Attention au lupin aéroporté !

mercredi 16 mai 2007 par Dr Alain Thillay1450 visites

Accueil du site > Allergènes > Alimentaires > Attention au lupin aéroporté !

Attention au lupin aéroporté !

Attention au lupin aéroporté !

mercredi 16 mai 2007, par Dr Alain Thillay

L’allergie alimentaire au lupin commence à bien se faire connaître. Cette étude aborde le sujet de la sensibilisation, par voie aéroportée, au lupin, chez des personnes travaillant dans le domaine agro-alimentaire et qui manipulent cette légumineuse. La sensibilisation y est-elle fréquente ? Est-elle facilement symptomatique ? Voici des questions qui trouvent réponses dans cette très intéressante étude australienne.

Sensibilisation professionnelle au lupin : asthme et rhinite professionnelles, asthme aggravé par le travail. : Charlotte P. Campbell, MRCPa, Abigail S. Jackson, MRCPa, Anthony R. Johnson, FRACPb, Paul S. Thomas, MD, FRACP, FRCPc, Deborah H. Yates, MSc, MD, FRACP, FRCPab

a From the Department of Thoracic Medicine, St Vincent’s Hospital, Darlinghurst, Sydney
b Dust Diseases Board Research and Education Unit, Sydney
c University of NSW and Prince of Wales Hospital, Sydney

dans JACI Volume 119, Issue 5, Pages 1133-1139 (May 2007)

- Contexte :

  • Le lupin est une légumineuse.
  • Sa graine peut être broyée en farine et être incorporée à la nourriture comme source de protéines.
  • Des cas de rhinite, d’urticaire et d’anaphylaxie lors de l’ingestion du lupin ont été rapportés ainsi que de l’asthme.

- Objectif :

  • Présenter une étude transversale sur des ouvriers d’une compagnie de transformation des produits alimentaires qui ont été exposés au lupin et ont développé une allergie professionnelle secondaire à l’inhalation des produits du lupin.

- Méthodes :

  • Les sujets ont été interrogés à l’aide d’un questionnaire normalisé, comprenant la démographie et les symptômes actuels et antérieurs.
  • Ils ont subi des prick-tests cutanés aux aéroallergènes et au lupin, une spirométrie, et la mesure de l’oxyde nitrique expiré.
  • Les sujets symptomatiques, sensibilisés au lupin aux tests cutanés, ont subi un test de provocation bronchique à la méthacholine.
  • Ceux ayant une hyperréactivité bronchique ont subi un test de provocation bronchique spécifique au lupin.

- Résultats :

  • Un total de 53/54 des sujets a accompli l’essai (98%).
  • De façon générale, 21% (11/53) ont eu des résultats positifs au test cutané au lupin.
  • Le groupe lupin-sensible avait une tendance atopique (P =0,06).
  • Sept des 11 sujets (64%) de ce groupe étaient symptomatiques ; tous avaient de la rhinite, et 2 des sifflements thoraciques.
  • Deux sujets avaient des tests positifs à la méthacholine, et un avait test de provocation bronchique spécifique positif au lupin avec une réponse précoce et une réponse tardive.

- Conclusion :

  • L’allergie au lupin inhalé se produit sur le lieu de travail.
  • Un taux élevé de sensibilisations mises en évidence par les tests cutanés a été retrouvé et corrélé aux symptômes.
  • La signification clinique de la réactivité croisée entre les légumineuses par les prick-tests cutanés est peu claire.

- Implications cliniques :

  • La sensibilisation au lupin peut se produire lors de l’exposition professionnelle et est en rapport avec une forte présence des symptômes cliniques et qui entraîne dans certains cas rhinite et asthme professionnels.

Nous connaissons bien cette nouveauté qu’est l’allergie alimentaire au lupin, légumineuse riche en protéines. L’allergie croisée entre arachide et légumineuses paraît plutôt rare car elle ne concerne que 5% des allergiques à l’arachide. Cependant, le lupin semble un cas à part puisque 50% des sujets allergiques à l’arachide présenteraient une allergie croisée au lupin.

Cette étude en rajoute encore un peu pour ce qui est de ce lupin qui peut donc provoquer des allergies respiratoires chez les personnes travaillant dans l’industrie agro-alimentaire et qui manipulent des produits de cette légumineuse.

Sur 53 sujets travaillant avec des produits du lupin, 11 d’entre eux soit 21% présentaient une sensibilisation au lupin. 7 parmi ces 11 ouvriers étaient symptomatiques, ils étaient tous rhinitiques et deux étaient en plus asthmatiques. Tous les sujets allergiques au lupin avaient un terrain atopique.

Nous retiendrons donc que tout sujet atopique travaillant dans l’agro-alimentaire et qui manipule du lupin peut y devenir aisément allergique. Le terrain allergique doit donc être recherché systématiquement chez toute personne postulant pour un poste exposé aux productions du lupin. Les conditions de travail doivent être améliorées pour éviter l’inhalation des particules aéroportées.

Nous retiendrons aussi que l’allergie au lupin ne se limite pas à l’alimentaire mais aussi au respiratoire.

On peut se demander aussi qu’elle sera le devenir alimentaire de ces sujets sensibilisés au lupin par voie respiratoire.