Pour mesurer les épisodes infectieux, une découverte : le thermomètre !!

mercredi 3 août 2005 par Dr Alain Thillay1435 visites

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Pour mesurer les épisodes infectieux, une découverte : le thermomètre !!

Pour mesurer les épisodes infectieux, une découverte : le thermomètre !!

mercredi 3 août 2005, par Dr Alain Thillay

La théorie hygiéniste suggère que les épisodes infectieux de la petite enfance auraient un rôle protecteur sur l’apparition ultérieure des manifestations de l’atopie dont l’asthme allergique. Les auteurs ici ont fait simple, pour mesurer les épisodes fébriles ils ont eu recours au...thermomètre ! Fallait y penser !

[Moment d’apparition et intensité des épisodes fébriles précoces et développement des allergies et de l’asthme.]

- Contexte

  • Les épisodes fébriles précoces de l’enfance semblent protéger des allergies et de l’asthme d’apparition ultérieure.
  • Que sait-on de l’importance du moment d’apparition de la fièvre et de l’importance du degré d’augmentation de la température ?

- Objectif

  • Nous avons cherché à connaître la relation entre le moment d’apparition et le degré des accès fébriles précoces et les conséquences ultérieures sur l’apparition de l’asthme et des allergies.

- Méthodes

  • Huit cent trente-cinq enfants de la région sud-est du Michigan ont été enrôlés à leur naissance.
  • Les données cliniques des deux premières années de vie concernant les épisodes fébriles ont été prises en compte.
  • A l’âge de 6 ou 7 ans, les enfants subissaient un bilan allergologique.
  • Nous avons examiné les épisodes de fièvre par intervalle de 6 mois dans les deux premières années de vie et les résultats de l’âge de 6 à 7 ans.
  • Les principaux résultats concernaient la sensibilisation allergique, l’asthme, l’asthme allergique et l’asthme non allergique.

- Résultats

  • Dans l’analyse non ajustée chaque épisode fébrile entre 7 et 12 mois d’âge était associé à un risque inférieur de sensibilisation allergique (OR, 0,71 ; IC 95%, 0,54-0,93) et d’asthme allergique (OR, 0,43 ; IC 95%, 0,21-0,90) à l’âge de 6 à 7 ans.
  • De même, chaque augmentation d’un degré Celsius du maximum de la température entre 7 et 12 mois était associé à un risque inférieur de sensibilisation allergique (OR, 0,77 ; IC 95%, 0,61-0,96) et d’asthme allergique (OR, 0,62 ; IC 95%, 0,40-0,94).
  • Après ajustement avec les facteurs potentiels de confusion, chaque épisode fébrile entre 7 et 12 mois était associé à une plus faible probabilité d’asthme allergique (OR ajusté, 0,33 ; IC 95%, 0,11-0,94) à l’âge de 6 à 7 ans.

- Conclusions

  • A la fois, le moment d’apparition et l’intensité des épisodes fébriles de l’enfance semblent être des facteurs importants dans le développement des allergies et de l’asthme.

Les résultats non ajustés de cette étude suggèrent que les épisodes de fièvre et les augmentations de température d’un degré Celsius entre 7 et 12 mois diminuent le risque, entre 6 et 7 ans, de sensibilisation allergique et d’asthme allergique.

Alors que ces résultats pondérés compte tenu des facteurs de confusion montrent une plus faible probabilité d’apparition de l’asthme allergique à l’âge de 6 ou 7 ans.

Qui dit épisodes fébriles de l’enfance, dit, dans la majorité des cas, infections ORL et bronchiques, particulièrement virales.

Prendre en compte les épisodes fébriles est donc une façon simple, certes un peu grossière, de mesurer les épisodes infectieux.

Nous nous retrouvons donc dans le cadre de la théorie hygiéniste, tout au moins, dans une des ses composantes, les infections. Infections qui auraient, selon cette théorie, un rôle de maturation sur l’immunité particulièrement au niveau des clones TH1, TH2 et Treg ou CD4+CD25+.

On peut dire que cette étude, d’une façon relativement peu coûteuse, permet de confirmer un des points de la théorie.

Il faudrait savoir si les auteurs ont tenu du compte du facteur de confusion que représente l’occurrence rare d’une hyperthermie non infectieuse. C’est toute la réserve que l’on peut faire.