La sévérité de la rhinite allergique, une question d’échelle !

vendredi 6 avril 2007 par Dr Alain Thillay3206 visites

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La sévérité de la rhinite allergique, une question d’échelle !

La sévérité de la rhinite allergique, une question d’échelle !

vendredi 6 avril 2007, par Dr Alain Thillay

L’évaluation de la sévérité de la rhinite allergique, particulièrement dans le cadre d’un suivi, est très utile. Nous avons tous rêvé de la réglette « magique » qui permettrait de la faire en un tour de mains. Justement, cette étude tente de montrer la pertinence de l’utilisation d’une échelle visuelle analogique pour évaluer la sévérité compte tenu des données d’ARIA.

Les échelles visuelles analogiques peuvent permettre d’évaluer le grade de sévérité de la rhinite en fonction des directives de l’ARIA. : P. J. Bousquet, C. Combescure, F. Neukirch, J. M. Klossek, H. Méchin, J.-P. Daures, J. Bousquet

University Hospital and INSERM U454, Montpellier, France ; IURC, Montpellier, France ; INSERM U 508, Paris, France ; University Hospital La Miletrie, Poitiers, France ; CRO, MAPI SA, Lyon, France

dans Allergy Volume 62 Issue 4 Page 367 - April 2007

- Contexte :

  • Les directives de l’ARIA (allergic rhinitis and its impact on asthma) fournissent une nouvelle classification de la rhinite allergique, mais il manque une évaluation de la sévérité par une analyse quantitative.

- Objectif :

  • Étudier si une échelle visuelle analogique (EVA) prenant en compte les symptômes globaux de la rhinite pourrait être employée pour évaluer la sévérité de la maladie selon l’ARIA.

- Méthodes :

  • Trois mille cinquante-deux patients atteints de rhinite allergique vus dans le cadre d’une consultation de médecine générale ont été examinés.
  • 53% des patients avaient un diagnostic objectif d’allergie et 58% étaient traités.
  • Les patients ont été classés par catégories selon les directives d’ARIA.
  • La sévérité des symptômes nasaux a été évaluée en utilisant une EVA.
  • La qualité de vie a été mesurée en utilisant le questionnaire de qualité de vie de la rhino-conjonctivite.

- Résultats :

  • La sévérité a eu plus d’impact sur les niveaux de l’échelle visuelle analogique que la durée de la pathologie rhinitique :
    • rhinite intermittente légère (3,5 ; 2,4-5,0 centimètres),
    • rhinite persistante légère (4,5 ; 3,2-5,6 centimètres),
    • rhinite intermittente modérée/sévère (6,7 ; 5,3-7,7 centimètres)
    • et rhinite persistante modérée/sévère (7,2 ; 6,1-8,2 centimètres).
  • Les résultats de la courbe ROC ont prouvé que les patients ayant une valeur inférieure à 5 centimètres pouvaient être classés comme rhinite légère (valeur prédictive négative : 93.5%) et ceux avec plus de 6 centimètres comme rhinite modérée/grave (valeur prédictive positive : 73.6%).
  • Les courbes ROC et la régression logistique ont mis en évidence que le traitement en cours et le diagnostic d’allergie n’ont aucun effet sur l’évaluation de la sévérité de rhinite en utilisant l’EVA.
  • L’EVA et les points globaux du questionnaire de qualité de vie de la rhino-conjonctivite étaient sensiblement corrélés (ρ = 0.46 ; P < 0,0001).

- Conclusion :

  • Une méthode simple et quantitative de type échelle visuelle analogique peut être employée pour l’évaluation quantitative de la sévérité de la rhinite allergique.

Cette étude française effectuée par l’équipe de Montpellier propose un outil simple pour évaluer la sévérité de la rhinite allergique compte tenu des données d’ARIA.

Sans reprendre les résultats, l’étude montre de façon claire qu’il existe une corrélation statistiquement significative entre la sévérité évaluée selon ARIA et l’échelle visuelle analogique.

Evaluer cette sévérité a un intérêt dans le suivi de la rhinite, il s’agit donc d’une bonne nouvelle pour la pratique courante.

Bien sûr, nous avons tous nos habitudes pour interroger le patient rhinitique sur l’importance de la gêne (PAREO, score de Bousquet).

Pour ma part, je demande d’emblée le sentiment global qu’a le patient sur sa rhinite, puis, après, je rentre dans les détails par le PAREO en ajoutant bien sûr les signes périphériques comme la conjonctivite, la qualité du sommeil, la forme physique.

L’échelle visuelle analogique est donc un moyen simple pour avoir une idée de la sévérité de la rhinite. A nos EVA donc.