Dermatite atopique : faut-il doser les acides gras dans la joue des nourrissons ?

jeudi 2 février 2006 par Dr Geneviève DEMONET1744 visites

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Dermatite atopique : faut-il doser les acides gras dans la joue des nourrissons ?

Dermatite atopique : faut-il doser les acides gras dans la joue des nourrissons ?

jeudi 2 février 2006, par Dr Geneviève DEMONET

Acides gras et dermatite atopique : de nombreuses théories ont été échafaudées, des supplémentations ont été proposées. Peut-on objectiver une composition en acides gras particulière chez les enfants porteurs d’un eczéma, qu’il soit atopique ou non ? Tel est l’objectif fixé par cette étude finlandaise.

Composition en acides gras du sérum, des cellules jugales et du lait maternel chez les enfants porteurs d’eczéma atopique et d’eczéma non atopique : K. Laitinen*,,, J. Sallinen, K. Linderborg and E. Isolauri*,§

*Department of Paediatrics, Turku University Central Hospital, Turku, Finland, Department of Biochemistry and Food Chemistry, University of Turku, Turku, Finland, Functional Foods Forum, University of Turku, Turku, Finland and §Department of Paediatrics, University of Turku, Turku, Finland

dans Clinical & Experimental Allergy 36 (2), 166-173

- Contexte :

  • La théorie majeure qui met en cause le régime alimentaire dans les maladies allergiques est associée à une modification de la consommation des aliments et par conséquent, à la modification de la composition en acides gras qui s’en suit.

- Objectifs :

  • Étudier les compositions en acides gras chez les nourrissons ayant un eczéma atopique et non atopique ainsi que chez les nourrissons sains et évaluer l’utilité de l’étude non invasive de la composition en phospholipides des cellules jugales comme marqueur chez les patients présentant un eczéma.

- Méthodes :

  • Le diagnostic d’eczéma a été confirmé chez les nourrissons par l’étude clinique et par la positivité (eczéma atopique, n = 6) ou la négativité (eczéma non atopique n = 6) des prick-tests cutanés avec comparaison avec des sujets contrôles (n = 19).
  • Les compositions en acides gras de la cellule jugale du nourrisson, en phospholipides du sérum et en lipides totaux du lait maternel ont été analysés par chromatographie en phase gazeuse.

- Résultats :

  • La distinction entre eczéma atopique et non atopique a été flagrante en ce qui concerne
    • les phospholipides de la cellule jugale comme l’acide linoléique [médiane 14.69 % (écart entre quartiles 13.67-15.53) des acides gras totaux],
    • la somme des acides gras n-6 [19.94 % (19.06-20.53)]
    • et la somme des acides gras poly-insaturés [22.70 % (21.31-23.28)] était plus élevée chez les nourrissons ayant un eczéma atopique comparativement à l’eczéma non atopique [12.69 (10.87-13.93) ; 17.72 (15.63-18.91) et 19.90 (17.64-21.06), respectivement ; p<0.05] et aux sujets contrôles [12.50 (12.16-13.42) ; 18.19 (17.43-18.70) et 20.32 (19.32-21.03), respectivement ; p<0.05].
  • L’acide γ-linoléique des phospholipides sériques était plus bas à la fois dans l’eczéma atopique et non atopique comparativement au groupe contrôle (p<0.05) et, de plus, l’acide eicosapentaénoïque était plus élevé dans l’eczéma atopique comparativement au groupe contrôle (p<0.05).

- Conclusion :

  • Ces résultats préliminaires suggèrent des différences de composition en acides gras entre les deux types d’eczéma et appellent des études futures de plus grande envergure.
  • Les deux types d’eczéma pourraient être dirigés par des processus immunologiques différents et il est possible que les acides gras puissent avoir un rôle plus important dans l’eczéma atopique.

Cette étude concerne un petit nombre de patients (6 eczémas atopiques, 6 eczémas non atopiques et 19 sujets contrôles).

On a analysé, par chromatographie en phase gazeuse, la composition en acides gras de la cellule jugale, les phospholipides sériques et les lipides totaux du lait maternel.

Des différences de composition en acides gras polyinsaturés ont été mises en évidence entre les deux types d’eczéma et avec les cas témoins en particulier pour les acides gras de la série n-6 (acide linoléique) et n-3 (acide eicosapentaénoïque).
Les résultats dans le lait maternel ne sont pas rapportés dans le résumé...

Bien sûr le nombre de patient est réduit et d’autres travaux sont nécessaires pour conclure : s’agit-t-il d’une cause ou d’une conséquence ? L’alimentation est-elle partie prenante ? En tout cas, l’effet de la supplémentation en acides gras reste pour le moment controversé...