mesurées à l’aide d’un test ayant recours à une technique chromogénique utilisant un lysat d’amoebocyte de Limulus.
  • Les données concernant la literie, le couchage et les caractéristiques de l’habitat, ainsi que celles concernant le comportement des occupants étaient collectées par auto-questionnaire.

- RESULTATS

  • Les taux des endotoxines étaient significativement plus élevés à Leipzig qu’à Munich au niveau des matelas des nourrissons mais pas au niveau des matelas des mères.
  • Mise à part cela, les facteurs prédictifs étaient les mêmes pour les matelas des nourrissons et des mères.
  • La possession d’un animal domestique ou le contact avec des animaux en dehors du domicile étaient les facteurs les plus importants.
  • Les taux d’endotoxines de la poussière de matelas étaient plus élevés en été et augmentaient avec le nombre de personnes vivant au domicile.
  • Le pourcentage global de variabilité des taux d’endotoxines en relation avec ces facteurs était bas.
  • Les taux d’endotoxines étaient associés aux facteurs dépendant du mode de vie ce qui allait dans le sens de la théorie de l’hypothèse hygiénique.
  • Aucun de ces facteurs n’expliquait la différence des endotoxines des matelas des nourrissons entre Leipzig et Munich.

- CONCLUSIONS

  • Les implications pratiques des taux d’endotoxines dans la poussière de matelas sont associées à nombre de facteurs discutés dans la théorie de l’hypothèse hygiéniste ; entre autres, on retiendra la possession d’un animal domestique, le contact avec des animaux domestiques et le nombre de personnes vivant dans l’habitat.
  • Cependant, aucun de ces facteurs ou même la combinaison de plusieurs de ces facteurs n’explique la variabilité des taux d’endotoxines entre les habitats.

Cette étude ne dit rien d’autre qu’effectivement si on retrouve à l’Est et à l’Ouest les mêmes facteurs qui génèreraient des taux élevés d’endotoxines dans la poussière de matelas, ceux-ci n’expliquent pas pourquoi, 10 ans après la chute du mur, les taux d’endotoxines sont plus élevés à l’Est.

En d’autres termes, les mêmes facteurs seraient plus « puissants » à l’Est qu’à l’Ouest, tout en restant en accord avec la théorie hygiéniste.

Cela fait évoquer d’autres facteurs de l’environnement humain qui seront à prendre en considération et peut-être à découvrir.