Allergie alimentaire et asthme, le mauvais ménage !

jeudi 24 mai 2007 par Dr Alain Thillay3569 visites

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Allergie alimentaire et asthme, le mauvais ménage !

Allergie alimentaire et asthme, le mauvais ménage !

jeudi 24 mai 2007, par Dr Alain Thillay

Chez l’enfant, si la prévalence de l’asthme par allergie alimentaire représente 10%, celle de l’asthme associé à l’allergie alimentaire est plus importante. Dans ce dernier cas, qu’en est-il de la présence d’une allergie alimentaire sur la morbidité de l’asthme ? C’est l’objet de cette étude rétrospective d’origine américaine.

Allergie alimentaire et morbidité de l’asthme chez l’enfant. : Alyson B. Simpson, MD 1 2, Joe Glutting, PhD 1 3, Ejaz Yousef, MD 1 2 *

Division of Allergy and Immunology, Alfred I. duPont Hospital for Children, Nemours Children’s Clinic, Wilmington, Delaware, Thomas Jefferson University, Philadelphia, Pennsylvania, University of Delaware, Newark, Delaware

dans Pediatric Pulmonology Volume 42, Issue 6 , Pages 489 - 495

- Contexte :

  • La coexistence de l’allergie alimentaire et de l’asthme est un problème important dans la population pédiatrique.
  • Des études ont montré l’association entre la sensibilisation alimentaire et la sévérité de l’asthme.
  • Nous ne savons pas si l’allergie alimentaire est associée à un accroissement de la morbidité de l’asthme.

- Objectif :

  • Nous avons étudié l’effet indépendant que l’allergie à l’oeuf, au lait de vache, au poisson et à l’arachide a sur le nombre d’hospitalisations et de recours aux stéroïdes systémiques chez les enfants asthmatiques.

- Méthodes :

  • Nous avons effectué une revue d’archives médicales pour évaluer l’effet de l’allergie alimentaire à l’oeuf, au poisson, à l’arachide, et au lait sur la morbidité asthmatique.
  • Nous avons passé en revue les dossiers de 201 enfants âgés de 3 mois à 14 ans ayant eu un diagnostic d’asthme, dont 88 avaient une allergie alimentaire concomitante.
  • Tous les enfants du groupe « allergie alimentaire » avaient des taux d’IgE spécifiques alimentaires supérieurs à la valeur prédictive positive de 95%.
  • Nous avons comparé le taux d’hospitalisations et d’utilisations des stéroïdes systémiques entre les enfants asthmatiques et allergiques alimentaires et à ceux n’ayant pas d’allergie alimentaire à l’aide d’une analyse de régression multiple.
  • Les patients ont été ajustés en fonction de la sévérité de leur asthme basé sur les symptômes documentés à leur première visite chez l’allergologue selon les directives nationales d’éducation de l’asthme et à la présence d’allergie environnementale, d’eczéma, d’exposition à la fumée de tabac, et de reflux gastro-oesophien.

- Résultats :

  • Les allergies à l’arachide et au lait étaient toutes deux associées au plus grand nombre d’hospitalisations (P = 0,009, 0,016), et l’allergie au lait était associée à la plus grande utilisation des stéroïdes systémiques (P = 0,001).

- Conclusion :

  • Les allergies à l’arachide et au lait étaient associées à l’accroissement des hospitalisations et à l’utilisation des stéroïdes et peuvent ainsi servir de marqueurs précoces d’une plus grande morbidité de l’asthme.

Il est bien connu que l’asthme est un facteur de risque important dans le cadre de l’allergie alimentaire. Ainsi, l’asthme lié à l’allergie alimentaire se retrouve en cas de réaction aiguë après ingestion de l’aliment causal et il peut aussi être concomitant de l’allergie alimentaire.

Ainsi, les auteurs américains de cette étude (Université Thomas Jefferson, Philadelphie, Pennsylvanie ; Hôpital pour enfants Alfred I. duPont, Wilmington, Delaware ; Université du Delaware, Newark, Delaware) ont cherché de façon rétrospective s’il existe un lien de morbidité entre asthme et allergie alimentaire concomitants comparativement à des enfants uniquement asthmatiques.

Les deux éléments utilisés, pour évaluer la morbidité asthmatique, étaient le nombre de jours d’hospitalisations et la consommation des corticostéroïdes systémiques.

De façon claire, l’allergie à l’arachide et l’allergie au lait de vache sont en corrélation à un plus grand nombre d’hospitalisations et alors que l’allergie au lait est en corrélation avec une plus grande consommation de stéroïdes systémiques. Ainsi, l’allergie à l’arachide et l’allergie au lait de vache se révèlent être des marqueurs précoces d’une augmentation de la morbidité asthmatique.

Autrement dit, l’allergie alimentaire précoce serait un facteur de risque de sévérité de l’asthme.

On peut se poser la question de savoir si cela est lié spécifiquement à l’arachide ou au lait ou lié du fait de la précocité habituelle de la survenue de ce type d’allergies alimentaires.

On peut se dire aussi que l’allergie alimentaire joue sans doute un rôle dans la gravité de l’asthme.

Cette étude nous donne donc de bonnes raisons supplémentaires pour prendre en charge rapidement toutes les allergies alimentaires chez l’enfant et pour surveiller comme le lait sur le feu les enfants allergiques alimentaires et asthmatiques.