Les écolos complètement désorientés : les pollens pollués seraient moins allergisants !

lundi 5 mars 2007 par Dr Hervé Couteaux1210 visites

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Les écolos complètement désorientés : les pollens pollués seraient moins allergisants !

Les écolos complètement désorientés : les pollens pollués seraient moins allergisants !

lundi 5 mars 2007, par Dr Hervé Couteaux

L’augmentation de la prévalence de l’allergie concerne essentiellement les pays industrialisés aussi n’est ce pas sans intérêt que d’essayer de mettre en évidence le rôle délétère de telle ou telle caractéristique des dits pays : oui, mais si le résultat est à l’inverse de ce que l’on attend ?...

Modifications des allergènes de pollen de Phleum pratense après exposition artificielle aux polluants atmosphériques gazeux (O3, NO2, SO2). : F. Rogerieuxa, D. Godfrinb, d, H. Sénéchalb, c, A.C. Mottae, M. Marlièrea, G. Peltreb, d, G. Lacroixa

aInstitut National de l’Environnement Industriel et des Risques, Verneuil-en-Halatte,
bESPCI, Laboratoire Environnement et Chimie Analytique, Allergie et Environnement,
cINSERM, and
dUMR 7121 CNRS, Paris, France ;
eUniversity Medical Center Groningen, University of Groningen, Groningen, The Netherlands

dans International Archives of Allergy and Immunology 2007 ;143:127-134

- Contexte :

  • On propose fréquemment la pollution atmosphérique comme cause potentielle de l’augmentation de l’incidence de l’allergie dans les pays industrialisés.
  • Notre objectif était d’étudier l’impact des principaux polluants atmosphériques gazeux sur des allergènes de pollen de Poacées.

- Méthodes :

  • Le pollen de Fléole a été exposé à l’ozone (O3), au dioxyde d’azote (NO2) et au dioxyde de soufre (SO2) seul ou en association.
  • Le contenu en allergène a été analysé par immunoblot bidimensionnel en utilisant des sérums de patients sensibles au pollen de Poacées.

- Résultats :

  • Pour le pollen traité par O3, l’immunoblot a montré une acidification des allergènes Phl p 1b, Phl p 4, Phl p 5 et Phl p 6 et une diminution de la reconnaissance par les IgE de Phl p 1, de Phl p 2, de Phl p 6 et Phl p 13.
  • L’exposition à NO2 induit une diminution de la reconnaissance de Phl p 2, de Phl p 5b et de Phl p 6, tandis que le traitement par SO2 induit une diminution de la reconnaissance de Phl p 2, de Phl p 6 et de Phl p 13.
  • De plus, les échantillons traités avec un mélange de NO2/O3 ou de NO2/SO2 ont montré une diminution plus élevée du contenu allergénique, comparé aux échantillons traités avec un seul polluant.
  • L’acidification notée avec O3 a également été observée avec le mélange NO2/O3.

- Conclusion :

  • L’exposition du pollen aux polluants gazeux induit une diminution de la détection d’allergènes dans les extraits de pollen.
  • Cette diminution pourrait être due à une perte mécanique d’allergènes de la part des grains de pollen altérés et/ou à des modifications post-translationnelles affectant la reconnaissance de l’allergène par les IgE.

L’exposition aux polluants gazeux diminue la reconnaissance d’allergènes du pollen de Phléole par les IgE de sujets sensibilisés.

Cette diminution est d’origine mécanique ou due à des modifications post-translationnelles perturbant la liaison IgE-allergènes.

Donc la pollution diminue l’allergénicité des pollens.

Ces résultats sont un peu déstabilisants car la plupart des publications sur le sujet ont retrouvé un rôle aggravant de la pollution en matière d’allergie pollinique.

Ce qui explique les teneurs des messages délivrés par les deux organismes que sont Météo France et le RNSA, dédiés au public.

Sur le site de Météo France on peut lire à la rubrique « pollen et pollution » : « Les polluants atmosphériques d’origine industrielle (dioxyde d’azote, dioxyde de soufre, ozone) modifient les pollens : la quantité d’allergènes présents dans un grain augmente et leur libération est facilitée par la détérioration de la paroi du grain. Les pollens pollués ont un potentiel allergisant beaucoup plus élevé. »

Par ailleurs le RNSA est le réseau français du réseau Européen EPI (European Aerobiology Network) ayant sont propre site : http://www.polleninfo.org

A la rubrique « Air pollution » nous lisons : « ceci signifie que les arbres situés à proximité de rues passantes peuvent produire des pollens plus dangereux que les arbres poussant à la campagne. »

Ces messages s’appuient sur de nombreuses études dont on a du mal à croire qu’il faudra un jour remettre en cause les conclusions : jusqu’à preuve du contraire, la pollution majore l’allergénicité des pollens...