Faut-il se frotter aux animaux à poils pour être un allergique heureux ?

vendredi 29 juin 2007 par Dr Philippe Carré3404 visites

Accueil du site > Allergènes > Aériens > Animaux > Faut-il se frotter aux animaux à poils pour être un allergique heureux (...)

Faut-il se frotter aux animaux à poils pour être un allergique heureux ?

Faut-il se frotter aux animaux à poils pour être un allergique heureux ?

vendredi 29 juin 2007, par Dr Philippe Carré

Le fait de savoir si l’exposition à des animaux à poils augmente ou diminue la sensibilisation allergique est toujours sujet à controverse. Les auteurs ont donc suivi le développement de l’allergie chez 286 sujets, enfants et adultes, nouvellement exposés à des animaux à poils (chat, chien et cheval).

Etude prospective du développement de l’allergie chez 158 enfants et 128 adultes avec exposition récente intensive à des animaux à poils. : E. Millqvist, Å. Johansson, T. Månsson, M. Bende

*The Allergy Centre of the Central Hospital, Skövde, Sweden

dans Clinical & Experimental Allergy
Volume 37 Issue 6 Page 948-953, June 2007

- Contexte

  • Il existe toujours une controverse quant au fait de savoir si l’exposition à des animaux à poils augmente ou diminue le risque de sensibilisation et de symptômes à ces animaux, et il y a un besoin de connaissances supplémentaires à ce sujet.

- Objectif

  • Le but de cette étude était de suivre le développement de l’allergie lié à une exposition nouvelle et intensive à des animaux à poils chez des adultes et des enfants.

- Méthodes

  • Un total de 286 sujets, 128 parents et 158 enfants, ont été recrutés à partir de 68 familles qui avaient l’intention d’acheter un chat ou un chien, ou dont un enfant avait l’intention de commencer à pratiquer l’équitation.
  • Les sujets ont été examinés avant l’exposition au nouvel allergène et une fois par an pendant cinq ans, en tout six fois, et ils remplissaient aussi un questionnaire concernant les symptômes d’allergie.
  • Les IgE sériques au chat, au chien et au cheval étaient mesurées chaque année, ainsi que les allergènes des animaux à partir des lits et des pièces à vivre.

- Résultats

  • 256 sujets ont pu être évalués, dont 37 montraient des signes de sensibilisation allergique au début de l’étude.
  • 4 enfants (11%) dans ce groupe présensibilisé ont développé des IgE à leur nouvel animal et 6 (16%) à un autre animal.
  • Parmi les 219 sujets non sensibilisés à l’entrée dans l’étude, un homme adulte (0.4%) à développé une sensibilisation à son nouvel animal, et personne n’en a développé à un autre animal.
  • Les sujets présensibilisés avaient significativement plus de symptômes allergiques à l’entrée dans l’étude, mais les scores de symptômes ne changeaient pas pendant la suite de l’étude.

- Conclusion

  • Après la première année de vie, les auteurs n’ont mis en évidence aucune association forte permettant de recommander l’éviction d’un animal domestique de façon à prévenir le développement d’une nouvelle allergie, même s’il y a des allergies connues dans la famille ou si le sujet est sensibilisé ou a des symptômes d’allergie à un autre allergène.
  • Une exposition pendant cinq ans à des nouveaux allergènes à poils ne semble pas influencer la sensibilisation à ces animaux, que ce soit chez les enfants ou les adultes sensibilisés ou non.

286 sujets, parents et enfants, recrutés à partir de 68 familles ayant l’intention d’acheter un chat ou un chien ou de débuter de l’équitation, ont été suivies avant le début de l’exposition et pendant 5 ans d’exposition.

Les résultats de l’étude ont montré que :
- 37 sujets étaient sensibilisés avant le début de l’étude ; dans ce groupe, 11% des enfants ont développé une sensibilisation à leur nouvel animal, mais aussi 16% aux allergènes d’un autre animal
- parmi tous les autres sujets non sensibilisés au début de l’étude, un seul adulte (0.4%) a développé une sensibilisation à son nouvel animal, et aucun à un autre animal
- les sujets sensibilisés dès le début de l’étude étaient significativement plus symptomatiques que les autres, mais les scores de symptômes ne se modifiaient pas pendant les 5 ans de l’étude.

Les auteurs en concluent qu’une exposition pendant 5 ans à des animaux à poils ne modifie pas la sensibilisation à ces animaux, que ce soit chez les enfants ou les adultes.

Il n’existe donc pour eux aucun argument pour recommander l’éviction à un animal domestique dans le but de prévenir le développement d’une allergie à cet animal, même en cas de terrain allergique familial ou de sensibilisation préalable à l’allergène de l’animal ou à celui d’un autre animal.

Encore une étude supplémentaire qui met les pieds dans le plat de l’exposition allergénique aux animaux domestiques et du développement de l’allergie après cette exposition. Cette étude n’a retrouvé aucun argument en faveur de cette hypothèse, largement évoquée dans la littérature ancienne.

Certaines données plus récentes avaient déjà remis en cause ce dogme, en particulier pour l’exposition au chat, et avaient même évoqué la protection allergénique conférée chez les enfants par une exposition précoce à l’animal ; cette protection dépendait cependant du degré de la charge allergénique. Il serait donc intéressant de connaître la quantité d’allergènes à laquelle les sujets de cette étude ont été exposés pendant les 5 ans, mais cette donnée n’apparaît pas ici.