Les hyménoptères mettent la gomme...

lundi 27 novembre 2006 par Dr Hervé Couteaux2047 visites

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Les hyménoptères mettent la gomme...

Les hyménoptères mettent la gomme...

lundi 27 novembre 2006, par Dr Hervé Couteaux

Les CCD sont extrêmement répandus et il est généralement admis que leur pertinence clinique est faible. Certains, comme Van Ree (cf. congrès d’allergologie moléculaire de Rome, deuxième partie) vont même jusqu’à penser qu’elle est nulle, mais le débat n’est pas clos pour autant.

La gomme naturelle de latex et les venins d’hyménoptères partagent des épitopes IgE de déterminants carbohydrates croisants. : V. Mahler*, C. Gutgesell, R. Valenta and T. Fuchs

*Department of Dermatology, University of Erlangen-Nuremberg, Erlangen, Germany, Department of Pathophysiology, University of Vienna, Vienna, Austria and Department of Dermatology, University of Goettingen, Goettingen, Germany.

dans Clinical & Experimental Allergy 36 (11), 1446-1456.

- Contexte :

  • Les données épidémiologiques sur la prévalence et les facteurs de risque de la sensibilisation au latex ont suggéré une association significative entre la sensibilisation au latex et la présence d’une ou plusieurs réponses positives aux tests cutanés pour les aéroallergènes, les allergènes alimentaires et pour un ou plusieurs venins d’insectes.
  • Le xylose et le noyau 3-fucose sont des complexes glycanes typiques des plantes et sont étrangers aux mammifères.
  • Les N-glycanes des plantes et ceux des insectes peuvent réagir de façon croisée chez l’homme.

- Objectif :

  • Le but de notre étude était de rechercher s’il existait des structures cross-réactives se liant aux IgE dans la gomme naturelle de latex (NRL) et dans des venins d’hyménoptères et d’examiner leur nature.

- Méthodes :

  • Cent vingt-cinq patients consécutifs, allergiques au venin d’insectes, ont été explorés en regard de la présence concomitante d’IgE spécifiques vis à vis du latex.
  • Les composants des venins d’Apis mellifera et/ou de vespula et des extraits de NRL se liant aux IgE ont été caractérisés par IgE immunoblotting aux sources allergéniques naturelles et par la détermination des IgE spécifiques vis à vis des allergènes recombinants.
  • Des composants cross-réactifs ont été étudiés par tests d’inhibition.
  • L’implication des hydrates de carbone dans la constitution d’épitopes IgE cross-réactifs a été examinée par l’étude des liaisons IgE aux déterminants carbohydrates croisants (CCD) de la broméline, de la peroxydase de Raifort et avec un traitement au périodate.

- Résultats :

  • Les extraits de gant en NRL ont inhibé la liaison IgE du sérum des patients avec les allergènes de venin.
  • à l’inverse, la liaison latex-IgE a pu être inhibée par la pré-incubation avec les venins d’insecte.
  • La liaison des IgE aux allergènes recombinants du latex était absente, tandis que les épitopes IgE cross-réactifs étaient sensibles au traitement au periodate et que des IgE spécifiques se liant aux CCD (de type MMXF et MUXF) étaient détectées.

- Conclusion :

  • Les venins d’insecte et le latex naturel (NRL) partagent des CCD se liant aux IgE qui peuvent être responsables de positivité de tests sérologiques au NRL chez les patients présentant une allergie au venin d’insecte.
  • Cette co-positivité se produit fréquemment (13.6%) chez des individus allergiques au venin et n’a pas entraîné de symptômes cliniques lors du contact avec le latex chez les patients examinés.
  • En revanche, la co-sensibilisation vraie aux venins d’insectes et aux allergènes de latex peut se produire et ne doit pas être ignorée.

Il existe des composants CCD dans le latex et les venins d’hyménoptères capables de positiver des tests sérologiques sans pertinence clinique.

Par ailleurs, on ne doit pas méconnaître la possibilité pour des patients allergiques au venin d’hyménoptères, de présenter une authentique réactivité au latex.

La présence d’IgE dirigées contre des CCD peut entraîner une « fausse » positivité de nos tests d’IgE en pratique quotidienne dans l’allergie aux pollens, aux aliments et aux venins d’hyménoptère.

L’utilisation dans cette étude d’un vocabulaire équivoque est un obstacle à la compréhension des mécanismes en cause : IgE spécifique est un terme impropre ! C’est ce que démontre entre autre cette étude où ce terme est pourtant cité plusieurs fois, sans réserve particulière...

En pratique, on peut tester in vitro la liaison des IgE avec la broméline ou avec la peroxydase de raifort en tant que protéines indicatrices d’IgE anti-CCD.

Deux comptes rendus traitant des CCD doivent retenir votre attention : celui d’Henri Malandain et celui de Stéphane Guez.