Boule de cristal pour confirmer l’allergie au chat !

jeudi 22 mars 2007 par Dr Alain Thillay2988 visites

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Boule de cristal pour confirmer l’allergie au chat !

Boule de cristal pour confirmer l’allergie au chat !

jeudi 22 mars 2007, par Dr Alain Thillay

Dans le domaine de l’allergie alimentaire, de nombreuses études cherchent à prédire le résultat du test de provocation orale en analysant ceux des tests cutanés et sériques. Ici, ces auteurs madrilènes utilisent le même raisonnement chez des asthmatiques dont le lien avec l’allergie au chat n’est pas clair.

Analyse prédictive de la réactivité des voies respiratoires aux allergènes du chat par les tests cutanés et les IgE spécifiques sériques. : C. Fernández, R. Cárdenas, D. Martín, M. Garcimartín, S. Romero, A. G. de la Cámara, R. Vives

Allergy Department, Clinical Epidemiology Unit, Hospital Universitario 12 de Octubre, Madrid, Spain

dans Clinical & Experimental Allergy 37 (3), 391–399.
doi:10.1111/j.1365-2222.2007.02659.x

- Contexte :

  • Lorsque l’histoire clinique n’est pas concluante, il peut être difficile de faire une interprétation précise de la valeur des tests cutanés et des IgE sériques spécifiques des allergènes du chat chez des patients asthmatiques.

- Objectif :

  • Analyser l’efficacité diagnostique des tests cutanés et des IgE sériques spécifiques des allergènes du chat, basée sur les résultats du test de provocation bronchique au chat.

- Méthodes :

  • Soixante-quatre patients asthmatiques (49 exposés au chat et 15 non exposés) chez qui la relation entre symptômes asthmatiques et exposition au chat n’a pas été clairement établie, ayant des prick-tests cutanés au chat positifs et/ou une mesure des IgE spécifiques du chat positive, ont subi des injections intradermiques et un test de provocation bronchique spécifique du chat.
  • Les résultats ont été analysés par des courbes ROC (courbes de caractéristiques d’efficacité), et, par analyse de régression logistique.
  • La sensibilité, la spécificité, les valeurs prédictives positives et les valeurs prédictives négatives ont été calculées pour différentes valeurs-seuil.

- Résultats :

  • Vingt-sept patients (42,2%) ont eu un test de provocation bronchique spécifique positif.
  • L’aire sous la courbe ROC pour la quantification des IgE sériques spécifiques est de 0,85, ce qui fait de ce test un bon outil diagnostique.
  • Les injections intradermiques ont une meilleure valeur prédictive du résultat au test de provocation bronchique spécifique que le prick-test cutané (aire sous la courbe ROC de 0,74 contre aire sous la courbe ROC de 0,54, respectivement).
  • L’analyse logistique de régression prouve que la probabilité estimée d’un test de provocation bronchique positif est supérieure ou égale à 93% si la valeur du CAP est supérieure ou égale à 17 kUA/L, tandis que si cette valeur est inférieure à 0,35 kUA/L la probabilité estimée d’un test de provocation bronchique positif est de 16%.
  • Quand le test intradermique est négatif, la probabilité estimée d’un test de provocation bronchique positif est de 9%, faisant de ce test le meilleur moyen d’identifier les patients ayant un test de provocation bronchique négatif.

- Conclusion :

  • Le taux des IgE sériques spécifiques du chat et l’injection intradermique d’un extrait allergénique de chat peuvent être employés pour diagnostiquer et traiter de façon plus précise les patients asthmatiques sensibilisés au chat quand il y a doute sur la relation de causalité à cet allergène.

Voilà un excellent travail émanant de l’équipe du service d’Allergologie de l’Hôpital Universitaire de Madrid. A la fois excellent mais aussi relativement simple de réalisation, mais travail qui apporte vraiment beaucoup.

A l’instar de travaux similaires réalisés dans le domaine de l’allergie alimentaire (Sampson, Rancé), il s’agit de prédire le résultat du test de provocation bronchique spécifique chez des sujets asthmatiques suspectés d’être allergiques au chat.

Les auteurs ont eu recours aux fameuses courbes ROC (Receiver Operating Characteristic) pour déterminer spécificité, sensibilité, valeur prédictive positive et valeur prédictive négative de chaque test.

Les sujets inclus étaient tous asthmatiques avec un prick-test positif au chat et/ou un CAP RAST positif au chat, ils subissaient ensuite TPB spécifique et IDR chat. Il faut croire que l’article intégral précise bien les dilutions utilisées pour les IDR et pour le TPB.

Les résultats montrent que le CAP RAST est un excellent outil diagnostic, VPP d’un TPB positif si supérieur ou égal 17 kUA/L à 93% alors qu’inférieur à 0,35 la VPP tombe à 16%.

La VPP d’avoir un TPB positif est supérieure avec les IDR qu’avec les prick-tests.

Ainsi, CAP RAST et IDR seraient les meilleurs moyens pour prédire un TPB positif.

Il est un peu dommage, surtout que cela est assez facile à réaliser mathématiquement, de ne pas avoir pratiqué, comme les dernières études concernant les TPO alimentaires, une prédiction en tenant compte à la fois de la surface de la papule du prick-test et de la valeur du CAP RAST, d’autant plus que nous disposons d’excellent tests diagnostiques standardisés pour le chat.

Toutefois, cette étude reste vraiment intéressante sur le plan pratique et permet ainsi d’éviter les TPB qui sont lourds de réalisation et donc chers pour mieux prendre en charge l’asthmatique allergique au chat et ainsi poser l’indication de l’immunothérapie spécifique de façon pertinente.