Gare aux étés en amoureux si on veut éviter d’avoir un petit asthmatique.

jeudi 7 décembre 2006 par Dr Stéphane Guez641 visites

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Gare aux étés en amoureux si on veut éviter d’avoir un petit asthmatique.

Gare aux étés en amoureux si on veut éviter d’avoir un petit asthmatique.

jeudi 7 décembre 2006, par Dr Stéphane Guez

Peut-on prévenir le développement d’un asthme allergique chez un nourrisson ayant des facteurs de risques ? Il y a quelques années l’hypothèse d’un lien entre la saison de naissance et le développement d’un asthme a été évoquée. Mais qu’en est-il vraiment en appliquant les standards statistiques actuels ?

Association entre la saison à la naissance et le développement d’un asthme dans l’enfance. : Eli Gazala, MD, MPH *, Vered Ron-Feldman, BSc, Mira Alterman, RN, BSc, Shira Kama, RN, BSc, Lena Novack, PhD

Department of Epidemiology and MPH Program, Division of Pediatrics, Faculty of Health Sciences, Ben-Gurion University of the Negev, Beer-Sheva, Israel

dans Pediatric Pulmonology
Volume 41, Issue 12 , Pages 1125 - 1128

- Objectif de l’étude :

  • Le but de ce travail a été d’étudier la relation possible entre la saison de naissance (date de naissance) et le développement futur d’un asthme.

- Matériel et méthode :

  • Il s’agit d’une étude cas témoins, qui a inclus les enfants asthmatiques âgés de 2 à 7 ans et vivant dans la ville de Beer-Sheva, avec une inclusion dans un seul centre de pédiatrie.
  • Les témoins sont des enfants en bonne santé, appariés selon l’age et inclus également dans la même clinique.
  • Les données démographiques, les antécédents médicaux, l’histoire de l’asthme et sa sévérité ont été enregistrés sur le dossier informatique et sur le registre de l’asthme.
  • Un questionnaire téléphonique structuré a été utilisé pour compléter les données.
  • Les enfants ayant des antécédents de prématurité ou de pathologie chronique significative ont été exclus de l’étude.

- Résultats :

  • Un total de 66 enfants asthmatiques et de 69 témoins a été inclus dans ce travail.
  • Il y a significativement plus de garçons dans le groupe des asthmatiques par rapport aux témoins (p=0.003).
  • Les antécédents :
    • de bronchiolites ou d’épisodes de wheezing récidivants dans la première année,
    • les antécédents familiaux d’asthme
    • et une origine dans l’Est du pays
  • sont significativement plus fréquents parmi les enfants asthmatiques que parmi les témoins (p<0.001).
  • Les enfants asthmatiques sont plus souvent nés entre mars et juin et moins souvent entre octobre et décembre par rapport aux témoins (p<0.05).
  • Une analyse multi variée avec étude de régression logistique met en évidence trois variables indépendantes qui sont des facteurs de risque significatifs de faire un asthme :
    • la naissance entre mars et juin,
    • des épisodes de bronchiolites aigues ou de wheezing récidivants durant la première année de vie
    • et le fait d’être un garçon.

- Conclusion :

  • La saison de naissance, à la fin de l’hiver et au printemps, est associée à de l’asthme durant l’enfance.

Dans ce travail les auteurs démontrent qu’il existe un lien statistique significatif entre le fait de naître au printemps et le risque de développer un asthme. Il existe également d’autres facteurs de risque indépendants comme le fait d’être un garçon et les antécédents de bronchiolites ou de wheezing.

Ce travail aborde une question qui a déjà été soulevée mais qui reste débattue. Y a-t-il une corrélation entre la saison de naissance et le risque de faire un asthme ? Pour ces auteurs la réponse est oui sans que l’on puisse préjuger des facteurs en cause : pollens atmosphériques, épidémies virales printanières, aliments de saison absorbés par la mère qui allaite ?

Les auteurs retrouvent par ailleurs des facteurs de risque connus comme le sexe masculin et les antécédents de bronchiolites et de wheezing.

Ces données semblent montrer surtout que la population étudiée correspond vraiment à une population « normale » d’enfants asthmatiques et d‘enfants témoins. Cela donne donc plus de poids aux résultats concernant le lien entre saison et risque allergique.

Maintenant comment faut-il gérer ce résultat ? Faut-il inciter les parents atopiques à prévoir une conception de telle façon que l’accouchement se fasse plutôt en automne ou en hiver ?

Une chose est certaine : on rejoint la théorie hygiéniste puisque en automne et en hiver le nouveau-né a plus de chances de faire des infections rhino-pharyngés bactériennes. La stimulation des TH1 détournerait alors le système immunitaire des TH2. Mais cela reste à démontrer ...