Pas de honte à être un « sportif télévisé » : le sport n’améliore pas les allergies !

vendredi 25 mai 2007 par Dr Stéphane Guez808 visites

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Pas de honte à être un « sportif télévisé » : le sport n’améliore pas les allergies !

Pas de honte à être un « sportif télévisé » : le sport n’améliore pas les allergies !

vendredi 25 mai 2007, par Dr Stéphane Guez

Y a-t-il un profil allergique particulier chez les sportifs réguliers comme ceux qui font un marathon ? Ces coureurs ont généralement une bonne hygiène de vie avec une alimentation équilibrée. Est-ce qu’un apport de probiotiques quelques mois avant la course améliore leurs allergies pendant la saison pollinique ?

Allergie chez les coureurs de marathon et effets d’une supplémentation par lactobacillus GG (LGG) sur les marqueurs de l’inflammation allergique. : André Moreiraa, b, , , Riina Kekkonenc, d, Riitta Korpelac, d, e, Luís Delgadoa, b and Tari Haahtelaf

aLaboratory of Immunology, Faculty of Medicine, University of Porto, Porto, Portugal
bImmuno-allergology, Hospital of São João, Porto, Portugal
cDepartmaent of Pharmacology, Institute of Biomedicine, University of Helsinki, Helsinki, Finland
dValio Ltd. R&D, Helsinki, Finland
eFoundation for Nutrition Research, Helsinki, Finland
fSkin and Allergy Hospital, Helsinki University Central Hospital, Helsinki, Finland

dans Respiratory Medicine
Volume 101, Issue 6, June 2007, Pages 1123-1131

- Objectif de l’étude :

  • Les auteurs ont étudié :
    • la prévalence de l’asthme et de l’allergie chez des coureurs de marathon non professionnels
    • les effets d’un apport supplémentaire dans l’alimentation de probiotiques sur les marqueurs de l’inflammation allergique.

- Matériel et méthode :

  • Chez 141 coureurs de marathon de Finlande participant au Marathon de la ville d’Helsinki il a été réalisé :
    • un questionnaire pour recueillir les antécédents d’asthme et d’allergies
    • une étude biologique avec mesures :
      • du taux des éosinophiles sanguins,
      • de l’ECP
      • le taux des IgE totales
      • et un Phadiatop
  • Les coureurs ont été randomisés pour recevoir
    • soit un placebo
    • soit un supplément alimentaire de LGG durant les 3 mois de la saison pollinique avant le marathon.

- Résultats :

  • Les prévalences sont :
    • asthme évalué par le clinicien : 4.3% (soit 6 asthmatiques sur 139 athlètes),
    • la rhinite allergique : 17.3% (24 sur 139)
    • et les allergies alimentaires : 5% (7 sur 139)
    • et enfin l’eczéma atopique : 4.3% (6 sur 139).
  • La prévalence de l’atopie est de 31% (soir 35 sur 112) et 21% des athlètes sont sensibilisés au bouleau (24 sur 112).
  • Des médicaments pour l’asthme ou les allergies sont utilisés par 20% des coureurs (28 sur 139).
  • Durant la saison pollinique, le taux sérique d’ECP augmente significativement chez tous les athlètes et le taux des IgE totales et le Phadiatop chez les atopiques.
  • Le marathon induit une éosinopénie significative mais n’a pas d’effet sur le taux sérique d’ECP et sur le taux des IgE totales.
  • Il n’y a pas de différence significative entre les groupes recevant le LGG ou un placebo.

- Conclusions :

  • Des coureurs de marathon non professionnels ont de l’asthme et des allergies de la même façon que la population générale de Finlande.
  • La supplémentation en probiotiques de type LGG ne prévient pas l’augmentation des marqueurs d’allergie durant la saison pollinique, ou l’éosinopénie induite par le marathon.

Les auteurs démontrent que le profil des coureurs est identique à celui de la population générale en ce qui concerne la prévalence des affections allergiques et de l’atopie. L’apport de probiotiques n’améliore pas la saison pollinique des sujets allergiques, et il n’y a pas de modification des marqueurs de l’inflammation allergique.

Ce travail permet d’avoir une idée des manifestations atopiques de patients qui sont des sportifs de haut niveau effectuant régulièrement des marathons.

Il est montré qu’il n’y a pas de différence par rapport à la population générale. Le sport en lui même n’est donc pas un facteur d’amélioration ou d’aggravation des maladies allergiques. On sait qu’il est habituel d’entendre dire qu’une bonne hygiène de vie avec une activité sportive régulière permettrait d’améliorer tous les maux quotidiens chroniques. On voit qu’il n’en est rien et que le profil allergique des sportifs est identique à celui des sédentaires.

Il est intéressant de noter que le marathon induit une éosinopénie.

Enfin, l’apport de probiotiques, sur une période courte, ne permet pas une amélioration des allergies et ce n’est donc pas un complément alimentaire utile pour des allergies existantes. Ils n’ont aucun intérêt sur ce plan là pour un sportif allergique.

Le praticien trouvera donc dans ce travail des éléments de réponse à des questions que pourrait lui poser un patient allergique et sportif.